Récupération d'eaux pluviales : deux installations possibles

Récupération d'eaux pluviales : deux installations possibles

Ce système offre une eau douce, ce qui réduit de 40 à 60% l’usage de détergents et préserve les canalisations. Il réduit aussi le pompage des eaux des nappes phréatiques et les traitements de potabilité.







En 2011, le m3 d’eau devrait en moyenne coû­ter 5 € en France : la récupération de l’eau de pluie est donc bien un marché d’avenir. Le principe est simple : le toit de l’habitation sert généralement de surface de récupération. Ensuite, l’eau est dirigée vers le collecteur de gouttière, qui l’achemine, via une descente d’eau pluviale à un réservoir, permettant de récupérer 80 à 90 % de l’eau d’une averse.

 

Puis, l’eau est filtrée par une grille amovible ainsi que par des filtres bactériens. Après la collecte, l’eau est stockée dans une cuve. Une pompe permet l’alimentation de l’installation en eau de pluie récupérée jusqu’au robinet. Lorsque la cuve est pleine, l’eau est redirigée vers le réseau d’eaux pluviales via le trop plein.

 

En revanche, lorsque l’eau de pluie n’est plus disponible, l’alimentation en eau de réseau se fait automatiquement grâce à un système anti-retour. Mais attention, les deux canalisations eau de pluie et eau de réseau doivent être bien distinctes. A titre d’exemple, pour satisfaire les besoins des WC d’une habitation, il faut environ 20 à 25 m² de toiture par personne.

 

Les critères de choix d’une cuve sont de trois ordres : son matériau, son volume et son installation : hors sol ou enterrée dans le jardin ou située à l’intérieur de la maison.


 


AVIS D'EXPERT

 

Valery Jimonet
Syndicat national des acteurs de la récupération d'eau pluviale (SNAREP)

 

« A chacun son eau de pluie »

 

« En matière de récupération des eaux pluviales, le plus gros risque est l’interconnection entre les deux réseaux d’eau de pluie et d’eau potable. La norme EN 1717 dit que la seule façon d’éviter le mélange est de la réaliser par surverse et non pas clapet.

 

Par ailleurs, un normatif est en cours, émanant du GE3 Eaux de Pluie, qui sera validée en juin 2010 et va consolider les arrêtés ministériels actuels et sans doute donner lieu à un nouvel arrêté. Attention également à la filtration : une grille ou un panier allant jusqu’à 100 microns en amont.

 

Ensuite il faut pomper l’eau sur toute la hauteur et non en partie basse grâce à des crépines d’aspiration. Ensuite un refiltrage à 25 microns est nécessaire, suivi d’un deuxième filtre à charbon actif.

 

Enfin, dans le cadre de l’arrêté concernant l’utilisation du lave-linge, il est bon de mettre une lampe UVC de 11 W avant la machine à laver. Ensuite, il est également possible de faire appel à de la micro- ou de la nano-filtration ou encore à l’osmose inverse.

 

Il est très étonnant que l’on restreigne encore aujourd’hui la capacité d’usage de cette eau récupérée car on dispose vraiment de tous les moyens de potabiliser l’eau de pluie. C’est un verrou imposé par la DASS qu’il faudra bien faire sauter ! »






Solution n° 1 : La cuve hors-sol

 


 

Cette solution ne conviendra que pour des utilisations limitées seulement. Si votre client veut se servir de l’eau de pluie pour l’entretien de sa voiture, le lavage des vélos, ou l’arrosage du jardin, une cuve placée en extérieur suffit.

 

Équipée d’un filtre pour débarrasser l’eau des insectes et des feuilles mortes, elle est directement reliée à la gouttière et a une contenance de 200 à 500 litres, quantité équivalente à l’arrosage d’un jardin de 50 m². Il faut la choisir opaque pour éviter le développement d’algues.

 

Intérêts :

elle est simple à installer et économique si les besoins en eau de pluie sont limités, grâce à un prix relativement peu élevé.

 

Limites :

elle est moins protégée des rayons du soleil qui dégradent la cuve et donc la qualité de l’eau. Elle n’est pas protégée contre la chaleur. Elle nécessite d’être cachée à l’abri des regards pour ne pas dénaturer l’harmonie du jardin.



Solution n° 2 : La cuve enterrée

 


 

Le réservoir sous terre peut contenir jusqu’à 20 000 litres d’eau ou s’installer en de plus petites unités que l’on met en batterie. L’installation d’une cuve enterrée nécessite des travaux pour creuser son emplacement et la mettre en terre, de faire les raccordements du système au réseau de la maison pour une utilisation en intérieur (WC, machines à laver…) et, enfin de s’assurer que le réseau d’eau de pluie et le réseau d’eau potable de la ville ne communiquent pas.

 

Pour son bon fonctionnement, la cuve enterrée doit être équipée d’une pompe destinée à envoyer l’eau dans les canalisations de la maison, d’un système de filtration, notamment en cas de consommation de l’eau de pluie, d’un système d’aération et d’un système antiretour pour une prise de relais par le réseau traditionnel d’eau potable.

 

A cela s’ajoutent un indicateur de niveau et un système de trop-plein. Dans tous les cas, l’emplacement doit se situer sous une pièce non habitée : sous le garage, des annexes ou des dépendances. Son avantage : elle ne pose pas de problèmes en hiver.

 

Intérêts :

contrairement aux systèmes hors sol, elle permet une utilisation élargie de de pluie pour toute l’habitation et convient pour tous les usages : jardin et maison (eau sanitaire, eau potable).


Limites :

beaucoup plus onéreuse. Le terrassement nécessaire est une opération délicate dans certains cas (rénovation, terrain étroit ou rocailleux, etc.).


