ITE : des systèmes toujours plus performants

ITE : des systèmes toujours plus performants

Les Réglementations Thermiques placent l’isolation comme incontournable pour atteindre d’ici 2020, les objectifs de 20% de réduction de consommation d’énergie et de réduction des gaz à effet de serre.




L’Isolation thermique par l’extérieur (ITE), technique de traitement de la façade destinée à accroître la performance thermique d’une paroi, s’impose aujourd’hui comme une technique de qualité grâce à ses atouts.

 

En rénovation, elle permet le ravalement de la façade et peut être mise en œuvre en milieu occupé, sans perte de surface habitable. Elle protège aussi le gros œu­vre contre les sollicitations climatiques.

 

Du point de vue de l’isolant, trois grandes familles sont utilisées en France, la laine minérale (laine de verre et de roche), le polystyrène expansé (PSE) et le polyuréthane (PU). En France, le PSE et les laines minérales sont les plus posés.

Le PSE : le plus utilisé. «En ce qui concerne les isolants ITE sous enduits, le PSE est le 1er isolant utilisé», explique Xavier Perchais, chef de marché national ITE Knauf, spécialiste du polystyrène expansé (PSE).

 

Le système avec enduits sur isolants représente la solution la plus utilisée sur le marché de l’ITE avec plus de la moitié des surfaces traitées et pour ce type de finition avec enduits, «le PSE reste donc l’isolant le plus ­plébiscité. A contrario, les autres techniques (bardage rapporté, vétures/vétages) sont plutôt des marchés traités par des isolants laine de verre et de roche», souligne ce dernier. Le marché de l’ITE sous enduit est un marché porté par la rénovation, notamment dans le logement collectif même si la part de bâti neuf tend à croître d’année en année pour satisfaire aux obligations de la RT 2012.

 

«Le PSE est l’isolant incontournable pour le traitement des ponts thermiques quand on parle d’enveloppe du bâtiment», ajoute Xavier Perchais.

 

Plutôt PSE Blanc que graphité. Le PSE blanc représente la plus importante part du marché des isolants sous enduits (90%), le PSE graphité étant en progression sur ce marché. Les épaisseurs répondant aux exigences thermiques de la RT 2012 sont de 200 mm en blanc et 160 mm en gris. «Les performances du PSE blanc avec un lambda de 0,038 sont identiques à ce jour quel que soit le fabricant», explique Hervé Ravenet, Chef de Produits ITE Systèmes minéraux chez Saint-Gobain.

 

Sur maisons individuelles, il est utilisé en rénovation des façades. Afin d’obtenir les aides fiscales, «une mise en œuvre avec une épaisseur de 14 cm est suffisante (résistance de 3.7)», souligne Hervé Ravenet. Quant aux collectifs, des épaisseurs de 14 à 20cm sont souvent utilisées voire jusqu’à 30cm sur des bâtiments à basse consommation.

 

Enfin, il existe aussi un PSE gris (obtenu à partir de l’incorporation d’un enrobage absorbeur et réflecteur d’infrarouge qui lui donne sa couleur argentée) qui affiche un lambda de 0,032, «mais son “inconvénient” est qu’il ne supporte pas les expositions au soleil. Lors de sa pose, il doit être protégé par des filets», commente le spécialiste.

 

 

AVIS D’EXPERT

 

Caroline Lestournelle,
secrétaire générale du syndicat national des fabricants d’isolants de laine de verre et laine de roche (Filmm)


« Dans l’ITE, le produit et le système de pose sont importants »

 

Batirama : Laine de roche, laine de verre, performances thermiques…, qu’en est-il ?

CL :

En France, les deux tiers des isolants utilisés sont des laines minérales. Le marché des laines minérales est réparti en deux familles, la laine de verre et la laine de roche (dans cet ensemble, la laine de verre représente encore les 2/3 et la laine de roche 1/3).

 

Les laines minérales ont d’excellents coefficients de conductivité thermique (jusqu’à 0,032 W/m.K voire 0,030 pour certaines d’elles) ce qui leur confère une résistance thermique élevée. Les deux produits ont des applications de prédilection, la laine de roche étant plus rigide, elle est très utilisée pour l’isolation des toitures terrasses. A contrario, la souplesse de la laine de verre est appréciée dans d’autres applications.


Batirama : Comment évoluent ces produits pour ces prochaines années et face aux nouvelles réglementations ?

CL :

Les épaisseurs des produits ont tendance à augmenter puisque la réglementation demande des résistances thermiques plus fortes. Mais les industriels cherchent à faire évoluer leurs produits. Une des solutions est d’améliorer le produit lui même, afin d’obtenir une meilleure performance thermique à épaisseur égale.

 

Une autre solution est de travailler sur le système de pose afin de limiter les déperditions par les points particuliers par exemple. Des fixations en plastique au lieu du métal peuvent améliorer la performance globale de la paroi limitant ainsi les petites pertes d’énergie par les points de fixation.

 

Ils proposent aussi des systèmes complets de parois en pensant à l’ensemble des exigences de façon globale. Et non le moins important, ils réfléchissent à tout ça avec les artisans pour que le produit ou système puissent se mettre en œuvre dans de bonnes conditions.


 

Solution 1 : La laine de verre

 

©Knauf

 

La laine de verre bénéficie de très bonnes propriétés isolantes et affiche un lambda qui varie de 0.030W/(m.K) à 0.040W/(m.K).

