Bau 2017 (04) : le NumériK progresse à grand pas

Bau 2017 (04) : le NumériK progresse à grand pas

Le BIM, les logiciels, les applis, la réalité virtuelle … tous les aspects du NumériK sont présents partout à BAU 2017.



On peine à échapper au NumériK cette année au salon BAU à Munich. On le trouve sous plusieurs formes principales. Tout d’abord, un hall entier est consacré au BIM et aux logiciels de conception. Ensuite, il semble bien qu’aucun industriel ne puisse éviter de proposer ses produits et systèmes sous forme d’objets BIM.

 

Troisièmement, les applications pour smartphones et tablettes sont tellement nombreuses qu’on ne sait plus trop où donner de la tête. Quatrièmement, la réalité virtuelle envahit de nombreux stands, souvent de manière anecdotique, parfois pour apporter une vraie valeur ajoutée.

 

Enfin, les fabricants d’instruments de mesure et de relevé proposent tous des liens vers les logiciels de conception pour faciliter le transfert des données vers des maquettes numériques.

 

 

L’allemand RIB vient ajouter une 5e dimension au BIM. Les trois premières sont celles de la maquette 3D. La quatrième est le temps : des objets BIM qui savent quand ils seront livrés, installés, quand ils doivent faire l’objet d’une inspection ou d’une maintenance, … permettent de construire quantités d’applications nouvelles à partir de l’analyse d’une maquette numérique bien renseignée. L’ajout de l’aspect coût – de l’objet, de sa mise en œuvre, de son entretien, de son remplacement, etc. – autorise encore d’autres applications. Les outils nécessaires prennent la forme de plug-in de Revit, d’Archicad ou d’Allplan.

 

Trois acteurs dominent le BIM

 

Comme en France, trois acteurs ou plus précisément, deux acteurs et trois logiciels, dominent le BIM en Allemagne. Il s’agit, par ordre décroissant de part de marché de Revit d’Autodesk, d’Archicad de Graphisoft, une branche de Nemetschek et d’Allplan de Nemetscheck.

 

Nos interlocuteurs sur les stands des industriels estiment que ces trois logiciels se partagent entre 90 et 95% du marché de la conception BIM en Allemagne. Revit étant le leader avec au moins 75 à 80% de part de marché, suivi par Archicad et, de loin, par Allplan. Ce constat n’est pas sans conséquences.

 

 

Trimble est l’un des principaux éditeurs mondiaux d’outils pour le BIM. A BAU 2017, il met notamment en avant son application gratuite Tekla  BIMsight de Trimble. C’est un outil gratuit (http://www.teklabimsight.com/), disponible en français, pour la comparaison de maquettes numériques entre elles, de détection et de résolution de conflits. Tekla BIMsight est très agile dans la gestion, le regroupement, le dégroupement de différentes vues d’une même maquette numérique : le béton, la ventilation, les escaliers, la façade rideau, etc.

 

Vers un marché captif ?

 

Un logiciel de conception 3D pour architectes et BE, comme Revit, Archicad ou Allplan et tous leurs concurrents, est coûteux, même avec des formules d’abonnements. Et surtout, ces softs requièrent une formation approfondie et une pratique régulière pour que les opérateurs restent productifs.

 

Autant dire que lorsqu’un cabinet d’architecture est équipé de l’un de ces logiciels, il est très peu probable qu’il en change. Cela signifierait de nouvelles dépenses et surtout un nouvel apprentissage qui prendra des mois.

 

Bref, les positions du marché qui s’esquissent aujourd’hui – Revit très très largement dominant, Archicad en Challenger, Allplan en distant troisième larron et tous les autres se partageant des miettes de marché – ont toutes les chances de se cristalliser. Ce qui ne signifie rien quant aux mérites respectifs de ces logiciels.

 

 

La réalité virtuelle fait irruption dans le BIM. Grâce à des casques de VR (Virtual Reality), un opérateur peut visuellement inspecter une maquette numérique comme s’il se trouvait le bâtiment. Il peut aussi aller dans le bâtiment réel, dont seul le gros-œuvre est achevé, par exemple, et grâce à son casque visualiser les réseaux de ventilation, l’installation de climatisation, … Ce qui lui permet une inspection visuelle.

