Les sous-couches acoustiques minces se développent en résidentiel

Les sous-couches acoustiques minces se développent en résidentiel

Cela fait à présent 50 ans que les sous-couches acoustiques minces sous chape sont utilisées dans la construction neuve, notamment en résidentiel.






Ces solutions semblent désormais incontournables dans l’élaboration des planchers. Réalisée il y a quelques temps à la demande de Qualitel*, une étude a permis de démontrer que les isolants de type PSE, polystyrène extrudé XPS ou polyuréthane, ne suffisaient pas, à eux seuls, pour répondre à la Nouvelle Réglementation acoustique (NRA) dans tous les cas de figures : ils doivent être associés à une sous-couche acoustique mince (Scam) pour atteindre les références fixées par cette règlementation.

 

L’étude précise même que, quand la performance acoustique de l’association Scam + isolant thermique n’est pas connue, il est possible de prendre à minima la performance acoustique de la Scam seule. Ainsi, si le marché français des Scam est étroit, il est devenu incontournable, son développement étant directement lié à celui du résidentiel neuf.

 

Un marché de niche

 

Les fabricants comptent une petite dizaine d’acteurs sérieux et sous certification CSTbat. Une partie d'entre eux est regroupé au sein de l'AFSCAM, il s'agit de Siplast, Soprema, Tramico et Weber.

 

Ces fabricants proposent différentes solutions qui sont regroupées en deux familles dans leur grande majorité : soit voile de verre ou PNT + bitume, soit en non tissé Polyester (PNT).

 

Quant aux systèmes constructifs de planchers qui ­répondent simultanément aux ­prescriptions réglementaires thermiques et acoustiques, il s’agit de ceux qui respectent les règles de superposition de la NF 61-203, à savoir :
- pour les planchers bas, une Scam associée à un isolant thermique.
- pour les planchers intermédiaires, une Scam associée à un isolant thermique R=1 mini en cas de plancher chauffant ou, s’il n’y en a pas, une Scam sous chape avec bande de relevés, combinée à des rupteurs thermiques en about de dalles.
A noter enfin : si ces produits connaissent peu d’évolution, les solutions restant traditionnelles dans un secteur qui l’est également, l’essentiel de leur efficacité repose sur un travail correct de la part de l’applicateur, dans le respect des conditions de pose.

* par l’Ademe, le Syndicat National des Plastiques Alvéolaires (SNPA), l’Association Française des Sous-Couches Acoustiques Minces (AFSCAM) et le CSTB

 

 

L'AVIS D'UN FABRICANT DE SCAM, MEMBRE DE L'ASFCAM

 

Matthieu Lechantre,
Directeur marketing Soprema


« Le développement des sous-couches acoustiques minces est étroitement associé à celui du résidentiel collectif : si ce dernier croît, elles suivront ! »

 

Quelle est aujourd’hui l’ampleur du marché français des Scam ?


Mathieu Lechantre :

Le marché Scam est directement impacté par celui du résidentiel collectif. Sous l’effet de la loi Pinel notamment, ce dernier semble reprendre un peu de croissance, entraînant ainsi les Scam dans son sillage.

 

La certification CSTBat a-t-elle favorisé l’essor des Scam en termes de marché ?


Il est clair qu’elle l’a assaini, notamment en termes de qualité des produits et de responsabilité des entreprises. Actuellement, une bonne dizaine de produits sont CSTBat et, par conséquent, régulièrement prescrits.

 

La Scam pouvant être combinée avec une sous-couche thermique, la RT 2012 joue-t-elle aussi un rôle important dans l’essor de ces solutions ?


J’estime que les Scam et l’isolation thermique imposée par la RT 2012 sont deux sujets différents, qui ne s’impactent pas mutuellement. La RT 2012 ne prend pas en compte l’acoustique. En revanche, la NRA et les labels de type Qualitel imposent les règles acoustiques. Un bâtiment résidentiel collectif devra donc répondre aux deux ! D’ou l’intérêt des révisions assez récentes des DTU 26-2 et 52-1 qui ont permis de définir les conditions de l’association Scam et isolant thermique.

 

Les solutions SCAM grignotent-elles des parts de marché sur d’autres solutions d’isolation, tels que les isolants en mousse de plastique alvéolaire, par exemple?


Une Scam répond à un marché très fermé de l’acoustique en sol sous chapes et sous carrelages. Les isolants que vous citez en exemple sont essentiellement thermiques et peu utilisés pour leurs vertus acoustiques en sol. Les isolants en plastique alvéolaire sont plus efficaces en parois verticales ou en rampants avec des produits comme le PSE élastifié ou associés à des plaques acoustiques. Pour nous c’est un positionnement complètement différent de celui des Scam.

 

 

CE QU'EN DIT LA REGLEMENTATION

 

 

© Icopal Siplast

 

  • Réglementation acoustique : depuis 2000, la nouvelle réglementation acoustique (NRA 2000), axé une valeur d’isolation acoustique des planchers. Le niveau de pression sonore maximum autorisé est de 53 dB entre deux pièces principales de deux logements, de 55 dB entre un garage en sous-sol et la pièce principale d’un logement et de 58 dB entre un local d’activité et le logement.

 

 

  • DTU 52.10 : “Mise en œuvre des sous-couches isolantes sous chapes ou dalles flottantes et sous carrelages scellé”. Pour mieux prendre en compte le critère acoustique, les DTU 26.2 et 52.1 ont été révisés. Pour être certifiée, une sous-couche acoustique d’une épaisseur inférieure ou égale à 10 mm doit satisfaire les exigences techniques, de la norme NF P 61-203 parue fin 2003. Vis-à-vis de la performance acoustique, la réduction du bruit de choc pondéré Lw doit être ≥ à 15 dB et l’augmentation de la raideur dynamique après fluage < 60%. Le comportement sous charge de la Scam définit sa classe d’application. On trouve deux classes : SC1 (pose directe de carrelage scellé avec mortier de pose non armé de 6 cm d’épaisseur nominale ou un mortier armé de 5 cm d’épaisseur) et SC2 (pose sous chape armée de 6 cm).

Quant à sa charge admissible d’exploitation, elle est déterminée jusqu’à 500 kg/m² pour le tertiaire, bureaux, salles de classe, halls de réception ou jusqu’à 200 kg/m² pour l’habitat, en fonction de la réduction d’épaisseur évaluée à 10 ans.

 

  • La certification CSTBat : “Certification des sous-couches acoustiques minces”. Pour remplir leur fonction avec efficacité, les sous-couches acoustiques minces, ou Scam, doivent atteindre et pérenniser des niveaux de performances mécaniques et acoustiques précis. Afin de permettre aux industriels de faire valider les Scam de qualité, de faciliter le choix des prescripteurs et entreprises, le CSTB a élaboré une certification CSTBat, destinée aux sous-couches acoustiques minces posées sous chape, conformément à la norme NF P 61-203.

 

 

Source : batirama.com / Michèle Fourret / crédit photo d'ouverture Soprema

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