Le fabricant français de tuiles en terre cuite Edilians vient d’investir dans une nouvelle génération de fours industriels destinée à réduire sa consommation de gaz et ses émissions de CO2, tout en maintenant des cadences de production élevées dans un marché devenu particulièrement instable.
"Si on veut être là dans cent ans, notre enjeu principal, c’est de sortir des énergies fossiles", affirme Maxime Coutouly, le PDG d’Edilians Group. Le groupe a engagé depuis 2021 un programme d’investissement de 100 millions d’euros sur dix ans afin de "diminuer [ses] émissions de CO2 de 30 % d’ici 2030". Une stratégie concentrée en priorité sur les étapes de séchage et de cuisson, les plus consommatrices d’énergie dans la fabrication des tuiles.
Sur le site de Saint-Geours-d'Auribat, où 85 salariés produisent près de 10 000 m2 de tuiles par jour, la modernisation du four industriel représente un investissement de 7 millions d’euros, soutenu à hauteur d’un million d’euros par la région Nouvelle-Aquitaine. Cette évolution a permis de réduire de 11 % la consommation de gaz du site, soit environ 1 000 tonnes de CO2 évitées chaque année.
Les résultats sont encore plus marqués sur le site de Saint-Germer-de-Fly, où l’installation d’un nouvel équipement a entraîné une baisse de 33 % de la consommation de gaz naturel.
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Le site industriel d'Edilians à Saint-Gerours-d'Auribat, dans les Landes. © Edilians group
"Ici, à Saint-Geours, c’est un four différent, qui cuit les tuiles en 28 heures", explique Giovanni Zamparo, le directeur général de Ceritherm, fabricant français de fours industriels racheté par Edilians Group en 2023. L’entreprise a cherché "à réduire les masses mortes — tout ce qui rentre dans le four et n’est pas une tuile —, et à repenser la circulation de l’air en valorisant les fumées chaudes et l’air chaud du four".
Seules trois personnes travaillent sur la gigantesque ligne de production, où des robots rangent les tuiles, séchées individuellement, sur des wagons flambant neufs destinés à entrer dans le four. Pierre Dugay, le directeur industriel France d'Edilians Group, détaille :
– une "surveille les presses et les moules" ;
– Une autre "alimente la matière première" ;
– Et la troisième écarte les tuiles défectueuses en fonction du bruit.
Cette transformation intervient toutefois dans un environnement économique fragilisé. "Le marché est extrêmement volatil depuis 2020", souligne Maxime Coutouly. "Après une stabilisation en 2025, nous avions des espoirs pour 2026 mais nous n’avions pas prévu la guerre en Iran", ajoute-t-il, évoquant une hausse de 5 % du prix des tuiles.
En 2024, Edilians Group a vendu environ 670 000 tonnes de tuiles, soit un volume comparable à celui de 1973. "En comparaison, en 2000-2001, on en vendait 1,3 million de tonnes", rappelle le dirigeant.