Ponts thermiques : traiter les planchers avec ou sans rupteurs ?

Ponts thermiques : traiter les planchers avec  ou sans rupteurs ?

La Réglementation thermique 2005 a installé une nécessité : celle d’assurer une isolation complète de l’enveloppe du bâtiment. La RT 2012 a instauré une obligation de moyens, celle de traiter les ponts thermiques.



 

Jusqu’à 40%, c’est la part de déperditions énergétiques que peuvent représenter les ponts ­thermiques. Alors, la RT 2012 a tranché : «leur ­traitement va répondre à une obligation de moyens», informe Pauline Dubreuille, responsable Produits chez Alkern.

 

Avec, à la clé, des valeurs incontournables : le ratio de transmission thermique linéique moyen global appelé Ratio Ψ des ponts thermiques du bâtiment qui ne doit pas excéder 0,28 W/(m2.K).

 

Le coefficient de transmission thermique linéique moyen des liaisons plancher intermédiaire/murs donnant sur l’extérieur ou sur un local non chauffé, Ψ 9, lui ne doit pas dépasser 0,60 W/(ml.K). Sachant que plus Ψ est grand, plus les pertes de chaleur à travers le pont thermique sont importantes.

 

Résultat : si le label BBC (Bâtiment basse consommation) a déjà instauré cette pratique dans la construction neuve, la RT 2012 va engendrer une véritable chasse aux ponts thermiques.

 

La solution idéale : recourir à l’isolation thermique par l’extérieur. «Mais en France, l’isolation par l’intérieur demeure pour l’instant privilégiée, il faut donc intégrer un isolant à tous points de l’enveloppe qui peuvent donner lieu à des déperditions de chaleur», rappelle Gérard Fouilloux, responsable marketing briques de Wienerberger.

 

Une pratique qui va renforcer de fait le partenariat entre entreprise et bureaux d’études thermiques afin de trouver, en amont, le système le plus adapté.

 

 

AVIS D'EXPERT

 

Christian Cardonnel,
de Cardonnel Ingénierie

 

« La construction sur vide sanitaire est à privilégier »

 

« En maison individuelle, la solution la plus pertinente pour traiter les ponts thermiques reste la construction sur vide sanitaire. Elle est à privilégier avec la technique du plancher à hourdis isolant, qui permet une isolation renforcée et le traitement thermique des abouts de rive et du refend de soutènement.

 

Cette solution est très performante et aussi très économique. La technique du plancher à hourdis qui reste traditionnelle permet de répondre facilement aux risques sismiques de la structure.

 

On arrive à traiter le pont thermique pour moins de 20 à 30 euros par mètre linéaire, un très bon résultat d’un point de vue de l’économie d’énergie avec une pertinence de moins de 50€HT/W/K.

 

L’autre intérêt du vide sanitaire c’est qu’il peut devenir un espace technique tempéré “thermogène : qui génère de la chaleur” pour assurer la source froide d’une micro-pompe à chaleur en y associant les récupérations de chaleur sur l’air vicié et les eaux grises.

 

Ainsi, des pertes de chaleur, on en fait un avantage et l’on peut assurer le confort thermique et l’eau chaude sanitaire de la maison. D’ailleurs, le plancher intermédiaire peut être réalisé comme le plancher bas, avec des hourdis traditionnels, en bois aggloméré ou produit de synthèse recyclé, et dans ce cas l’isolation en rive est similaire à celui du plancher bas.

 

De manière, générale, des ponts thermiques des dalles bien traités permettent de diviser par 3 la perte des liaisons et ainsi conserver une isolation thermique de l’enveloppe de la maison cohérente et uniforme pour aller vers le confort durable. »


 

Solution 1 : avec rupteur de pont thermique

 

 

1- Poutrelles ; 2- Entrevous ; 3 et 4- Rupteurs transversaux et longitudineaux ;
5- Traitement du pont thermique sur le refend

 

Les rupteurs de pont thermique popularisés en France depuis la RT 2005 permettent de traiter l’isolation thermique par l’intérieur, par l’extérieur ou répartie.

 

En assurant la continuité de l’isolation du bâtiment quand celle-ci est interrompue par les jonctions de structures et de balcons, les rupteurs de pont thermique reprennent aussi toutes les sollicitations de structure grâce aux armatures qui traversent le polystyrène.

 

Leur hauteur de 16 à 25 cm correspond à l’épaisseur de la dalle. Ils sont intégrés au gros-oeuvre, car mis en œuvre à la périphérie du plancher, à la jonction avec le mur, au droit de l’isolation intérieure. Ils sont ensuite solidarisés avec le plancher par le coulage de la dalle.

 

Recommandés en plancher intermédiaire, dans ce cas, des éléments isolants vont se substituer aux hourdis périphériques. Ainsi, le pont thermique plancher intermédiaire/mur extérieur sera au moins supprimé.