 

L’univers des applications spécifiques

 

Aucun de ces principaux softs de conception ne sait tout faire. Ils ne maîtrisent pas ou mal l’analyse du risque sismique, les tests de structure, la simulation et l’analyse thermique, la mesure du risque incendie, etc. Les concepteurs font donc appel à des applications spécifiques qui doivent échanger des données avec les grands softs de conception. Deux grands types d’échanges sont en évidence à BAU 2017. Le premier consiste à transformer ces applications externes en plug-in de Revit et de ses concurrents.

 

L’application WIC3D de Wicona, qui permet une sélection de produits Wicona et leur incorporation dans une maquette numérique, fonctionne de cette manière. L’utilisateur reste dans Revit et fait appel à une nouvelle fonctionnalité grâce au plug-in. Ecrire un plug-in est n’est pas une mince affaire.

 

Wicona, par exemple, a commencé par un plug-in Revit. Il a déjà décidé de se lancer plus tard dans la conception d’un plug-in pour Archicad. Et songe, éventuellement, à un autre pour Allplan sans que la décision soit prise.

 

 

La réalité virtuelle en est à ses débuts. Chaque éditeur de logiciels travaille avec l’un ou l’autre des fabricants de casques de VR. Les possibilités ouvertes par les différents couples casque/soft ne sont pas toujours identiques. Mais une sorte de socle de possibilité minimales apparaît : immersion dans la maquette numérique, superposition d’un chantier et de diverses maquettes numériques, annotations vocales, transfert de données vers le soft de maquette numérique, etc.

 

Les échanges en IFC

 

L’autre moyen d’échange consiste à enregistrer la maquette numérique ou le morceau de maquette numérique au format IFC (Industry Foundation Classes), puis à la ré-importer à partir de ce format dans une autre application. Cette solution est simple, mais encore imparfaite.

 

Un fichier IFC est une mini-base de données, décrivant très précisément un objet, un ouvrage, un bâtiment. Le format est public, mondial, formalisé et standardisé par l’association internationale BuildingSmart, dont Mediaconstruct est le chapitre français.

 

Ce format est accessible à tous les éditeurs de logiciels. L’alliance BuildingSMARt offre des services de certifications de l’importation et de l’exportation au format IFC et publie régulièrement une liste des logiciels compatibles. Mais, le format IFC demeure encore imparfait.

 

 

Le soft WIC3D de Wicona est capable d’exporter des objets au format IFC. Ils sont à chaque fois parfaitement renseignés, selon les spécifications de la norme IFC. Il tient également compte du format Cobie, qui est un enrichissement des propriétés des objets IFC. Cobie est standardisé, mais seule la Grande-Bretagne l’utilise véritablement.

 

Du nouveau dans les objets BIM

 

Depuis début 2016, Autodesk, l’éditeur de Revit, et BIMObjects, l’un des principaux concepteurs et distributeurs d’objets BIM, travaillaiet à une convergence entre leurs approches en matière d’objets BIM. Autodesk avait développé un logiciel et une plateforme – www.seek.autodesk.com– pour aider les utilisateurs de Revit à trouver les objets BIM dont ils ont besoin.

De son côté, le site www.bimobject.com proposait des dizaines de milliers d’objets BIM de toutes natures. Depuis le mercredi 18 janvier, les utilisateurs du site web Seek.autodesk.com sont redirigés vers bimobject.com qui devient le lieu d’hébergement et de publication du contenu accessible aux clients Seek.

 

Les anciens comptes clients Autodesk® Seek bénéficieront, sur la plateforme Cloud BIMobject, d’offres prenant le relai des packages Autodesk® Seek Silver, Gold et Platinum. Ce qui signifie que la manière dont BIMObjects décrit ses objets BIM, adossée à la puissance d’Autodesk, deviendra un standard de fait.

 

 

Parmi les challengers des grands softs de conception 3D, on trouve des applications spécialisées, comme HiCAD de ISD Software und système. C’est un modeleur 21D et 3D spécialisé dans la construction métallique. Il importe et exporte des IFC 4 Add1, la version la plus récente.



Source : batirama.com / Pascal Poggi

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