La "Salle de bain académie" de l’Afisb vise la montée en compétence de la filière

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Président d’Idéobain et de l'Afisb (Association Française des Industriels de la Salle de Bain) depuis 2017, Yves Daniélou a répondu à nos questions sur ce qu'Idéobain 2022 nous réserve.

Aider vos clients à reprendre le contrôle de leurs consommations


Quels ont été les moments forts qui vous ont marqué aux précédentes éditions ?

 


Yves Daniélou : Pour nous les industriels, c’est toujours un moment convivial et chaleureux de rencontrer non seulement nos clients directs, les distributeurs, mais aussi les installateurs, les architectes, les bureaux d’études, les maîtres d’ouvrage… toutes les autres populations de notre monde professionnel. Au fur et à mesure des éditions, nous nous sommes concentrés davantage sur le produit, sa mise en oeuvre. Cette année nous souhaitons parler de technique et de formation à nos interlocuteurs.

 

 

Quelles sont vos interrogations sur votre secteur en ce moment ?

 


Y.D : 2022 est une année mitigée. Le premier semestre était plutôt bon, mais le deuxième l’est moins. La demande commence à baisser. Les niveaux de stock des grossistes sont élevés. Les artisans continuent à avoir du travail, mais on ne sait pas si ça va durer. De plus le secteur souffre d’une accumulation de nouvelles règlementations. Tout arrive en même temps : les emballages, la REP bâtiment – une des plus importantes au monde sachant que la France est la première à la mettre en place, les FDES qui vont devenir quasiment obligatoires…


Le zéro ressaut* est très compliqué. On y travaille actuellement avec les professionnels de toute la France, car l’arrêté est paru avant qu’on y voie clair. Les chantiers sont concernés depuis le 1er janvier 2021 et tout n’est pas encore réglé…. On sent un paradoxe entre des décisions qui sont prises d’un côté avec une avalanche de normes, de principes de construction – qui ne peuvent se faire sans augmenter les coûts – et d’un autre côté, la préoccupation du Gouvernement sur le pouvoir d’achat des Français, l’accessibilité au logement… Il serait bon de revenir à des principes plus réalistes.

 

 

Quelle est votre plus grande attente pour cette édition ?

 


Y.D. : Enfin de nous retrouver. On attend avec impatience de retrouver notre salon à Paris intramuros. On est convaincu que ça va drainer une nouvelle clientèle, un visitorat plus large. Pour cette édition, nous souhaitons axer ce salon autour de la problématique de la montée en compétence de la filière. Nous, les industriels, avons pour vocation d’innover, de développer de nouveaux produits et techniques. Or pour les porter, il faut que la filière se les approprie.

 

Sur le salon on va mettre le paquet sur le zéro ressaut, qui nécessite une technique sophistiquée, notamment en ce qui concerne l’étanchéité autour des receveurs finis qui vont être encastrés dans le sol. Sa mise en oeuvre ne supporte pas l’à peu près. Sur le zéro ressaut, il est très important d’être pointus. Il y aura des démonstrations pour les installateurs sur notre stand, « Salle de bain académie » de l’Afisb. Même en l’absence du zéro ressaut, l’espace douche avait des problèmes d’étanchéité, voire d’acoustique. Avec le zéro ressaut, c’est l’occasion, soit sur les stands, soit sur le programme de conférences, de faire monter l’artisanat en compétence. La montée en compétence est indispensable en artisanat. En France, on ne valorise pas assez les métiers de l’artisanat et du bâtiment en général. Il y a des vrais savoirfaire et la salle de bain n’y échappe pas.

 


Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui ne serait présent au salon que peu de temps ?

 

Y.D : Quand on a peu de temps, il faut se concentrer sur quelques thématiques. Le zéro ressaut en fait partie. Et nous allons aussi mettre en avant de nouvelles formations, notamment au niveau de la vente. La cuisine est un meilleur élève que nous en termes de communication avec le consommateur. La salle de bain a un peu de retard. Nos distributeurs commencent à
comprendre qu’ils doivent former des concepteurs-vendeurs de salle de bain à l’image de ce qui se fait en cuisine mais aussi en aménagement intérieur (organisation des chambres, dressings, etc). Il faut que la salle de bain y participe. Notre rôle c’est de le promouvoir, de l’encourager. Leur faire comprendre que cela est indispensable. La salle de bain est plus complexe que la cuisine : on peut avoir jusqu’à deux ou trois interlocuteurs, ce qui est compliqué pour le parcours client. Pour une douche zéro ressaut, s’il faut faire intervenir un carreleur et un installateur, c’est compliqué. Mais certains carreleurs sont capables de faire aussi l’installation, tout comme certains installateurs sont capable de faire le carrelage, ce qui simplifie les choses pour le client. Mais il y a des freins à ce développement ; certains professionnels préfèrent le statut quo.

 

Les visiteurs trouveront de l’information sur le forum, et ceux qui ont des questions pourront nous rendre visite sur le stand Afisb. On veut susciter le débat, c’est pourquoi notre stand sera intitulé "Salle de bain académie" par l’Afisb.

 


*Zéro ressaut : douche à l’italienne qui permet une meilleure accessibilité, notamment aux personnes à mobilité réduite. Les douches à zéro ressaut sont devenues obligatoires dans le neuf suite à une nouvelle réglementation.

 



Source : batirama.com / propos recueillis par Emilie Wood

L'auteur de cet article

photo auteur Emilie Wood
Après avoir travaillé en tant que photographe indépendante, Emilie Wood s’est lancée il y a 10 ans dans le journalisme, où elle a exploré la presse quotidienne régionale et la presse professionnelle, dans les domaines de l’agriculture et du BTP. Elle s’intéresse à toutes les démarches innovantes, notamment lorsqu’elles permettent d’avancer vers un monde plus vertueux. Elle aime aussi révéler celles et ceux qui, chacun à leur manière, “font la différence”, qu’ils soient entrepreneurs ou collaborateurs d’entreprise. Depuis début 2022, au sein de la rédaction de Batirama, elle fait en sorte de sélectionner pour les professionnels du BTP l’actualité qui les concerne, et de leur proposer des articles sur le Web, des newsletters et des numéros-papier au plus près de leurs besoins et de leurs centres d’intérêt.

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