Isolants biosourcés, des produits pour tous les usages

Isolants  biosourcés, des produits pour tous les usages

Du sol au plafond, les isolants biosourcés s’appliquent à l’intérieur du bâtiment comme sur ses façades extérieures. Si les tendances produits évoluent peu, les capacités de production augmentent.



Les isolants biosourcés incorporent majoritairement une matière première d’origine végétale ou animale, ici du chanvre. La plupart contiennent aussi une faible part d’adjuvants synthétiques. Photo © EJH

 

 

Qu’ils soient issus de fibres recyclées (ouate de cellulose de papier, de carton ; laine de coton textile), de produits agricoles (essentiellement chanvre, lin, balle de riz ou de céréales), ou sylvicoles (copeaux de bois), les isolant biosourcés proviennent de ressources renouvelables et gérées durablement. Les produits d’origine animale comme la laine de mouton ou les plumes de canard n’ont pas perduré face aux atouts des fibres végétales.

 

A l’heure où le dérèglement climatique est une préoccupation majeure, l’avantage numéro un de ces dernières est le stockage du CO2 atmosphérique. Par ailleurs, leur production est généralement beaucoup moins énergivore que celle des isolants traditionnels et elle est locale (ressource proche des sites de transformation et peu éloignés des sites de mise en oeuvre).De plus, les isolants biosourcés se réutilisent, se recyclent ou se compostent en fin de vie. Leur cycle de vie à faible empreinte carbone est donc un bel avantage, qui est valorisé dans les calculs de la réglementation environnementale RE 2020 (suivant le principe de l’analyse du cycle de vie dynamique).

 

Côté performances thermiques, plusieurs de ces isolants atteignent un λ 36 (meilleur que beaucoup de concurrents conventionnels).

 

Généralement dotés d’une bonne inertie, ils assurent en outre un confort d’été de plus en plus recherché.

 

Bons régulateurs hygrothermiques, ils ont aussi le pouvoir de maintenir naturellement une ambiance agréable tout en protégeant les matériaux sensibles à l’humidité ; un concept de "paroi respirante" notamment développé dans les maisons à ossature bois (certains assurent aussi la fonction de pare-pluie).

 

Enfin, la plupart améliorent notablement l’acoustique des bâtiments et ont une tenue au feu appréciable.

 

 

Les tendances produits

 

 

Qu’elle soit sous forme de panneaux plus ou moins rigides, de rouleaux souples ou de vrac, l’offre est désormais pléthorique pour s’adapter à tous les cas d’isolation de l’enveloppe du bâtiment, aussi bien par l’extérieur que par l’intérieur (quelques solutions complètes isolant-plaque de parement ont aussi été développées).

 

Les plus employés, en vrac ou sous forme de panneaux, restent la ouate de cellulose, notamment en isolation de combles, et la fibre de bois, particulièrement indiquée en toiture car très performante en matière de protection contre la chaleur.

 

Chanvre et lin, à croissance rapide et culture peu impactante, montent en puissance. Ils sont parfois mélangés à d’autres fibres pour allier les caractéristiques de chacune et augmenter le confort thermique été/hiver, les performances acoustiques naturelles, le confort de pose, etc. (par exemple, le Biofib Trio de Biofib – voir page produits - ou le ThermaSoft natura de Knauf, en coton et jute recyclés et lin).

 

Si certains produits sont étudiés pour une application spécifique (comme un caisson de toiture isolant, ou une paroi préfabriquée), on trouve souvent un seul et même produit pour plusieurs applications d’isolation intérieure, décliné en de multiples épaisseurs (de 40 à plus de 200 mm), de façon à obtenir la résistance thermique recherchée en une seule couche ou en deux couches croisées.

 

Nombre d’accessoires et produits de pose ont par ailleurs été développés pour optimiser les performances.

 

 

Isolation répartie : la préfabrication se développe

 

 

Yves Hustache, expert des matériaux biosourcés chez Karibati, signale une tendance à la préfabrication dans la filière paille : redimensionnement des bottes à des formats "mur" et développement de modules constructifs bois-remplissage de paille hachée, servant à la fois d’ossature et d’isolant pour des murs, des cloisons ou des planchers haut ou bas (procédé Activ Home notamment).

 

Une tendance qui se rencontre aussi pour le mélange chaux-chanvre, sous forme de blocs (Biosys, Isohemp) ou de modules de grandes dimensions (mur Wall Up Préfa).