 

Ses résistances thermiques peuvent donc varier pour une même épaisseur de produit de R = 2,50 m2 K/W à R = 3,30?m2K/W en 100 mm et aller en monocouche jusqu’à R=6,85m2 K/W en 240mm pour une laine en lambda de 0.035W (m.K) ou 7.50 m2 K/W en 300 mm pour une laine en lambda de 0,040W/(m.K).

 

Grâce à sa structure souple, élastique et à sa présentation (en rouleaux ou panneaux), elle s’intègre dans tous les ouvrages et systèmes constructifs quelle que soit la complexité de la structure. Mais avant toute pose, il faut d’abord déterminer l’épaisseur d’isolant nécessaire pour obtenir la résistance thermique souhaitée.

 

Deux techniques de pose sont disponibles pour la laine de verre : soit sous bardage soit sous enduit. Dans le premier cas l’isolant est fixé mécaniquement et le bardage est lui fixé sur un système de profilés préalablement fixés ponctuellement au mur. Dans le second cas, l’isolant est fixé au mur et recouvert d’un système composé d’une grille de verre et d’un enduit.

 

Intérêt :

vaste gamme

Limite :

un peu “piquante”, les dernières générations sont plus confortables à poser.


 

Solution 2 : La laine de roche

 

©

Parexlanko

 

En termes de performance thermique, le lambda (ou conductivité thermique) des laines de roche varie de 0.042W/(m.K) à 0.033W/(m.K).

 

Les résistances thermiques courantes peuvent varier pour une épaisseur de produit de 100mm de R=2,35m2 K/W pour la plus classique à R=3m2K/W pour la plus performante.

 

En monocouche, des épaisseurs jusqu’à 260mm sont disponibles (résistance thermique maximale en monocouche R = 7.2 m2K/W). La laine de roche peut se présenter sous forme de panneaux ou de rouleaux et elle s’applique de la même façon que la laine de verre, c’est-à-dire collée ou sur ossatures métalliques.

 

Intérêt :

thermique, acoustique et sécurité incendie

Limite :

un peu plus lourde que la laine de verre


 

Solution 3 : Le polystyrène expansé (PSE)

 

©Placo

 

Le PSE apporte un bon niveau d’isolation thermique, avec un coefficient de conductivité thermique (lambda) s’inscrivant dans une fourchette entre 0,030 et 0,038W/m.K.

 

La fabrication du polystyrène expansé ou PSE est effectuée par expansion à la vapeur d’eau des billes de polystyrène pour former un isolant à structure cellulaire fermée et remplie de pentane résultant de l’expansion de la bille. Les billes sont composées de monomère styrène.

 

La mis en œuvre du PSE soit en rouleaux ou en panneaux s’effectue en collé à l’aide d’une colle en poudre ou en pâte si le travail est sur du neuf et en calé et chevillé pour des travaux en rénovation.

 

Intérêt :

produit sain, léger, peu couteux, et recyclable a 100%

Limite :

obligation de mise en œuvre de bandeau de laine de roche, pour répondre aux normes incendie lors d’une ITE avec du PSE



INFOS PRATIQUES

 

En constante augmentation

 

©Parexlanko

 

Le marché de l’ITE en France, tous systèmes confondus, est en forte progression ces dernières années. De 2009 à fin 2011, ce marché a fortement progressé avec un double impact : en m2 de surface traitée et en épaisseur d’isolant utilisé (une progression estimée à presque 50%).

 

©Knauf

 

On estime que les surfaces traitées, tous types de systèmes et tous types de bâtiments confondus, ont progressé de plus de 10% en m2 et de 5% en épaisseur sur l’année 2012. En constante augmentation, ­l’ITE a pour finalité d’offrir un meilleur confort de vie été comme hiver tout en diminuant les consommations d’énergie et offrant une pérennité de l’ouvrage.

 

Quelques définitions

 

  • Conductivité thermique (symbole : λ - Unité : W/m.K)

La conductivité thermique désigne la caractéristique spécifique d’un matériau indiquant, en régime stationnaire, la quantité de chaleur traversant 1m2 de ce matériau, pour une épaisseur de 1m, pour une différence de température de 1 °C entre les deux faces. Les matériaux isolants qui conduisent mal la chaleur sont donc caractérisés par une conductivité thermique faible. La conductivité thermique d’un matériau dépend de sa teneur en humidité et de sa température.

 

  • Résistance thermique (symbole : R - Unité : m2.K/W)

Caractérise l’aptitude d’une paroi à s’opposer au passage de la chaleur. Plus la résistance thermique d’une paroi est grande plus elle est isolante. Pour les matériaux homogènes, la résistance thermique est égale au rapport de l’épaisseur du produit (en m) par sa conductivité thermique (en W/m.K).

 

 

Source : batirama.com / Aude Moutarlier

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2 Commentaires


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  • par ACMODIDIER
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  • 0

Bonjour très bonnes explications au sujet de l'isolation ITE , mais que penser de la laine de bois et autres qui laissent respirer le support contre les xps qui sont étanches. Merci


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  • par moudiblouz
  • 1
  • 0

Comment se fait-il que votre article fasse l'impasse sur tous les autres isolants utilisés en ITE, dont l'utilisation est croissante pour des raisons de confort et de développement durable : verre cellulaire, laine de bois, laine de chanvre, etc ? Ne s'agit-il que d'une publicité déguisée pour les gros industriels du bâtiment, St Gobain, Lafarge, Knauf et consorts ?

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