Digital : les nouveaux outils à diffuser auprès de tous les entrepreneurs

Digital : les nouveaux outils à diffuser auprès de tous les entrepreneurs

C’est le carrefour de la numérisation des activités du bâtiment : le BIM, Building Information Modeling. A côté, d’autres outils innovants facilitent la gestion des chantiers.



Légende : Le CSTB dispose, à Paris et à Sophia-Antipolis, de salles immersives grâce auxquelles les partenaires d’un projet peuvent faire évoluer la conception d’un bâtiment.

 

Pris à bras-le-corps par les majors de la construction dès son apparition il y a une dizaine d’années, le Bim fait désormais partie des moyens à la portée de tous les entrepreneurs.

 

Les développeurs d’applications proposent depuis plusieurs années des outils ergonomiques de lectures de plans sur tablettes et smartphones ; des structures de formation proposent un éventail d’initiation aux différents outils aux artisans. Ce nouvel outil technique sera-t-il boosté par l’entrée en application du carnet d’information du logement qui s’appliquera dès 2022 ?

 

Comment exploiter les outils du quotidien

 

Par ailleurs, l’utilisation de l’outil informatique sur chantier est devenue profitable. Associés à l’intelligence artificielle appliquée au traitement des données et à la communication, ordinateurs, tablettes et portables vont participer au changement profond des méthodes de travail pour la production de bâtiments.

 

L’enjeu est de réduire les délais et de maîtriser les coûts tout en améliorant la qualité et la traçabilité des constructions. Construction ou rénovation, les besoins de production pour les années à venir sont considérables.

 

Pris entre le poids des normes de toutes sortes et les contraintes financières, le bâtiment commence à se doter des moyens précis pour définir les moyens en phase avec les objectifs des donneurs d’ordre. Exemples.

 

 

             

Exemple 1 : BIM + Blockchain : des contrats pour gérer effacement les immeubles

 

Le BIM 7D, plus haut niveau de maquette numérique, tient compte de l’ouvrage sur tout son cycle de vie. Le stockage de données et de la transmission d’information sont les facteurs clés.

 

Les professionnels du bâtiment connaissent les définitions des niveaux d’exploitation du BIM. Le 3D traite de la présentation en trois dimensions ; le 4D rajoute le planning ; le 5D, l’analyse des coûts ; le 6D, la consommation énergétique ; et le 7D, la gestion globale sur le cycle de vie complet de l’ouvrage.

 

Rarement exigé, ce niveau maximal de gestion des projets commence à être demandé par les propriétaires pour maîtriser les ambitions environnementales et valoriser les biens. Pour y parvenir, les concepteurs associent la gestion BIM avec l’exploitation de la « blockchain », c’est-à-dire des moyens pour enregistrer et transmettre les informations sur la vie d’un patrimoine immobilier (confort, consommations...).

 

L’application d’une telle infrastructure de gestion de données à la démarche BIM motive les principaux fournisseurs de solutions, Autodesk ou Trimble… Mais cette demande repose sur des réponses autant juridiques que techniques. En clair : quelles données placer sur le réseau pour leur exploitation ?

 

Comment assurer la confidentialité et traiter la cybersécurité ? Les spécialistes appelés indiquent que seule la rédaction de contrats sur ces échanges régleront la marche de cette gestion quotidienne et optimale des bâtiments.

 

 

L’application du BIM à la maintenance et l’exploitation du bâtiment repose à la fois sur des moyens techniques pour alimenter les bases de données et sur la rédaction de contrat clarifiant l’exploitation des informations.

  

 

             

  

Exemple 2 : Le BIM en open source : quelques outils disponibles

 

Inutile de souscrire à la licence par abonnement proposée par les grands développeurs pour lire des fichiers BIM. Des alternatives gratuites sont disponibles… pour les passionnés du code.

