Former pour répondre aux enjeux de la construction aujourd’hui et demain

Jacques-Olivier Hénon, directeur des politiques de formation et de l’ingénierie pédagogique au CCCA-BTP

Le CCCA-BTP s’attache à mettre en place des formations pour faire monter en compétences les jeunes et les moins jeunes sur des sujets d’avenir. Photo : Jacques-Olivier Hénon, CCCA-BTP.




L’interopérabilité des métiers : penser le chantier différemment

 

Pour Jacques-Olivier Hénon, directeur des politiques de formation et de l’ingénierie pédagogique au CCCA-BTP, la construction évolue selon deux grandes tendances : l’interopérabilité des métiers et l’innovation des matériaux et processus. "Travailler sur l’interopérabilité des métiers est un besoin essentiel, constaté et évalué. Les enquêtes, mesures et sondages effectués sur l’enveloppe du bâtiment ces 15 dernières années montrent que l’efficacité énergétique d’un bâtiment est beaucoup plus impactée par l’interopérabilité des métiers, la capacité des intervenants à communiquer, à travailler ensemble et, donc anticiper le devenir de la construction, que par l’activité propre à chaque métier, généralement bien maîtrisée. Plus globalement, c’est la qualité de l’ensemble de la construction qui dépend de la prise en compte des métiers connexes par chaque intervenant."

 

Former aux fondamentaux et à la nouveauté

 

Cette tendance en recoupe une autre : l’évolution des matériaux et des outils de pose. "Ces changements rapides sont poussés par des besoins sociétaux, comme l’efficacité énergétique, le maintien à domicile d’une population vieillissante, ou encore des réglementations de plus en plus contraignantes. Ainsi, parvenir à isoler un grand nombre de logements en quelques années impose de recourir à de nouveaux matériaux et processus. Autre exemple d’évolution : la loi Zan va obliger à requalifier le bâti existant plutôt que construire. Cela va beaucoup impacter les métiers de la construction, notamment ceux du second oeuvre."

 

L’enjeu de la formation est de maintenir et développer la qualité du geste, en dispensant les fondamentaux indispensables à la bonne réalisation de l’ouvrage ; et, en parallèle, de former à la nouveauté, car les gestes évoluent au gré des besoins et des solutions mises en oeuvre pour répondre à ces besoins. "Il s’agit de trouver le juste équilibre entre les deux ! Il nous faut aussi anticiper les besoins à 10 ans et accélérer les transformations pédagogiques pour répondre à la demande."

 

Créer des outils pédagogiques adaptés

 

Le CCCA-BTP accompagne l’évolution des plateaux techniques des centres de formation. Mais il a aussi largement recours à la réalité virtuelle, à la réalité augmentée, au numérique 3D, aux simulateurs, …, car l’environnement numérique que constituent ces outils apporte une souplesse extrême aux formations : "ils ont l’avantage de pouvoir évoluer très facilement. “E-mersive-BTP” la plateforme numérique que nous avons conçue, regroupe tous les environnements que nous avons créés. Certains, comme le “Barber shop”, fonctionnent très bien. Cet environnement de salon de coiffure pour homme a été construit avec les CFA. Il regroupe dans un même espace les métiers d’électricien, de solier, de carreleur, de peintre décorateur, d’installateur sanitaire et thermique et menuisier. Cet outil numérique complète parfaitement une formation technique classique, en montrant les processus, les interactions entre les métiers, la qualité et les effets des matériaux."


Le CCCA-BTP, facilitateur de formations


Afin de partager le plus largement possible ses méthodes pédagogiques, le CCCA-BTP a créé il y a un peu plus de deux ans "l’accélérateur pédagogique du BTP" dédié aux organismes de formation du secteur. Cet outil vient d’être doté d’un laboratoire installé au siège du CCCA-BTP, dans lequel seront créées des méthodes et outils pédagogiques virtuels ou réels, afin de continuer à faire évoluer les réponses aux besoins en compétences. Un site internet lancé fin septembre permettra de communiquer plus largement sur cet accélérateur pédagogique du BTP et de valoriser ses actions.


"Sur les salons, nous sommes à l’écoute des besoins immédiats des professionnels, pour les traduire autant que possible en formations spécifiques, via l’accélérateur pédagogique", indique Jacques-Olivier Hénon, qui prend pour exemple l’organisation de parcours adaptés à de très petits effectifs pour les métiers de niche et souligne "dans ces formations, la partie pratique est à 100 % assurée en entreprise."

