Les loyers franciliens ont progressé bien plus vite que les revenus des ménages depuis 1984. Une évolution qui pèse lourdement sur les budgets, jusqu’à rendre le logement difficilement soutenable pour les ménages les plus modestes.
Le constat dressé par l’Institut Paris Région est sans appel : en Île-de-France, les loyers ont flambé beaucoup plus vite que les revenus au cours des dernières décennies. Entre 1984 et 2020, le loyer médian d’un logement meublé a été multiplié par 3,9, contre 3,8 pour un logement vide. Dans le même temps, les revenus des ménages n’ont progressé que de deux à 2,3 fois selon le type de logement.
Pour les logements meublés, le loyer médian francilien est ainsi passé de 6,5 €/m2 en 1984 à 25 €/m2 en 2020. Le parc social n’a pas échappé à la hausse : ses loyers médians ont été multipliés par 3,6, passant de moins de 2 €/m2 à 7 €/m2. L’Institut Paris Région souligne toutefois que cette progression est partie de niveaux nettement inférieurs.
Cette envolée des loyers a accru la part des revenus consacrée au logement, appelée taux d’effort. Celui-ci a fortement augmenté entre 1984 et 2022, avec un point haut atteint en 2013 :
– 26,6 % des revenus pour les locataires de logements vides ;
– Et 29,1 % pour ceux occupant un meublé.
Depuis, le taux a légèrement reculé, à respectivement 24,8 % et 28,2 %.
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La situation est encore plus tendue à Paris. En 2022, le taux d’effort médian atteint 34 %. Il grimpe à 38 % pour les hommes seuls et à 42 % pour les femmes seules. Les familles monoparentales consacrent, elles, 39 % de leurs revenus au logement. © Laure Pophillat
L'écart se creuse encore lorsque l'on regarde les ménages les plus modestes. Pour eux, le loyer absorbe désormais près de la moitié des ressources mensuelles : 48,5 % pour un logement privé vide et 50,4 % pour un meublé. L'étude considère ainsi que les loyers deviennent "difficilement soutenables pour nombre" de locataires franciliens. Les aides au logement jouent dès lors un rôle déterminant, notamment dans le parc privé, où elles permettent de rendre des loyers devenus trop lourds à supporter simplement "soutenables".
Derrière les chiffres, l'étude met donc en évidence un décrochage durable entre coût du logement et progression des revenus. En Île-de-France, se loger absorbe une part croissante du budget des ménages, avec un impact particulièrement marqué pour ceux qui disposent des ressources les plus faibles. Une pression qui contribue aussi à fragiliser l'accès au logement dans les territoires où la demande reste la plus forte.