Mayotte : un an après le cyclone Chido, où en sont les travaux de reconstruction ?

Un an après le passage du cyclone Chido, où en sont travaux de reconstruction ?

À Mayotte, un an après le passage du cyclone Chido, la Société Immobilière de Mayotte (SIM) dresse un bilan solide des travaux de reconstruction engagés avec le soutien renforcé du groupe CDC Habitat.




Un an après le passage du cyclone Chido, la Société Immobilière de Mayotte (SIM) dresse un bilan solide des travaux de reconstruction, engagés avec le soutien renforcé du groupe CDC Habitat et une augmentation de capital de 10 M€ afin que la SIM poursuive la relance de la production et réponde aux besoins en logement des Mahorais

L’histoire de la SIM, c’est l’histoire de l’habitat à Mayotte commencée en 1977. Étant le principal bailleur social de Mayotte et un acteur global de l'habitat et du renouvellement urbain au service de son Territoire, elle gère aujourd'hui, plus de 3 400 logements au sein du département. La société est structurée autour de trois pôles d’activités :

– le pôle développement et construction ;

– Le pôle gestion locative ;

– Et, enfin, le pôle patrimoine.

 

La SIM conduit également de nombreuses opérations favorisant la mixité sociale et fonctionnelle. Son affiliation au groupe CDC Habitat depuis 2017 lui permet de bénéficier des synergies dudit Groupe. C’est ainsi que la société prévoit de produire en moyenne 500 logements par an sur les dix prochaines années.

 

 

Chido un an après

Le cyclone Chido, survenu le 14 décembre 2024, a fortement impacté le parc immobilier de la SIM : près de 50 % des logements ont été endommagés, représentant 53 M€ de travaux, auxquels s’ajoutent des pertes d’exploitation et des sorties d’actifs, pour un coût global de 72 M€. Face à cette situation exceptionnelle, la SIM a lancé un plan de travaux de reconstruction sur deux ans, mobilisant des moyens humains et financiers importants. Ce programme vise à remettre en état les logements endommagés tout en renforçant la durabilité et la qualité de vie au sein du parc. 

 

Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido frappait violemment l'archipel de Mayotte, causant d'immenses dégâts humains et matériels. Le bilan, très contesté, fait officiellement état de 39 morts. © Kwezi / AFP

 

Quels travaux ont déjà été engagés ?

À ce jour, des travaux de rénovation ont été engagés permettant d'une part la mise en travaux de 1 131 logements impactés et d'autres part la livraison de 574 logements terminés (avec l’objectif d’une livraison totale des logements endommagés pour la fin de l’année 2026).

Toutefois, le rythme des travaux est conditionné par plusieurs contraintes locales : l’ampleur des dégâts sur les logements de la SIM, les complexités techniques de certains logements nécessitant des études spécifiques, les capacités du secteur du BTP à Mayotte, ainsi que la résilience propre à chaque territoire, notamment en ce qui concerne les infrastructures et les circuits économiques, dont la gestion des approvisionnements. Malgré ces contraintes, la SIM déclare demeurer "pleinement mobilisée pour la reconstruction et maintient ses objectifs".

En sus, consciente des impacts sur la vie quotidienne des locataires, la SIM a mis en place des remises de loyers allant de 20 à 100 % selon l’ampleur des dégâts et maintient une communication régulière auprès de ses locataires sur l’avancement des travaux.

 

 

Qui finance ?

Afin de soutenir la relance, la SIM a bénéficié de plusieurs financements :

– 20 M€ d’indemnités d’assurance ;

– 41 M€ de prêts bonifiés "CATNAT" mis en place par la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts) à la demande de l’État, et sollicités par la SIM pour les travaux de remise en état ;

– Et, enfin, un renforcement des fonds propres de la SIM.

 

Rivière des manguiers I, Passamainty : logements après l’impact Chido. © SIM

 

 

Rivière des manguiers I, Passamainty : logements remis en état après le passage du cyclone Chido. © SIM

 

 

10,6 M€ pour accélérer la production de logements

Si l’activité de développement de la SIM a connu un ralentissement après le passage du cyclone Chido, elle ne s’est jamais interrompue. Les objectifs initiaux ont été ajustés mais les résultats restent très encourageants au regard de cette situation exceptionnelle. En témoigne la livraison récente de 115 logements à Hajangoua.

Pour consolider cette dynamique et anticiper les besoins futurs, le groupe CDC Habitat a procédé à une augmentation de capital de 10 M€, auxquels s’ajoutent 0,6 M€ de la Caisse des Dépôts, en vue d’accélérer la production de logements pour 2026 avec la livraison de 390 logements neufs et près de 321 logements mis en chantier. 

Ahmed Ali Mondroha, le directeur général de la Société Immobilière de Mayotte, se déclare fier, au nom de la SIM "du chemin parcouru". Il précise : "nous n’avons pas seulement engagé des travaux de reconstruction, nous nous efforçons également de moderniser et d’améliorer nos logements pour répondre aux standards actuels et offrir à nos locataires un cadre de vie plus sûr, plus confortable, et plus durable faces aux risques climatiques extrêmes auxquels est confronté le territoire mahorais. Cette ambition est rendue possible grâce à l’augmentation de capital de 10 millions d’euros apportée par le groupe CDC Habitat, auxquels s’ajoutent 0,6 millions de la Caisse des Dépôts".

 

Pour Anne-Sophie Grave, la présidente du directoire de CDC Habitat, ici en photo, le cyclone Chido "a rappelé l’importance de la solidarité et de la résilience face aux défis climatiques. Dès les premiers jours, le groupe CDC Habitat s’est pleinement mobilisé aux côtés de la SIM pour répondre aux conséquences de cette catastrophe naturelle, engager la reconstruction et soutenir le développement d’un habitat plus durable à Mayotte. L’augmentation de capital de 10 millions d’euros que le Groupe apporte à la SIM, s’inscrit dans cette même logique : elle nous permet de réaffirmer notre engagement à ses côtés pour accompagner la reconstruction et garantir, sur le long terme, le développement d’une offre de logement adaptée aux besoins du territoire ainsi qu’aux enjeux climatiques". © Maya Angelsen




Source : batirama.com / Laure Pophillat / © SIM

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Articles qui devraient vous intéresser

Pour aller plus loin ...

Newsletter
Dernière revue
Hors-série spécial Artibat 2025 !

  magazine  

Produits


Votre avis compte
Accidents du travail : faut-il boycotter le Mondial 2034 en Arabie saoudite ? (124 votants)