Accélération du nucléaire : les députés suppriment le plafond limitant la production

Centrale Nucléaire

Les députés ont adopté un article du projet de loi d'accélération du nucléaire qui supprime l'objectif de limitation à 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique français pour 2035 et son plafond de production.




Introduit par le Sénat, l'article a été adopté par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale ce jeudi 2 mars. Il doit permettre d'accélérer la reprise du nucléaire en supprimant les limitations prévues par la loi en 2015 sous la présidence de François Hollande.

 

Ne plus avoir honte du nucléaire

 

La députée Maud Brégeon, rapporteure du texte, a déclaré : "Il est temps de ne pas avoir le nucléaire honteux". L'article en question a été examiné depuis mercredi par les députés de la commission. Maud Brégeon a plaidé pour un texte qui doit permettre "d'atteindre la neutralité carbone" et une meilleure souveraineté énergétique. "La filière nucléaire a besoin de signal fort pour pouvoir être relancée", a-t-elle insisté.

 

Le projet de loi doit permettre de favoriser la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, notamment via la simplification des procédures administratives. Il se limite à des installations nouvelles situées soit sur des sites nucléaires déjà existants, soit à proximité. La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué que ce texte doit permettre "de ne pas ajouter un délai de deux à trois années à la construction d'un réacteur".

 

Les deux prochains réacteurs doivent être implantés à Penly (76). Deux autres doivent suivre à Gravelines (59), selon EDF.

 

Un projet de loi de programmation énergétique attendu pour le mois de juin

 

Le Gouvernement a choisi de débattre de ce texte avant de fixer de nouveaux objectifs à atteindre pour chaque énergie, dans un projet de loi de programmation plus politique, attendu au mieux en juin. Les oppositions n'ont pas manqué de reprocher ce calendrier au gouvernement, l'accusant de légiférer dans le désordre.

 

Les écologistes déplorent que ce texte technique soit devenu "programmatique", puisqu'il supprime à la fois le plafond de 50% maximum de la part de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique francais, ainsi que le plafond de 63,2 gigawatts de capacité totale de production nucléaire autorisée.

 

Le gouvernement a choisi de ne pas s'opposer à la suppression de ces plafonds. "Ce n'est pas une loi programmatique, nous souhaitons qu'il n'y ait ni plancher ni plafond", a fait valoir Mme Pannier-Runacher devant les députés.

 

La France tire aujourd'hui du nucléaire environ 70% de son électricité. En 2015, la fermeture de 14 de ses 58 réacteurs avait été décidée, jusqu'au revirement annoncé en 2022 par le président Emmanuel Macron.




Source : batirama.com & AFP / Photo © Image par Markus Distelrath de Pixabay

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