 

 

Un marché toujours plus dynamique

 

 

Issus de matières premières abondantes, renouvelables et locales, approvisionnés par des chaînes logistiques courtes, les isolants biosourcés sont une réponse pérenne face aux pénuries apparues ces derniers mois pour de nombreux matériaux et à l’épuisement annoncé des ressources dans la construction.

 

 

Une filière industrielle mature

 

 

Avec au moins 10 % du marché des isolants et un taux de croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, les isolants biosourcés ne sont plus un marché de niche. Les industriels investissent pour augmenter leur capacité de production et répondre à la demande actuelle et future. 27 millions de m² ont été mis en œuvre en 2020 et les chiffres de 2021 devraient prochainement confirmer cette tendance prometteuse, d’après l’Association des Industriels de la Construction Biosourcée, qui regroupe la plupart des fabricants d’isolants biosourcés (l’AICB est membre de l’Union des Industriels et Constructeurs Bois - UICB).

 

 

Du côté des réglementations

 

 

Les isolants biosourcés sont définis conformément à la norme NF EN 16575 de 2014 sur les produits biosourcés. Ils sont certifiés par l’Acermi (Association pour la certification des matériaux isolants), qui délivre un label "Bâtiment biosourcé". Pour être éligibles à ce label, ainsi que pour prétendre au label "Produit biosourcé", ils doivent disposer d’une fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) (arrêté du 19/12/2012). FDES qui est de toute façon devenue incontournable avec l’entrée en vigueur de la RE 2020 le 1er janvier 2022.

 

 

L’effet RE 2020

 

 

L’industrialisation des isolants biosourcés avait commencé avec la RT 2012. La RE 2020* lui a donné un nouveau coup de fouet en favorisant l’emploi de matériaux biosourcés et les fabricants affichent des taux de croissance à deux chiffres. Entre 2016 et 2020, 130 millions de m² de produits ont été mis en œuvre dans les bâtiments. Soit une hausse en volume de plus de 87 % et une augmentation de plus de 58 % du chiffre d'affaires en cinq ans**.

 

Isolation par l'extérieur © Gutex-Vincent Garcin

 

Les isolants biosourcés ont aussi bénéficié de la dynamisation de l’isolation thermique par l’extérieur, liée à la mise en application du décret sur l’embarquement de la performance énergétique en rénovation (1er janvier 2017) par les copropriétés, qui leur a permis d’intégrer des travaux d’isolation.

 

 

L’engouement pour le biosourcé

 

 

Les isolants biosourcés bénéficient de l’intérêt grandissant des porteurs de projet pour les constructions réalisées avec des produits ayant un faible impact sur l’environnement, telles que les constructions en bois.

 

Avisés, de nombreux fabricants d’isolants conventionnels ont depuis des années une part d’activité en biosourcé, avec des produits entièrement biosourcés ou mixtes.

 

Certains se lancent même dans la fabrication de produits traditionnels à base d’huiles végétales : Hirsch Isolation (anciennement activité isolation de Placo) commercialise depuis 2020, pour l’ITE sous enduit de la façade, le premier isolant PSE à faible impact carbone qui répond au label E+C- et à la RE 2020 (le Cellomur Ultra ECA a une empreinte carbone réduite de 60 % et son λ de 0,031 W/m.K permet d’utiliser une épaisseur plus faible que les PSE classiques pour une résistance thermique équivalente).

 

*qui a pour objectif de généraliser la construction de bâtiments à énergie passive, voire positive (BEPOS) afin d’atteindre une neutralité carbone des constructions.

** chiffres de l’AICB.

 

© Gutex / Le confort de pose des isolants biosourcés (générant peu de poussière et non irritants), leur facilité de mise en œuvre (légèreté, découpe aisée) et le caractère sain des composants pour les poseurs et les utilisateurs (pas ou peu de COV émis) sont mis en avant.

 

Pour aller plus loin : un guide pour choisir la solution adaptée

 

 

Le fabricant allemand édite une brochure pour faciliter le choix des solutions d’isolation à base de fibres de bois ad hoc dans le cadre d’un projet de rénovation ou de construction ; ou comment utiliser de manière optimale les isolants de la très large gamme Gutex.

 

Téléchargeable gratuitement ou commandable en format papier sur www.gutex.fr (pour chaque application des schémas détaillés et des données sur la physique du bâtiment, les calculs de changement de phase, les valeurs d'isolation acoustique et les valeurs de U avec différentes épaisseurs d'isolant).


 

Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson

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