 

Et Jacques-Olivier Hénon de conclure : "Dans leur quotidien, les artisans sont obligés de “pivoter” pour développer ou maintenir leur activité : ils doivent trouver des solutions pour répondre à des besoins nouveaux. Les centres de formation doivent eux-aussi être capables de cette souplesse. Ils doivent à la fois apporter une formation de base qualitative et faire en sorte d’apporter à ces mêmes apprenants des compléments de formation innovants tout au long de leur vie professionnelle. Notre rôle est de les y aider."
 

 

Bois : le FCBA accompagne les menuisiers et les fabricants sur Artibat

Marc Sigrist

Marc Sigrist, ingénieur menuiserie chez FCBA

 

On le constate partout : le bois est tendance dans la construction depuis déjà quelques années.

Marc Sigrist, ingénieur menuiserie chez FCBA (Unité ingénierie pôle industrie bois & construction), souligne le regain d’intérêt pour la menuiserie en bois : "Elle avait beaucoup perdu ces trente dernières années, mais revient en force. Aujourd’hui la menuiserie extérieure en bois représente autour de 12 % du marché."
Le matériau, biosourcé et renouvelable, est recherché pour son impact environnemental plus réduit que celui des autres matériaux (énergie grise plus faible et compensée par son rôle de stockeur de carbone).
Si le bois exotique reste très utilisé, un réel effort d’approvisionnement au plus près des sites de transformation et des zones de consommation des produits est réalisé par les fabricants.
Par ailleurs, les produits en bois (fenêtres, portes, escaliers, meubles, etc.), et notamment les menuiseries extérieures, bénéficient désormais de réelles avancées réalisées ces dix dernières années par les fabricants de produits de finition, et par les applicateurs : "aujourd’hui, les peintures des fenêtres en bois peintes en usine résistent aux agressions extérieures pendant 10 à 15 ans. Et les menuiseries peuvent ensuite être rénovées avec de bons résultats, donc elles obtiennent des évaluations très positives", précise Marc Sigrist.
L’institut Technologique Foret Cellulose Bois-Construction Ameublement propose des prestations d’ingénierie et fait profiter ses clients de son expertise en matière d’évaluation des produits (performances thermiques, acoustiques, d’étanchéité à l’air, à l’eau et au vent, de résistance mécanique et de durabilité des menuiseries)*. Dans ses installations techniques, laboratoires et bancs d’essai, FCBA qualifie aussi les produits de traitement et de finition.


Xylorix Inspector, en phase de développement commercial

Smartphone avec l'application Xylorix ouverte

 

Dédiée à la reconnaissance rapide des essences de bois, cette application développée par FCBA et Agritix (et le soutien du Codifab) avait été présentée sur Artibat 2021. Deux ans plus tard, le FCBA en fait la promotion auprès des professionnels amenés à travailler autour du matériau (fabricants, importateurs, architectes, professionnels de la régulation des flux de marchandises bois, négoces, experts, etc.). Achetée et téléchargée sur un smartphone, elle permet de contrôler les approvisionnements, de réaliser des expertises sur site, ou simplement de vérifier que les livraisons de panneaux/ produits bois sont les bonnes.Le positionnement d’un objectif macroscopique grossissant (X24) sur le produit bois permet à l’application de reconnaître les essences couramment utilisées : bossé, chêne, sapelli, sipo, douglas, épicéa, mélèze, pins et sapin.

*"Fenêtres et portes-fenêtres les outils de votre succès - Institut Technologique FCBA"


 


Source : batirama.com/ Emmanuelle Jeanson

L'auteur de cet article

photo auteur Emmanuelle JEANSON
Collaboratrice de longue date de Batirama, elle est journaliste indépendante dans la presse pro du bâtiment et de l’énergie depuis ses débuts dans le métier (qui remontent à la dernière décennie du siècle dernier !). Ses sujets de prédilection : tout ce qui contribue à une construction plus soutenable ; les techniques anciennes remises au goût du jour ; les énergies renouvelables ; aller à la rencontre des artisans et de leur quotidien, mais aussi comprendre les enjeux de l’activité industrielle.
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