 

A noter, les nouvelles générations de rupteurs de ponts thermiques intègrent notamment le confort acoustique en plancher intermédiaire ou plancher haut sous combles. Reste que les procédés de mise en œuvre variant selon les fabricants, il est recommandé de se reporter à ­l’Avis technique des industriels et de respecter leur dimensionnement pour une mise en œuvre soignée.

 

Intérêt :

permet de traiter tous types d’isolation, en planchers bas, intermédiaire ou haut.

Limite :

léger surcoût, nécessite une mise en œuvre soignée, attention à leur utilisation en zone sismique.


 

Solution 2 : Solution globale pour plancher bas

 

 

Ces systèmes complet consistent à traiter prioritairement les ponts thermiques en périphérie et en sous face de plancher, avant d’améliorer la performance thermique de l’entrevous.

 

Objectif de ces systèmes complets et innovants de planchers bas en vide sanitaire : atteindre le niveau de performance de la RT 2012. Ces planchers bas sont ainsi des planchers à rupture de ponts thermiques aussi bien en périphérie qu’en sous face.

 

Selon les fabricants, ils comprennent au moins les poutrelles, entrevous, rupteurs transversaux et longitudinaux, et correcteurs de ponts thermiques permettant de réduire les déperditions au niveau des refends.

 

Pour traiter efficacement les liaisons verticales et horizontales tout en maintenant la solidité sur le plan mécanique, ces solutions se traduisent par des renforts d’ancrage sur les murs parallèles aux poutres. L’étanchéité au coulage est assurée grâce à des éléments emboîtés.

 

Ces solutions offrent aussi plus d’espace sous plancher : le passage des canalisations est facilité comme la réalisation de vides techniques, et l’accès au vide sanitaire.

 

Intérêt :

système global pour traiter les liaisons horizontales et verticales, adapté en zones sismiques.

Limite :

réservé au plancher bas et au construction sur vide sanitaire.


 

Solution 3 : Sans rupteur de pont thermique

 

 

Les planelles sont des solutions isolantes en about de dalle de plancher. Elles apportent une réponse dans le cas d’une isolation thermique par l’intérieur pour corriger les ponts thermiques avec des maçonneries performantes.

 

La plupart des planelles proposées réduisent les ponts thermiques au droit des planchers intermédiaires (hourdis terre cuite, dalle plein/pré-dalle, hourdis coffrant léger), mais également selon les solutions proposées par les industriels, en planchers bas (vide sanitaire avec hourdis isolant seul ou avec isolant sous chape, terre-plein avec dalle portée).

 

Elles sont déclinées en plusieurs hauteurs afin de trouver celle adaptée à la hauteur du plancher. Mais leurs principaux intérêts sont ailleurs. Tout d’abord, les planelles peuvent se substituer aux rupteurs de ponts thermiques avec brique de 20 cm en terre cuite, ou avec maçonnerie à isolation répartie.

 

Elles ne changent pas les habitudes de mise en œuvre des planchers, et leur chaînage périphérique. Elles présentent également un intérêt en zone sismique, lorsqu’il s’agit d’augmenter les sections de ferraillage.

 

Du coup, les risques au moment de la mise en œuvre sont moins importants qu’avec les rupteurs de pont thermique à la pose plus sophistiquée. A poser sur lit de mortier ou collé, selon les produits, les planelles sont une des réponses à la RT 2012 dont les caractéristiques permettent de s’affranchir de la mise en œuvre de rupteurs de ponts thermiques.

 

Intérêt :

adapté pour tous types de plancher, mise en œuvre plus plus simple qu’avec rupteurs de ponts thermiques.

Limite :

nécessite d’utiliser des planelles dont le matériau doit être de même nature que la maçonnerie qui doit être performante.

 

 

INFOS PRATIQUES

 

Pont thermique : rappel

 

 

Un pont thermique est une partie de l’enveloppe du bâtiment où la résistance thermique, par ailleurs uniforme, est modifiée de façon sensible par un absence ou une réduction locale l’isolation thermique.

 

Outre les déperditions de chaleur, les ponts thermiques peuvent entraîner un risque de condensation de vapeur d’eau en hiver, du côté intérieur. Les déperditions de chaleur dues aux ponts thermiques linéaires sont quantifiées par un coefficient linéique Ψ, exprimé en Watt par mètre et par Kelvin (W/(m.K)).

 

En plus des ponts thermiques des liaisons, ils peuvent être intégrés, c’est-à-dire au niveau de la surface d’une paroi à chaque interruption ou dégradation de l’isolation thermique. L’impact de ces derniers doit être pris en compte dans le calcul de la résistance thermique R ou du coefficient de transmission thermique U.

 

 

Source : batirama.com / Stéphanie Lacaze-Haertelmeyer

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