Variante :

l’installation de la cuve dans la maison, dans une pièce rendue étanche. Dans tous les cas, l’emplacement doit se situer sous une pièce non habitée : sous le garage, des annexes ou des dépendances. Son avantage : elle ne pose pas de problèmes en hiver.






Solution n° 3 : Quels matériaux ?

 


 

Difficile d’échapper aux différents lobbies de fabricants et de prescrire un matériau plutôt qu’un autre. Quid du zinc, du PVC, du cuivre ou du plomb ? Tout au plus peut-on dire que le zinc, le PVC, voire le cuivre (attention ici la nouvelle norme est de 1 mg/l) ne posent pas de problème, il n’en va pas de même avec le plomb (gouttière, collecteur).

 

En ce qui concerne la citerne elle-même :

 

  • Acier

    Intérêts :

    solidité qui permet le passage de véhicules au dessus de la cuve. Surface intérieure généralement lisse et recouverte d’un enduit plastique. Durée de vie accrue. Variété des contenances.

    Limites :

    pour le client, son coût est plus important car elle nécessite des travaux d’aménagement. Difficulté de la mise en place due au poids du matériau.

 

  • Béton

    Intérêts :

    solidité qui permet le passage de véhicules au-dessus de la cuve. Les éléments basiques du béton (calcaire…) rehaussent le pH vers la neutralité (pH7), tout en lui donnant une légère dureté (2 à 4°F).

    Limites :

    mise en œuvre difficile et plus coûteuse due à la lourdeur du matériau. Limpidité de l’eau remise en cause avec le temps.

 

  • Polyéthylène

    Intérêts :

    très facile à la mise en oeuvre car très légère. Modulable selon les besoins.Variétés dans la forme et la contenance des cuves. Surface intérieure généralement lisse.

    Limites :

    moins solide que les autres matières, il ne permet pas le passage d’un véhicule.

 



INFOS PRATIQUES

 

Gestion de la surchauffe estivale


Pour calculer la quantité d’eau que l’on peut capter dans une habitation individuelle sur une année, il suffit de multiplier la superficie au sol du logement par la pluviosité annuelle de la région. Par exemple, pour un toit de 100 m² qui permet de récolter annuellement 80 à 120m3 d’eau, il faut prévoir une citerne de 12 à 14 m3 de volume utile (3m x 2m x 2m). Une maison de 80 m² dans une région dont la pluviosité est de 0,7 m par an peut récolter 80 x 0,7 = 56m3 d’eau, soit 56.000l.

 

S’ajoutent à cela les économies réalisées sur les produits d’entretien (assouplissants, anticalcaire), les frais de détartrage et de plomberie qui ne seront plus nécessaires, ainsi que la plus-value que cette installation apportera à l’habitation.

 

En outre, certaines communes octroient des primes pour encourager l’installation de citernes d’eau de pluie, dont le montant dépend de la contenance des cuves et du lieu d’habitation.



Arguments de vente


Voici quelques chiffres à intégrer dans vos arguments de vente : une chasse d’eau économique utilise entre 20 et 30 litres d’eau par jour et par personne. Un jardin réclame de 15 à 20 litres par mètre carré à chaque arrosage.

 

Un lave-vaisselle demande entre 10 et 15 litres à chaque lavage, un lave-linge représente 10 % de nos consommations en eau. Or, il s’agit d’eau potable, une eau qui exige de nombreux et ­coû­teux traitements pour qu’elle soit “propre à la consommation humaine”. Limiter les gaspillages et récupérer l’eau de pluie va donc de soi !



Ce qu’en pensent les autorités


Si le CSHPF (Conseil supérieur de l’hygiène publique française) émet des doutes sur les qualités sanitaires de l’eau de pluie et déconseille son utilisation pour l’alimentation ou l’hygiène corporelle, il souligne cependant que « l’utilisation d’eau de pluie sans traitement ne présente pas, sauf contexte environnemental particulier, de risques inacceptables pour la santé.

 

Le véritable problème réside dans le double réseau (eau de ville/eau de pluie) et la crainte que l’eau récupérée en toiture ne vienne “polluer” les réseaux, et surtout dans la taxe sur l’assainissement, les consommateurs d’eau de pluie ne contribuant pas au traitement de l’eau à hauteur de leur consommation. »

 

 

Source : batirama.com / Michèle Fourret

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1 Commentaire


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  • par Bruno BOITELLE
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Bonjour, Je suis très impliqué dans les recherches technologiques de la construction de maisons individuelles. Avec la société SYBOIS, je travaille sur des projets de panneaux d'ossature bois. Le problème de la récupération de l'eau est plus important que celui de l'économie d'énergie et personne ne l'évoque. Les instances gouvernementales ne le considèrent pas dans les réglementations successives imposées pour la construction. Les RT, les labélisations ne tiennent pas compte des consomations d'eau. Il me plait de croire qu'un jour la science trouvera le moyen d'extraire de l'Hydrogène du sous sol sans risque pour notre planète ou parviendra à canaliser et stocker l'énergie des éclairs... Mais personne ne remplacera notre eau souillée! Il y a un problème basique mais essentiel sur le sujet. C'est le fait que le traitement des eaux usées se finance par une taxe sur "l'achat" de l'eau du raiseau et non sur la quantité d'eau usée envoyée dans les réseaux d'assainissement.... Dans ce contexte, si vous récupérez l'eau de pluie pour les toilettes, vous envoyez au traitement d'eau usée un produit sur lequel vous n'avez pas contribué au traitement! Bonne réflexion. BB

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