Un immeuble de bureaux en structure poteaux-poutres en bois lamellé-collé en plein Paris

Un immeuble de bureaux en structure poteaux-poutres en bois lamellé-collé en plein Paris

Construit en moins de deux ans, en minimisant les nuisances de chantier, le siège de RATP Habitat constitue un modèle de bureaux contemporains, énergétiquement efficace et à empreinte carbone réduite.




Le nouveau siège de la RATP Habitat a été construit sur une parcelle très contrainte au 158 de la rue de Bagnolet dans le XXème arrondissement de Paris. Pour y accéder, il faut passer sous le porche d’un immeuble d’habitation donnant directement sur la rue de Bagnolet.

 

Les concepteurs, l’agence d’architecture et d’architecture intérieure Atelier du Pont, créée en 1997, a gagné le concours de démolition/reconstruction en 2017. Le nouveau bâtiment a été livré après 2 ans de chantier, y compris la démolition de l’existant.

 

 

Remplacer un siège devenu inadapté

 

 

Le siège de RATP Habitat, le bailleur social de la RATP, était au même endroit, dans un bâtiment en béton devenu désuet, situé sur une parcelle de 40 x 50 m et un grand parking souterrain sur toute la surface de la parcelle. Ses équipes étaient dispersées sur plusieurs sites. Le bailleur souhaitait les regrouper et disposer de nouveaux bureaux qui permettraient un meilleur échange entre les équipes.

 

Mais voilà, le seul accès possible à cette parcelle était en passant sous le porche de l’immeuble devant. La démolition du bâtiment existant a été un exercice de grignotage de manière à ce que les débris puissent être évacués par de petits camions.

 

Pour la construction, il était impossible de faire passer des toupies à béton sous ce porche, sauf à en descendre le sol de presque un mètre. Ce qui condamnait plusieurs caves qui se trouvent directement sous le porche.

 

 

Une structure poteaux-poutres en lamellé-collé

 

 

Les concepteurs ont donc opté pour une structure poteaux-poutres en bois lamellé collé, installés selon une trame de 5 m à 5,5 m et directement posés sur les poteaux béton du parking en dessous. Ces poutres et poteaux passaient sous le porche sans difficultés. ©PP

 

 

Sur cette structure ont été posées des prédalles en béton, connectées sur les poutres bois et acheminées grâce à un accord avec la maison de retraite située à l’arrière de la parcelle. Celle-ci a autorisé un accès, temporaire et non-destructif, à son parking immédiatement adjacent au site de construction du nouveau bâtiment. Voici le site après démolition. ©Google Maps

 

 

La façade du nouveau bâtiment est un mur-rideau en triple vitrage Schüco avec occultations intégrées. Les éléments préfabriqués de cette façade sont également passés sous le porche. ©PP

 

 

Un patio ouvert apporte la lumière du jour au centre du bâtiment. Il est équipé de parties fixes et d’ouvrants triple vitrage. ©PP

 

 

 

 

Plusieurs puits de lumière fermés, au-dessus des escaliers et au centre du bâtiment dans l’atrium, complètent l’apport de lumière du jour. Les escaliers sont en bois à limon porteur et non-encloisonnés. ©PP

 

 

 

 

Un noyau de services – sanitaires, reprographie, stockage, …  est aménagé au nord de chacun des deux plateaux, de manière à libérer le reste des espaces de travail. ©PP

 

 

Le dernier plancher se trouve à moins de 8 m du sol. Ce qui a permis d’éviter les contraintes les plus sévères de la réglementation incendie. Si le dernier plancher avait dépassé 8 m, la réglementation incendie aurait exigé l’accès au pied du bâtiment de camions de pompiers : ils ne passent pas sous le fameux porche.

 

Une partie des poteaux du parking, sur lesquels repose la structure du nouveau bâtiment, a été renforcée : creusement autour des poteaux, coulage d’une semelle, pose de trois micro-pieux autour des poteaux existants.

 

 

Une mission d’aménagement intérieur

 

 

A l’intérieur, la structure en poteaux-poutres lamellé-collé en épicéa donne de larges plateaux. Ce qui permet de ne pas choisir de manière irréversible entre des bureaux fermés ou des open-spaces. ©PP

 

 

RATP Habitat a également confié à l’Atelier du Pont – Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier - une mission d’aménagement intérieur. Le bailleur est en effet engagé dans une vraie démarche RSE et a souhaité permettre aux 85 personnes qui travaillent dans ce bâtiment de changer facilement d’emplacement de travail. ©PP

 

 

Il ne s’agit pas d’une organisation en flex-office : chacun dispose d’un bureau. Mais, des espaces sont aménagés dans le bâtiment pour que les salariés puissent se regrouper, s’isoler, etc. L’Atelier du Pont a mené une étroite concertation avec les équipes de RATP Habitat pour décider de la répartition des espaces.

 

 

3 100 € HT/m² de coût de construction

 

 

Le bâtiment de 3000 m² - 2000 m² sont occupés par RATP Habitat, 1000 m² en cours d’aménagement accueilleront la fondation de la puériculture – est classé E2C1 dans le label E+C-. Il atteint également le niveau BREEAMVery Good, le niveau HQE Bâtiment Durable Excellent, le niveau RT2012 – 20% et il est conforme au Plan Climat Paris.

 

Il a été construit par Eiffage Construction Bois pour un coût de démolition-construction hors honoraires de 9,1 millions d’euros, soit 3 100 € HT/m². En ajoutant le mobilier et l’aménagement intérieur, le coût atteint 9,3 millions d’euros.

 

 

Le bâtiment est équipé d’une ventilation double flux à récupération de chaleur. La régulation du débit de soufflage est obtenue par des registres motorisés dans les veines de soufflage. ©PP

 

 

Le chauffage et le rafraîchissement sont assurés par des plafonds chauffant-rafraîchissant, alimentés par deux pompes à chaleur Climaveneta, installées en terrasse. ©PP

 

 

 

 

Une série de jardins sur les toits du bâtiment permettent de déjeuner et de travailler en plein air, en plein Paris. Les trois niveaux de terrasses sont reliés entre eux par de larges escaliers qui offrent aussi une circulation entre les étages du bâtiment, sans passer par l’intérieur. ©PP

 

 

 

 

Les terrasses sont plantées en pleine terre et parsemées de massifs portant arbres, herbe et fleurs. ©PP

 

 



Source : batirama.com / Pascal Poggi

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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