Comment aménager les combles facilement ?

Comment aménager les combles facilement ?

L’aménagement des combles habitables bénéficie aujourd’hui de solutions qui facilitent la vie de l’installateur et lui font gagner un temps précieux.






L’aménagement des combles permet d’apporter une plus-value à une habitation, mais nécessite une bonne préparation, notamment au niveau de la structure, de l’isolation et de l’optimisation du gain d’espace.

 

Ce type d’aménagement en pièces de vie est en effet possible si la pente et la hauteur sous toiture sont suffisantes. On parle ainsi de surface habitable pour une pièce dont la hauteur sous plafond atteint au minimum 1,80 m, le confort étant estimé optimal à partir de 2,20 m (ce qui n’empêche pas les espaces de moins de 1,80?m de se transformer en placards de rangement utiles).

 

Dans le cas d’une charpente à fermettes, que l’on rencontre souvent dans les logements construits après les années 1950, une intervention sur la charpente sera nécessaire et, sans aller jusqu’à une transformation ou une surélévation de la toiture, il sera ­nécessaire de la modifier en renforçant la structure afin de pouvoir dégager de l’espace.

 

L’aménagement de combles habitables impose aussi de sonder la solidité du plancher qui devra supporter sans problème le poids des cloisons, des équipements sanitaires, du mobilier ou d’un revêtement de sol lourd comme le carrelage, etc.

 

Si tel n’est pas le cas, il s’agira de le consolider avec une dalle sèche, sans oublier au passage l’isolation acoustique, qui sera assurée par un résilient phonique sous le revêtement.

 

Permis de construire ou déclaration préalable ?


Lorsque l’aménagement des combles modifie l’aspect extérieur de l’habitation (forme, toiture, fenêtres de toit…), une déclaration préalable de travaux à la mairie de la commune est nécessaire. En outre, si l’habitation est en zone classée, l’autorisation des Architectes des Bâtiments de France sera nécessaire.

 

Par ailleurs, si la surface habitable créée est supérieure à 20 m2 (avec 1,80 m de hauteur au moins), un permis de construire est obligatoire. Quant au recours à un architecte, il n’est exigé que si la surface totale de la maison (SHON) dépasse 170 m2 après aménagement des combles.

 

Des points à préparer en amont


Si votre client souhaite un renouvellement mécanique de l’air ambiant de sa maison, l’emplacement de la VMC doit être bien sûr déterminé avant l’aménagement des combles (passages des gaines, alimentation électrique de celle-ci et emplacement du caisson avec trappe de visite obligatoire pour son entretien).

 

De même, l’emplacement des prises électriques, de l’éclairage et autres doit être prévu avant la mise en place des plaques de plâtre.

 

 

  1. Les solutions d’aménagement

 

Solution 1 : Trémie et escalier : la facilité d’accès avant tout

 

 

©EHI

 

La trémie détermine le type d’escalier qui sera mis en place. Celui-ci est largement dépendant de l’espace disponible.

 

L’endroit où sera découpée la trémie doit être cohérent avec l’espace des combles et l’emplacement des pièces qui les constitueront, mais aussi avec l’étage du dessous, afin de garantir aux habitants une bonne circulation entre les pièces.

 

On estime que la hauteur sous plafond au niveau de la sortie d’escalier doit être de deux mètres. Une trémie rectangulaire implique un escalier droit : c’est le plus facile à poser et le moins onéreux, mais il nécessite un recul important aux étages où il est implanté.

 

La forme rectangulaire permet aussi un escalier au quart tournant, qui offre un meilleur gain de place, l’emprise au sol devant avoisiner les 1,50 m de diamètre. Une forme ronde ou carrée dirigera le choix vers un escalier hélicoïdal ou en spirale, qui optimise encore plus l’espace, les dimensions courantes de la trémie s’inscrivant dans un espace de 1,50 à 1,80 m (attention au passage des meubles).

 

Avec l’hélicoïdal carré, on est dans une configuration où la montée peut être protégée par trois murs, assurant une protection totale jusqu’au palier. Avec une protection de deux murs, le départ ou l’arrivée demandent un éventuel complément de protection par une rampe.

 

Enfin, en cas d’escalier escamotable, la trémie sera de 75 cm sur 1,50 m environ. Certains modèles se replient en trois parties ne nécessitant pas d’espace de dégagement dans les combles et se font complètement oublier une fois refermés.

 

Remarque :

l’application de la règlementation pour les personnes à mobilité réduite requiert un passage de 80 cm, des hauteurs de marches de 18 cm et un giron de 24 cm, soit un escalier de diamètre 1,80 m minimum.





Solution 2 : Le cloisonnement


 

 


 

Idéales pour délimiter l’espace des combles, les cloisons pour combles ou cloisons sèches sont montées sans mortier. C’est cette absence de liant qui leur confère leur légèreté et leur facilité de pose.


La cloison traditionnelle est plus robuste que la cloison sèche, mais elle est plus lourde et implique des travaux plus importants et contraignants (maçonnerie, poussière, déchets, etc.). Les deux principales solutions de cloisonnement les plus aisées se trouvent avec des systèmes tels que la cloison en plaques de plâtre et la cloison en panneaux alvéolaires.

 

La première solution est la plus isolante. Le panneau sandwich est composé d’une couche isolante recouverte des deux côtés par une plaque de plâtre. Les plaques de plâtre sont apposées sur une structure métallique composée de rails et de montants. Bien qu’offrant de nombreux atouts (notamment une excellente isolation acoustique), ces cloisons restent fragiles comparées à d’autres cloisons et demandent un traitement hydrofuge en salle de bains.

