Intersolar (3) : fort développement des offres de stockage d’électricité

Intersolar (3) : fort développement des offres de stockage d’électricité

Le stockage en batteries se démocratise, les offres se multiplient, les modèles économiques se diversifient.




Le salon Intersolar 2016 a ouvert ses portes ce matin, mardi 22 juin. Il fermera vendredi soir. En trois jours, les organisateurs attendent 40.000 visiteurs de 165 pays différents, venus voir les 1000 exposants. Le stockage d’électricité occupe deux halls à Intersolar 2016, ou plutôt à ees (energy and electricity storage), le salon associé consacré au stockage d’électricité.

 

Schneider Electric élargit son offre solaire



Commençons par les mauvaises nouvelles : Saft, le principal fabricant français de batteries LI-ion (lithium-ion), récemment racheté par Total, n’est pas venu à Intersolar cette année. On y rencontre tout de même plusieurs autres exposants français.

Le principal est naturellement Schneider Electric, dont les visiteurs locaux pensent qu’il est allemand. Sa solution de stockage en batteries, dont il montre des prototypes depuis 18 mois, ne sera commercialisée que l’an prochain. Mais l’entreprise fabrique déjà tout le reste : onduleurs, connectique électrique, software de pilotage et de surveillance des installations PV…

Elle montre, cette année, sa nouvelle solution hybride photovoltaïque (PV) + diesel, développée avec DEIF, un spécialiste des solutions diesel. Cette nouvelle solution est destinée aussi bien aux installations isolées qu’aux systèmes raccordés au réseau. Elle fait appel aux onduleurs Conext CL 1500 V.

Schneider expose également, pour la première fois, les nouveaux onduleurs string Conext CL-60 de 60 kW pour les installations tertiaires et son nouvel onduleur Conext SmartGen de 2 MW de puissance et 1500 V de tension, destiné aux grandes fermes solaires. Conext SmartGen a été conçu en pensant à sa maintenance.



 

  1. Schneider Electric présente à Intersolar 2016 son nouvel onduleur Conext CL-60 de 60 kW, destiné à optimiser la production PV des grandes installations. ©PP


Venteea, un Ami de l’Ademe



Une application web, donc capable de fonctionner sur n’importe quel appareil doté d’un navigateur internet, fournit un monitoring étendu, indique les défauts, les localise précisément dans la machine et maintien une base de données à jour des composants de l’onduleur.

Chaque pièce qui le compose porte, en effet, un code-barre qui l’identifie précisément. En cas de remplacement d’une pièce, on photographie son code-barre, ce qui l’enlève immédiatement de la base de données, tout en la laissant dans l’historique.

On photographie le code-barre de la nouvelle pièce, elle est immédiatement entrée dans la base de données. Il devient possible de suivre pas à pas l’historique de chaque pièce qui compose l’appareil.

En France, Schneider Electric participe au projet Venteea, avec Saft comme fournisseur de batteries. Venteea est conduit par RTE et ErDF, devenu enedis depuis peu, et a pour but d’évaluer l’intérêt de stockages d’électricité à grande échelle pour maintenir la stabilité du réseau de distribution français, face à une part croissante d’électricité d’origine renouvelable (PV et éolien).

Venteea résulte d’un AMI (Appel à Manifestation d’Intérêt), lancé par l’Ademe en 2014.



 

  1. Pour les installations de grande puissance, Schneider Electric lance à Intersolar son nouvel inverter Conext SmartGen de 2 MW de puissance et 1500 V de tension. ©PP


Langa en Corse



Schneider Electric et SAFT ont également remporté le marché pour l’équipement de deux installations photovoltaïques en Corse, lancées par Langa dans le cadre de l’appel d’offres CRE 1 pour des installations PV avec stockage.

Ces deux installations, situées à Corte et Castifao, sont achevées depuis fin 2015. Chacune offre une puissance de 1 MWc et un stockage de 1 MWh.

Elles devraient chacune produire 1 300 MWh par an, soit de quoi alimenter plus de 400 foyers corses.

Schneider Electric a piloté l’opération, déployé ses onduleurs, son système PVBox pour la conversion de l’énergie PV en courant alternatif vers le réseau, sa solution ESBox pour la gestion des batteries et le système EMS, désormais entièrement Web, pour le pilotage et le contrôle de l’ensemble de l’installation. SAFT a fourni sa solution Intensium Max+ 20E.

Intégralement préfabriqué par Saft, ce système embarque dans un conteneur maritime de 20 pieds, une série de batterie Li-ion d’une capacité totale de 1 MWh, des systèmes de gestion de température et de sécurité, ainsi qu’une solution de pilotage reposant sur un bus de terrain CANbus. CANbus semble d’ailleurs être la solution de communication universellement retenue par tous les fabricants de batteries.

Venu de l’industrie des transport, CANbus est un protocole de communication ouvert.



 

  1. Poussé par les fabricants de batteries, Schneider Electric utilise le protocole CANbus pour le pilotage et la surveillance des installations de stockage électrique. ©PP


Des nouvelles du Brestois Imeon Energy



L’an dernier, nous vous avions déjà parlé de cette petite entreprise de Brest, Imeon Energy, l’un des rares français fabricant une solution complète de gestion d’une production d’électricité photovoltaïque locale.

Sa production a augmenté de 50% depuis juin 2015, il continue à en exporter 90%. Imeon Energy fabrique des onduleurs pour l’auto-consommation.

Il s’agit de systèmes tout en 1, capables de gérer la production PV (transformation du courant continu en courant alternatif 50 Hz), de charger et de décharger les batteries du stockage, de gérer les appels au réseau de distribution publique et d’alimenter le tableau électrique du client.

