Pour les extensions de bâtiments, le bois et le métal emportent la mise

Pour les extensions de bâtiments, le bois et le métal emportent la mise

Le classique agrandissement de bâtiment en brique, parpaings ou béton a vécu. Place aux structures plus légères, en métal ou en bois pour réaliser extensions et surélévations.



Le florissant marché des extensions propose des solutions séduisantes de configurateurs en ligne, de réseaux d’artisans et de constructeurs spécialisés qui apportent des solutions clés en main. Photo ©Blokiwood

 

 

Etant donné leur degré de performance et d’équipement de plus en plus élevé, les vérandas peuvent être considérées comme des extensions de maisons individuelles, dans la mesure où elles deviennent une pièce de vie à part entière tout au long de l’année. Le boum des vérandas ces dernières années prouve le désir de gagner en confort, par le biais d’un gain de surface habitable et de lumière naturelle dans les maisons, avec l’impression de “dedans-dehors” et les larges surfaces vitrées qui les caractérisent (le verre, très présent, se fait de plus en plus technique pour garantir le confort des occupants hiver comme été).

 

L’extension, qu’elle soit horizontale ou verticale, est souvent aussi l’occasion de renforcer l’isolation et de réagencer les pièces de vie, en modernisant les usages et l’esthétique de la maison.

 

 

Des structures légères et vite montées

 

 

Côté structure, le métal (acier léger ou alu) et le bois (notamment les panneaux d’OSB et les treillis de bois collé) se disputent les faveurs des maîtres d’ouvrage. Légers, adaptés à de multiples architectures, acceptant diverses formes de toiture et de revêtements extérieurs, ces systèmes se marient avec l’existant en reprenant l’architecture originelle, ou au contraire signent une totale rupture, comme le font les extensions à toit plat, parfois végétalisé ou accueillant des panneaux photovoltaïques, qui allient modernité, simplicité constructive et prix moins élevé qu’une toiture à pentes. Ils présentent l’un et l’autre des atouts de robustesse, de performance et de simplicité de mise en œuvre.

 

 

La préfabrication, reine de l’extension

 

 

Les panneaux préfabriqués, apparus dans les années 90, ont su remporter les suffrages des maîtres d’ouvrage avec le développement d’une préfabrication industrielle liée à la digitalisation des outils. Divers fabricants proposent des panneaux à base de bois de grandes dimensions (limitées par la longueur des plateaux des camions) intégrant les isolants, les films pare-pluie et pare-vapeur, les menuiseries extérieures et tout ou partie du bardage. Ce tout-en-un permet une mise en œuvre simple et rapide (les kits sont livrés avec tous les éléments nécessaires au montage : lisses basses, quincaillerie, joints d’étanchéité, etc.). Le clos-couvert est rapidement obtenu, limitant ainsi les risques liés aux intempéries.

 

Les chantiers, en filière sèche, sont devenus moins pénibles, plus propres et peu impactants, autant pour les habitants qui peuvent rester dans leur logement, que pour le voisinage.

 

La préfabrication présente aussi des avantages du point de vue de l’impact environnemental (empreinte carbone et déchets réduits), de la fiabilité des performances thermiques (ponts thermiques limités), acoustiques, de la stabilité dimensionnelle et de la durabilité des systèmes.

 

Les solutions d’ossatures métalliques légères, largement répandues à travers le monde, sont une alternative proposée en France, avec un projet géré de A à Z et des panneaux livrés préassemblés. En bois comme en métal, la préfabrication permet de répondre à des contextes compliqués (accessibilité du chantier, reprise de charge sans toucher aux fondations, sols à faible portance, etc.).

 

En interface avec des bâtiments anciens, travailler en mixité présente parfois un intérêt : une reprise des portées avec du métal permet des économies d’encombrement en épaisseur. Et en superstructure, utiliser du bois présente l’avantage de limiter fortement les ponts thermiques.

 

 

Avantage au bois

 

 

Du point de vue du confort, les systèmes constructifs en bois, généralement perméables à la vapeur d’eau, sont des régulateurs d’hygrométrie qui confèrent une ambiance inégalable. De plus, ils sont généralement un peu plus légers que les systèmes métalliques et se comportent mieux au feu (chaleur transmise dix fois moins vite, consumation lente, conservation des capacités mécaniques et de portance plus longue).

