Quand la maison à ossature bois devient « low cost »

Quand la maison à ossature bois devient « low cost »

Première maison individuelle labellisée Bepos Effinergie 2017, la nouvelle référence en bois d’Ecolocost sort des sentiers battus… au risque de bouleverser le marché.



Maxime Brard, qui dirige l’entreprise Ecolocost avec l’ingénieur Daniel Natario, est l’un de ces empêcheurs de tourner en rond de la construction bois française. D’abord, le constructeur de la première maison individuelle Bepos Effinergie 2017 n’est pas issu d’une dynastie de charpentiers.

 

Le dirigeant a en effet travaillé longtemps chez Bouygues Immobilier, notamment en Pologne. C’est là qu’il a découvert la maison à ossature bois à la mode allemande. A l’époque, dans une même ville, deux entreprises effectuaient de la sous-traitance de production pour des enseignes allemandes.

 

Misant sur ce vivier de compétences techniques, une troisième entreprise s’est installée, débauchant une partie du personnel des deux sites en place pour créer une entité qui emploie désormais 300 personnes et préfabrique pour toute l’Europe. Un exemple qui a fait réfléchir l'entrepreneur français...

 

Création d’Ecolocost Construction en 2015

 

Maxime Brard a pris sa calculette et il est retourné en France pour se mettre à son compte, créant la société Ecolocost en 2013 puis, en 2015, Ecolocost Construction avec ledit ingénieur Natario.

 

La même année, la jeune entreprise se débrouille pour décrocher en premier le nouveau label Effinergie Bepos 2013. Le concept d’Ecolocost est déjà presque au point. L’idée de base est d’adapter l’approche passive allemande aux besoins et disponibilités françaises : maisons de moins de 100 m2, systèmes constructifs locaux et compétitifs.

 

Maxime Brard se rend vite compte que le niveau de performance exigé par le label Passivhaus, calibré sur des maisons de 150 m2, ne fonctionne pas bien pour 82 m2. En effet, sur la base d’un ratio au mètre carré habitable, les quatre habitants vont consommer beaucoup plus d’énergie pour l’eau chaude sanitaire. Apparemment, Effinergie a également pris la mesure de la situation de son côté.

 

 

Si le marché veut qu’on se partage 82 m2 à quatre, autant ne pas sacrifier de la place aux radiateurs !

 

Bepos à la française

 

Donc, Maxime Brard fait son coup de pub il y a deux ans, exploite à fond la construction de cette première petite maison comme une maison témoin. Puis rien, ou à peine. Il est vrai que c’est la crise, tout le monde se détourne du passif.

 

L’équipe de Maxime Brard fait tourner sa petite maison pour laquelle, en fonction du label, l’eau chaude et le chauffage sont générés par un poêle à granulés couplé à un ballon d’eau chaude thermodynamique : « En fait, le nettoyage et le réglage annuel du poêle font monter les coûts de maintenance à 250 euros par an ».

 

Le dispositif technique est revu avec l’aide de Nicolas Charles, thermicien spécialiste de la maison passive. De son côté, Maxime Brard peaufine sa présentation sur le net, développe une gamme de maisons sur catalogue, lance un projet de promotion immobilière, un habitat groupé francilien à Villeneuve-Saint-Georges pour y faire 28 maisons Bepos. Et prépare un nouveau coup.

 

 

Tour de ventilation Gamme Compact P du Danois Nilan. Vive l’Europe !

 

Intégration de la dimension carbone

 

Alors que, sonnée par la crise, la filière construction bois passe presque à côté du nouveau label expérimental E+C-, Ecolocost saisit l’occasion et fait partie de la toute première vague de labels.

 

La performance obtenue est E3C1, un modeste C1 compte tenu de la piètre valorisation du photovoltaïque dans le cadre de ce label sur le plan du carbone. Mais Maxime Brard ne s’arrête pas en si bon chemin. Il constate que les labels qui parrainent E+C- adaptent début 2017 leurs propres labels en intégrant, pour ce qui concerne HQE et Effinergie, la dimension carbone.

 

Le label Bepos Effinergie version 2017 tient compte du carbone, certes, mais se distingue par une meilleure valorisation des équipements techniques choisis par Ecolocost. Une nouvelle fois, Ecolocost décroche en premier ce nouveau label, et cette fois, à la différence du label E+C-, le constructeur est tout seul et tire toute la lumière à lui.

 

 

Du beau monde : de gauche à droite, Dominique Desmoulins, DG de Promotelec, Hubert Dejean de la Batie, Vice-Président de la Région Normandie en charge de l'environnement et président d’Effinergie, Maxime Brard, Ecolocost

 

Objectif écoquartiers

 

Une autre petite maison du même type est en cours d’achèvement au fond de la parcelle, quelques dizaines de mètres plus loin. Mais l’objectif de Maxime Brard n’est pas là. Ce qu’il vise, ce sont les grandes opérations pour des bailleurs sociaux, typiquement les écoquartiers.

 

Parallèlement, il adhère à Afcobois, longtemps le club des constructeurs bois qui conçoivent, préfabriquent et mettent en œuvre. Et il déclare à qui veut l’entendre que le recours à une usine polonaise, voire à des monteurs de ce pays, n’est qu’un point de départ, qu’il faut créer le marché et que, dès qu’il aura atteint un point d’équilibre de 250 maisons, le temps sera venu de monter une usine en France.

 

A moins qu’un fabricant français accepte de fournir ce qu’il demande, notamment des murs fermés à montants en KVH de 50x180 mm doublement contreventés de plaques Fermacell. Ce qui est sûr, c’est que s’il parvient enfin, dans ce moment désormais favorable, à lancer une commercialisation à grande échelle et qu’il décroche un écoquartier en remplissant ses engagements, usine française ou non, il aura changé la face du marché de la construction de maisons individuelles en bois en France.

 

 

Petite maison, petite équipe, grandes ambitions, gros moral



Source : batirama.com / Jonas Tophoven

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