 

Se montant sur une ossature en bois et une lisse métallique, la cloison en panneaux alvéolaires est la solution plus légère. Installée sur rail, elle se compose de deux plaques de plâtre contrecollées sur une âme en carton alvéolé, selon une épaisseur variable. Economique, elle n’est pas très isolante d’un point de vue phonique. Dans les pièces humides, on protège la cloison en la posant sur un profilé PVC.

 

Signalons enfin l’existence, beaucoup plus rare, des cloisons en panneaux de particules, qui s’assemblent par languettes et rainures et se fixent avec de la colle à bois.


Remarque :

les cloisons ne doivent pas être trop nombreuses. Et si l’on veut conserver un espace aéré, on peut monter des cloisons qui n’atteignent pas le plafond, prévoir une partie vitrée ou installer des panneaux coulissants.

 

Solution 3 : Les blocs portes

 

 

©Edac (Deya)
 

Les blocs portes les plus intéressants pour des combles intègrent des portes coulissantes : montées sur rails, en applique ou à galandage, celles-ci permettent de gagner facilement des mètres carrés.

 

Une porte coulissante se compose au minimum d’un vantail, relié à deux chariots à roulettes, qui coulissent sur un rail. Le vantail se déplace manuellement ou à l’aide d’une motorisation. On en trouve de plusieurs types :

  • les portes coulissantes en applique, qui proposent un vantail se déplaçant le long du mur au moment de l’ouverture, ce qui impose de disposer d’une place suffisante sur le côté. Le rail à fixer sur le plafond ou sur le mur est apparent ou se dissimule derrière un habillage. C’est la solution la moins coûteuse.
  • la porte à galandage est constituée par un vantail (ou plusieurs vantaux) qui disparait dans la cloison lors de l’ouverture en s’insérant sur un châssis, ce qui en fait une excellente solution gain de place, puisqu’il n’y a plus besoin d’un espace de dégagement pour la porte.

 

Le coulissement de la porte à galandage est assuré par un rail en partie haute et, dans la majorité des cas, par un guide en partie basse pour éviter tout déraillement. Lors de la création d’un mur, le châssis coulissant est installé par le plaquiste avant de déposer la plaque de plâtre. Sur un mur existant, les portes se cachent à l’aide d’un panneau d’habillage.

 

Remarque :

attention aux interrupteurs et aux prises électriques qui ne doivent pas se situer derrière l’espace réservé à la porte en applique. Pour les versions à galandage, certains châssis peuvent inté­grer l’équipement électrique.

 

 

  1. L'isolation

 

 

Pour vivre confortablement sous les combles été comme hiver, il est indispensable d’isoler la toiture et de lui adjoindre un écran de sous-toiture : selon l’Ademe, environ 30 à 40% des déperditions énergétiques passent par les combles.

 

En matière d’isolation des combles aménagés, la RT 2012 rend obligatoire une résistance thermique minimale de R=8m².kW, l’épaisseur moyenne des produits posés étant d’environ 260 mm, mais pouvant aller jusqu’à 300 mm, si la charpente le permet.

 

Elle impose aussi deux couches d’isolant croisées afin d’obtenir un coefficient d’isolation supérieur à 6.5, de stopper les ponts thermiques et de rendre l’ensemble étanche à l’air (sans oublier le pare-vapeur qui peut être posé en continu).

 

Sur le plan phonique, si vos clients veulent conserver le plancher existant, rendant impossible l’isolation du sol des combles, il peut être envisageable de mettre en place un complexe d’isolation phonique et thermique sur le plafond de la pièce du dessous. Une fois ce complexe isolant mis en place, on peut poser des plaques de plâtre phoniques, qui permettront encore d’affaiblir le niveau sonore des bruits d’impacts.

 

Par ailleurs, un écran de sous-toiture garantit l’étanchéité à l’eau de la toiture, protège également de la poussière, ainsi que de l’invasion des animaux nuisibles. Posé entre la couverture et l’isolant, fixé entre chevrons et linteaux, il peut s’agir d’écrans souples classiques, bitumineux ou synthétiques, rigides ou semi-rigides. En outre, depuis juin 2009, l’écran de sous-toiture HPV est obligatoire, en neuf et en rénovation lourde avec dépose de la toiture.

 

Remarque :

on veillera à bien traiter les petites infiltrations d’air le long des pannes et des chevrons, ainsi que la mise en place de l’isolant autour des fenêtres de toit.

*HPV : haute perméabilité à la vapeur d’eau.

 

 

Isolant : les 3 critères de choix

 

  • sa conductivité thermique (symbolisé par la lettre grecque Lambda : λ), qui indique l’aptitude du matériau à conduire la chaleur. Plus le coefficient Lambda est élevé, plus l’isolant conduit la chaleur et est donc moins protecteur. Il faut donc choisir un isolant dont la valeur Lambda est inférieure à 0.060.
  • sa résistance thermique, qui désigne le pouvoir isolant du matériau et est représenté par la lettre R. Plus elle est élevée plus le matériau est isolant. Elle dépend à la fois de sa conductivité thermique et de son épaisseur.
  • sa résistance au feu, indiquée par la lettre M qui peut varier de M0 ­(incombustible) à M4 (facilement inflammable). Tout matériau dont le classement au feu est supérieur à M1 doit être protégé par un parement coupe-feu (plâtre par exemple).

 

 

Source : batirama.com / Michèle Fourret

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1 Commentaire


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  • par ggww
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"il s’agira de le consolider avec une dalle sèche" on ne consolide pas un plancher en y ajoutant une dalle sèche, bien au contraire on y rajoute des charges permanentes... Il faut définir les caractéristiques du plancher, faire appel à un bureau d'études pour faire le calcul de la capacité portante du plancher (si elle est suffisante on peut le laisser dans l'état, sinon on le renforce)

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