Ses deux produits, d’une capacité de 3 kW monophasé (prix installateur 1880 € HT) ou de 9 kW triphasé (4050 € HT), vont, dans l’ordre, privilégier l’auto-consommation directe de l’électricité PV, charger la batterie, décharger la batterie si la demande du bâtiment augmente, puis, en dernier lieu, faire appel au réseau.

Ces deux appareils, tout intégrés, requièrent très peu de paramétrages. Ils sont associés à n’importe quel stockage, mais à Intersolar, une discussion était en cours entre Leclanché (stockage) et Imeon Energy pour une collaboration plus étroite.

L’appareil de 9 kW triphasé est un trois-en-un en quelque sorte. Il remplace à lui seul la solution classique où l’on installe un onduleur par phase, avec de notoires difficultés d’équilibrage.

Du coup, pour les installations triphasées, il est 30 à 50% moins coûteux que les systèmes classiques à trois onduleurs.



 

  1. Imeon propose des solutions de 3 kW pour gérer production PV, stockage, déstockage, appel au réseau. ©PP


La maintenance des installations PV



Nous avons même rencontré une entreprise ardéchoise à Intersolar : Elbe Energy, installée à Marcol-les-Eaux (07).

Elbe Energy est spécialisée dans l’exploitation, la maintenance et la rénovation des installations photovoltaïques, depuis le nettoyage des panneaux jusqu’à l’entretien des connexions électriques, en passant par la vérification des systèmes de fixation et le suivi du rendement de production d’électricité.

Ses clients sont avant tout les fermes photovoltaïques au sol et les grandes installations en toiture.

Elbe Energy, une petite PME, est venue à Intersolar pour rencontrer de potentiels clients français. Son but n’est pas du tout d’exporter son savoir-faire en maintenance des systèmes PV.

Ses dirigeants pensent qu’Intersolar est le meilleur salon pour rencontrer des propriétaires d’installations PV en France. L’entreprise possède déjà de beaux contrats – Meridian Solaire II à Blagnac (12 MW) ou Cofelyendel dans le Rhône (7,5 MW) – mais elle en cherche d’autres.



 

  1. L’appareil triphasé 9 kW d’Imeon remplace avantageusement la solution traditionnelle d’un onduleur par phase. Plus simple à poser, facile à paramétrer, il règle lui-même la délicate question de l’équilibrage entre les phases. ©PP


Sonnen, leader du marché du stockage en Allemagne



Nous avons commencé notre première matinée de salon en rencontrant Sonnen, une entreprise créée en 2010, devenue le leader du marché allemand du stockage d’électricité. La première participation de Sonnen à Intersolar remonte à 2011.

C’était alors le premier exposant venu avec une solution de stockage d’électricité. Christoph Ostermann, son dirigeant, parfaitement francophone, évalue à 30 à 35 000 le nombre de stockages installés en Allemagne.

Depuis sa création, Sonnen a vendu plus de 12 000 systèmes en Allemagne, soit un bon tiers du marché installé. Sonnen fabrique des batteries Lithium Fer Phosphate, dites LFP.

Il les monte dans des stockages de 2 à 16 kWh, par pas de 2 kWh (1,5 à 3,3 kW), plutôt destinés au marché domestique et petit tertiaire. Ces stockages sont garantis pour 10 000 cycles de chargement/déchargement ou 10 ans de durée de vie.



 

  1. Sonnen a fourni plus de 30% des 30 à 35 000 stockages d’électricité installés pour l’instant en Allemagne. ©Sonnen


Un nouveau modèle économique



Le prix du module de stockage Sonnen de 2 kWh est de 3 599 € pour les membres de la SonnenCommunity. Depuis 2015, en effet, Sonnen est également devenu vendeur d’électricité.

L’idée est assez simple. Avec un stockage Sonnen, le client final peut effacer de 75 à 80% de sa consommation annuelle. Le reste, les 20 – 25%, doivent être achetés au réseau au prix moyen de 30 c€/kWh en Allemagne.

Sonnen, en tant que fournisseur d’électricité, vend le kWh à 23 c€. Sonnen se procure cette énergie de deux manières : il l’achète sur le marché de gros et il achète, à ses propres clients, leur surplus de production PV. Tout client final, équipé d’une production PV, revend son surplus de production au réseau à un prix administré, baptisé Feed-in Tariff (FIT).

Ce FIT varie selon les caractéristiques des installations et, pour les nouvelles installations, baisse d’année en année. Il devrait totalement disparaître en 2020.

Pour les nouvelles installations en toiture, il est fixé à 12,31 c€/kWh depuis mai 2016. En attendant, Sonnen propose à ses clients de leur racheter leur surplus de production à un prix 0,25 c€/kWh plus cher que le prix du FIT en vigueur.

Les clients Sonnen qui participent à cette démarche sont rassemblés au sein de la Sonnen Community. Sonnen a rassemblé le surplus de la production PV de ses clients disséminés dans tout le pays, pour en faire une centrale électrique virtuelle.

Sonnen est le premier à avoir eu cette idée, mais pas le seul. Le fabricant allemand de stockage d’électricité SENES.IES est, lui aussi, devenu vendeur d’électricité sur le même modèle (marché de gros + rachat de surproduction).

Notre prochain article entrera un peu plus précisément dans la technologie des batteries et des stockages d’électricité.

 

 

  1. Sonnen constitue une centrale électrique virtuelle en agrégeant la surproduction de ses clients rassemblés dans la SonnenCommunity. ©Sonnen

 

 

  1. Comment Sonnen, SENEC.IES est devenu à la fois fabricant de solutions de stockage et vendeur d’électricité. ©PP

 

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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