 

De plus en plus choisi par nombre de maîtres d’ouvrage pour des raisons écologiques, le bois, matériau naturel et renouvelable, est utilisé dans des procédés constructifs en phase avec les enjeux planétaires (séquestration de carbone). Il est d’ailleurs souvent associé à d’autres matériaux biosourcés (paille, chanvre, fibre de bois, ouate de cellulose), l’ensemble répondant aux exigences réglementaires actuelles et aux labels de qualité environnementale.

 

 

 

Un avenir dégagé pour les extensions en bois

 

 

Selon les chiffres de la dernière étude de France Bois Forêt pour la période 2018-2020, dans un marché qui s’est restreint (crise du Covid oblige), la construction bois gagne des parts sur le marché des extensions-surélévations. Elle représente 30,5 % des extensions-surélévations en 2020, avec 10 340 unités, et n’a chuté que de 5 % par rapport à 2018, alors que la baisse du nombre total d’extensions-surélévations est de 14 %. 

 

Dans ce contexte de baisse globale, pour la même période, les extensions bois ont augmenté de 11 % en Ile de France, de 8 % en Bretagne et de 5 % dans les Pays de la Loire (la façade Ouest totalise à elle seule 42 % des réalisations d’extensions en 2020).

 

Notons par ailleurs que 14 % des projets franciliens de construction bois identifiés sont des projets d’extension ou de surélévation (7 % de la surface de plancher bois livrée en 2021).

 

Serge Le Nevé, adjoint à la direction du pôle IB&C de FCBA* indique : « Ces dernières années ont vu se développer fortement la surélévation dans le bâtiment collectif, en milieu urbain dense, et l’extension horizontale ou verticale dans la maison individuelle. Les acteurs se distribuent à peu près de la même façon sur ce segment que sur la construction neuve : en maison individuelle, des entreprises se positionnent en direct auprès du particulier en maison individuelle ; elles doivent maîtriser les aspects « structure et solidité » pour prétendre à générer des ouvrages de bonne facture. Tandis que ce sont les maîtres d’œuvre qui gèrent le bâtiment collectif. Le récent redémarrage de l’activité, tant en neuf qu’en réhabilitation, a certainement profité au bois, dont la force réside dans l’industrialisation et la préfabrication. L’enjeu est de massifier cette approche, avec de nombreux offreurs partout sur le territoire. C’est notamment à la portée d’entreprises de taille moyenne (de 20 à 50 personnes) voire petite, qui peuvent, par le biais de cette préfabrication, avoir une puissance de feu importante, autant dans le domaine de la maison individuelle que dans le petit collectif. »

 

* Pôle Industrie Bois & Construction de l’Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-Construction Ameublement.

 

 

La préfabrication en usine garantit les caractéristiques des panneaux, ici à base de bois, et simplifie grandement la construction. Photo © Techniwood

 

 

Formalités et normes réglementaires

 

 

Outre le respect des règles d’urbanisme prévues par le Plan Local d’Urbanisme de la commune et l’autorisation des Architectes des Bâtiments de France, pour les sites en secteur sauvegardé ou protégé, une extension doit faire l’objet d’une déclaration préalable de travaux auprès des services municipaux, pour une surface inférieure à 20 m² (40 m² en secteur urbain).

 

Si après les travaux, la surface habitable du logement dépasse 150 m², le dépôt d’un permis de construire est nécessaire.

 

Les travaux d’extension d’une maison seront assujettis à la RE 2020 à partir du janvier 2023. D’ici-là, la réglementation s’applique différemment selon la surface de l’extension.

 

Une surface thermique inférieure à 50 m² est soumise aux exigences de moyen de la réglementation thermique des bâtiments existants par élément.

 

Entre 50 m² et 100 m², elle est soumise au calcul du Bbio, avec respect des 1/6ème minimum de surface vitrée, un système de régulation tous les 100 m², 30% de surface ouvrable sur les fenêtres donnant sur des pièces de vie.

 

Enfin, si l’extension correspond à une surface SRT supérieure à 100 m², des exigences supplémentaires s’appliquent : obligation d’une énergie renouvelable et calcul du Cep.

 

Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson

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