Vers trois Labels privés “Bâtiment Bas Carbone” en 2016

Vers trois Labels privés “Bâtiment Bas Carbone” en 2016

L’association Bâtiment bas carbone défend un label, une méthode de calcul et le recours systématique à l'Analyse du cycle de vie. Objectif : dépasser la réglementation thermique.



 

  1. Stanislas Pottier du Crédit Agricole SA, à gauche, assure la présidence de la nouvelle association BBCA

 

L'association BBCA – Bâtiment Bas Carbone – a tenu sa première réunion publique le lundi 26 octobre 2015. Elle rassemble, pour l'instant, plus d'une soixantaine de membres fondateurs, essentiellement les plus grands  promoteurs français, privés et publics, en tertiaire et en logement, les principales entreprises générales, des bureaux d'études et quelques industriels, dont Woodeum. La liste complète des membres est disponible sur le site www.batimentbascarbone.org.


Le but de l'association BBCA est de dépasser la réglementation thermique pour prendre en compte l'impact environnemental total des bâtiments, au moment de leur construction et durant leur vie en œuvre. Pour cela, elle envisage de finaliser son référentiel Bâtiment Bas Carbone d'ici fin 2015, puis de créer début 2016 un label BBCA pour les bâtiments neufs.

 

Il devrait être suivi, fin 2016, de deux autres labels : BBCA rénovation et BBCA Quartiers. Sinteo, Pouget Consultants, Artelia, Egis, tous des Bureaux d'Etudes reconnus, sont membres de la Commission Technique de l'association, aux côtés de Woodeum et du Cstb représenté par Jean-Michel Vizier . Ils contribuent au développement du référentiel et des trois futurs labels.

 

 

  1. La Commision Technique de BBCA développe le référentiel et la méthode de calcul des trois labels BBCA à venir. Ils seront certifiés par Certivea.

 

Trois labels en 2016

 

Ces trois labels reposeront sur un score unique dont le maximum est de 100 points et comporteront chacun trois niveaux, englobant à la fois les consommations d'énergie et l'empreinte environnementale. Dans le détail, deux chapitres seront obligatoires : la “construction raisonnée” et “l'exploitation maîtrisée”.

 

Il seront complétés par deux options : « le stockage carbone » et « le recyclage et réemploi de matériaux ». Construction raisonnée signifie utiliser le moins de matériaux possibles et les mieux adaptés au projet. Exploitation maîtrisée veut dire que la performance du bâtiment doit être assurée durant toute sa vie en œuvre.

 

L'option stockage de carbone implique l'emploi de matériaux d'origine biologique, dont le bois, qui stocke le carbone durant la vie en œuvre du bâtiment. La dernière option, recyclage, était un peu moins clairement expliquée, mais il semble s'agir d'abord de concevoir les bâtiments de manière à ce qu'ils soient facilement démontables en fin de vie et que leurs matériaux puissent être aisément réutilisés. Ensuite, dés la construction, il faut incorporer au bâtiment un maximum de matériaux issus du recyclage.

 

 

  1. Les labels reposeront sur le bâti, l'empreinte environnementale calculée à l'aide d'une Analyse du Cycle de Vie et sur deux options.

 

ACV et FDES

 

Ce ne sera pas très difficile, puisque la méthode envisagée prendra par exemple en compte, le fait que l'acier utilisé en construction incorpore déjà 30% d'acier recyclé. Pour rendre cette approche incontestable, il sera fait appel à un calcul du cycle de vie (ACV) du bâtiment en utilisant les FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) de la base de données Inies, librement accessible.

 

C'est intéressant, puisque le format des FDES a évolué pour se conformer à la nouvelle norme européenne EN 15 804 sur la déclaration des données environnementales des produits de la construction. Dans le même temps, l'association européenne Eco Platform (www.ecoplatform.org), dont l'association HQE fait partie, travaille à la mise à disposition de données environnementales vérifiées et sous un format unique à travers l'Union Européenne. La France est relativement plus avancée dans ce domaine. C'est l'occasion de faire fructifier en Europe un savoir-faire national.

 

 

  1. Les opérations examinées dans le cadre du développement de la méthode BBCA font largement appel à la préfabrication, au bois et aux structures béton/bois.

 

Etalonnage

 

Pour finaliser sa méthode et étalonner ses futurs labels, l'association BBCA s'est penchée sur une dizaine de chantiers. Selon Jean-Michel Vizier, pour un bâtiment neuf, en moyenne, son empreinte carbone se répartit à raison de 60% pour sa construction, dont 56% pour les matériaux, 3% pour le chantier et 1% pour la production d'eau, 40% pour l'exploitation, dont 22% pour les 5 usages énergétiques définis par la RT2012, 17% pour les usages énergétiques non pris en compte par la RT et 1% pour la production d'eau.

 

Les opérations examinées par la Commission Technique de BBCA faisaient largement appel à la construction bois préfabriquée, en 3D ou en 2D, associée ou non à des structures béton. Il ne faut pas pour autant en déduire que le bois soit une matière incontournable pour obtenir un label BBCA. Comme le rappelle Jean-François Vizier, la seule matière qu'il faut absolument utiliser et en quantités les plus larges possibles, est la matière grise. Il a bien raison.

 

 

  1. Les labels BBCA devraient exiger des valeurs de consommations d'énergie inférieures à celle de la RT2012, prendre en compte l'empreinte environnementale et favoriser les matériaux bio-sourcés.

 

Préfigurer la RBR 2020

 

En fin de présentation, Philippe Pelletier, le président du Plan Bâtiment Durable, a rappelé, presque brièvement, combien il était important de s'entraîner dés maintenant à la mise en œuvre de la future réglementation RBR (Réglementation Bâtiment Responsable) 2020 qui devra vers 2018 ou 2020, se substituer à l'actuelle RT2012.

 

Naturellement, la RBR 2020 est encore un projet. Mais toute démarche qui se propose de réfléchir globalement à la fois à la réduction de l'empreinte environnementale des bâtiments et à la réduction de leur consommation d'énergie, leur semble aller dans le bon sens.

 

Il soulignait à quel point le label BBC 2005 avait été un succès et avait permis aux acteurs de bâtiment de se préparer à la RT2012. Il envisage que les labels BBCA, bien que privés et dépourvus de toute incitation publique – le succès du label BBC reposait largement sur la possibilité de dépasser le COS en échange d'une performance accrue – puissent jouer le même rôle vis-à-vis de la RBR 2020. Cela reste à déterminer.

 

Mais ils joueront au moins un rôle enviable. Bon nombre des membres fondateurs de l'association BBCA avaient protesté lors de l'avènement de la RT2012, insistant lourdement sur le fait qu'elle renchérissait les coûts significativement. Leur participation à BBCA semble attester de leur changement d'attitude. Au lieu de traîner les pieds, ils deviennent pro-actifs, comme on dit. Ce qui est sans doute de bon augure.
 

 

 

Source : batirama.com / Pascal Poggi

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