Perché au-dessus du Rhône, face au Palais des Papes, le Jardin du Rocher des Doms s’offre une seconde vie. Engagée pour répondre à la fois aux exigences patrimoniales et aux défis climatiques, sa restauration mobilise des savoir-faire spécialisés et des solutions techniques adaptées. Mené par Spie batignolles, le chantier illustre une nouvelle manière d’intervenir sur des sites sensibles : préserver l’existant, renforcer sa résilience et réinventer les usages, sans jamais trahir l’esprit des lieux.

Le jardin des Doms, également appelé jardin du Rocher des Doms, est un parc public de trois hectares aménagé au XIXe siècle, situé sur le rocher des Doms, au cœur du centre historique d’Avignon, inscrit au patrimoine mondial. À proximité immédiate du palais des Papes et de ses jardins, il est labellisé "jardin remarquable" depuis 2003 et classé au titre des Monuments historiques depuis 2024. © Ocarina
Dominant le Rhône et dialoguant avec le Palais des Papes, le Jardin du Rocher des Doms incarne l’une des signatures paysagères les plus iconiques d’Avignon, à la fois belvédère, parc urbain et témoin d’une histoire longue, façonnée depuis le Second Empire. Classé "jardin remarquable" et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, cet espace de près de trois hectares s’impose aujourd’hui comme un chantier exemplaire de requalification, piloté par la Ville, où se croisent exigences patrimoniales et impératifs d’usage contemporain.
Car le diagnostic était clair : fragilisé par le changement climatique, éprouvé par des épisodes météorologiques répétés et soumis à une fréquentation soutenue, le site avait progressivement perdu de sa lisibilité paysagère comme de sa résilience écologique. Il fallait restaurer, mais également adapter.
Engagé en 2024 pour une durée courant jusqu’en 2027, le projet confié à Spie batignolles paysage – via sa filiale Solev, mandataire – et à Spie batignolles travaux publics, s’inscrit dans cette logique de transformation durable des territoires. Le montant des travaux est de 2 104 211 €.
Sur ce site sensible, chaque intervention relève d’un équilibre délicat entre conservation et transformation. Les équipes déploient ainsi un savoir-faire spécifique, où la précision technique se met au service du patrimoine vivant :
– préservation des arbres remarquables ;
– Dépose minutieuse d’éléments en vue de leur réemploi (statues, mobiliers extérieurs) ;
– Ou encore travaux préparatoires intégrant abattages ciblés et tailles raisonnées.
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Les terrassements, eux, traduisent une approche résolument contemporaine, avec des opérations de décompactage par injection d’air et d’amendement des sols sur plus de 4 300 m2. © Ocarina
À cette première séquence répond une recomposition paysagère ambitieuse, marquée par la plantation de 30 arbres et de 9 500 arbustes et vivaces, ainsi que par l’installation de nouveaux mobiliers extérieurs. Le projet intègre également un système d’arrosage automatisé de grande ampleur – près de 700 mètres de réseau primaire, complété par des dispositifs de micro-aspersion et de goutte-à-goutte –, garantissant une gestion optimisée de la ressource en eau.
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Les aménagements qualitatifs ne sont pas en reste : socle de la statue de Vénus, plus d’un kilomètre de bordures métalliques, escaliers et rocailles de soutènement redessinent les circulations et les perspectives. L’aire de jeux, entièrement repensée, se dote d’un système de brumisation. Un îlot de fraîcheur nécessaire. © Ocarina
Pensé en phases successives, le chantier permet une réouverture progressive du site au public. Une première tranche, livrée récemment, offre d’ores et déjà aux promeneurs un accès renouvelé au jardin pour la saison printanière et estivale.
La seconde phase sera engagée à l’automne, avec une réception finale prévue à l’été 2027.