La Commission européenne accuse plusieurs fabricants d'additifs pour les ciments et bétons, dont le poids-lourd mexicain Cemex et une filiale du groupe français Saint-Gobain, d'avoir formé un cartel afin d'imposer des prix plus élevés à leurs clients.
La Commission européenne a officiellement adressé une communication des griefs à plusieurs fabricants d'additifs destinés aux bétons, ciments et mortiers. Elle les soupçonne d'avoir mis en place un cartel visant à coordonner les hausses de prix entre 2021 et 2022, dans le contexte de l'envolée des coûts provoquée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les additifs concernés sont des produits chimiques indispensables pour améliorer les performances des bétons et des mortiers – résistance, maniabilité, prise, durabilité, etc. Ils sont, évidemment, largement utilisés sur les chantiers de bâtiment et de travaux publics.
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Incorporés en faible quantité lors de la fabrication, ces additifs chimiques permettent de modifier très précisément le comportement du béton et du mortier. Selon leur formulation, ils améliorent la fluidité, réduisent les besoins en eau, accélèrent ou retardent la prise, renforcent la résistance mécanique, limitent les fissurations ou augmentent la durabilité face aux agressions extérieures. Ils sont aujourd'hui indispensables à la plupart des bétons techniques utilisés sur les chantiers. ©Infociments.fr
L'enquête, ouverte après des inspections surprises menées en 2023, vise plusieurs groupes internationaux et sociétés spécialisées, parmi lesquels :
– Cemex, le groupe cimentier mexicain ;
– Sika, leader suisse des produits chimiques pour la construction ;
– Mapei, spécialiste italien des solutions pour le bâtiment ;
– Chryso, filiale de Saint-Gobain ;
– TAM Groupe, société française spécialisée dans les adjuvants.
La Commission soupçonne également l'implication de plusieurs organisations professionnelles établies en France, en Allemagne et en Espagne.
À ce stade, aucune infraction n'est juridiquement établie. Les entreprises concernées disposent désormais de la possibilité de répondre aux griefs formulés par Bruxelles et d'exercer pleinement leurs droits de la défense.
Si les accusations étaient confirmées, les sanctions pourraient être particulièrement lourdes. Le droit européen de la concurrence permet en effet à la Commission d'infliger des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires annuel mondial des entreprises reconnues coupables d'entente anticoncurrentielle.