 

Dès son apparition, les solutions BIM ont été critiquées pour le montant des investissements à débourser. Cependant, existe-t-il des solutions open source alternative ? La solution extrême consisterait à produire ses propres outils. C’est possible avec le paquet de logiciels xBim dont le code gratuit et open source est disponible sur la bibliothèque de diffusion GitHub (https://github.com/xBimTeam).

 

Autre solution disponible sur GitHub et qui dispose d’une antériorité de plus de dix ans : BIMserver (https://github.com/opensourceBIM/BIMserver). Toutes deux permettent de créer ses propres outils au standard IFC.

 

Plus immédiatement exploitable, une solution initialement gratuite comme Edificus a évolué vers une version payante, mais d’un coût d’abonnement abordable. A noter l’intérêt porté par les développeurs des outils graphiques pour ce sujet.

 

Blender, puissante application gratuite et opensource de renommée mondiale auprès des créateurs d’animations 3D est adaptable avec l’add-on spécifique BlenderBIM. Ce qui permet de créer et lire des plans très sophistiqués (https://www.blender.org et https://www.youtube.com/watch?v=CPGFC566Lmc).

 

 

Photo BlenderBIM : Un outil graphique 3D puissant tel que Blender adopte un add-on au standard IFC et permet de créer et lire des fichiers BIM.

  

 

             

   

Exemple 3 : Saqara simplifie l’analyse des appels d’offres

 

La société lancée en 2017 aide à traiter intelligemment les échanges de documents sur les chantiers. Elle développe les collaborations et vise l’international.

 

Mieux s’organiser, mieux acheter et gagner du temps. Telle serait la devise de Saqara, nouveau nom, depuis septembre dernier, de l’entreprise AOS fondée par Thomas Cassous et Alexandre Brochot en 2017. AOS, désormais département de gestion des appels d’offres en ligne, constitue le fer de lance de l’activité.

 

Son but : aider les maîtres d’ouvrage à révéler les meilleures offres de prix des entreprises. La méthode consiste à « scanner » les documents standards reçus pour accélérer la phase de dépouillement des offres généralement très chronophage. « Nous travaillons avec des maîtres d’ouvrages de toutes tailles, explique Alexandre Brochot. L’intérêt de cet outil est de libérer beaucoup de temps et évite les nombreux échanges de courriels. »

 

Ouverture du site chantierprivé.fr

 

Parallèlement, d’autres services ont été développés, comme le site chantierprivé.fr, ouvert en 2020, qui présente une sélection de chantiers exclusifs en France. L’entreprise est aussi partenaire du site viscab.io dont l’argument principal est le calcul du bilan carbone et la production d’une analyse de cycle de vie des projets.

 

Un outil appelé à devenir incontournable. Cette start-up a levé 9 M€ fin septembre pour poursuivre son développement. L’entreprise déjà présente en France, en Belgique, au Luxembourg et en Suisse veut gagner d’autres marchés.

 

 

 

             

   

Exemple 4 : LeanCo : simplifier la gestion pour améliorer les chantiers

 

Les techniques de gestion des ateliers industriels, ou lean management, sont-elles transposables aux chantiers de bâtiment ? Cette startup nantaise le confirme.

 

Faut-il abandonner les diagrammes de Gantt sur les chantiers de construction ? Oui, si l’on comprend la démarche engagée par Xavier Motsch, le responsable de la société nantaise LeanCo, créée en 2016. Ces diagrammes longs ne sont pas forcément bien compris. « Il est préférable de travailler par séquences de tâches, avec une planification en flux qui permet d’identifier rapidement les goulots d’étranglement. » Un raisonnement qui fait gagner du temps.

 

Ces principes du lean management, connus en industrie, conviennent à tous types d’entreprises.

 

3 modules avec les outils logiciels

 

Après une formation initiale, LeanCo propose trois modules avec leurs outils logiciels correspondants : planification, résolution des incidents et performance. « 75 à 90 % des tâches sur chantiers ne créent pas de valeur », résume Xavier Motsch. « La mise en place de la démarche améliore l’organisation du travail et réduit les délais de chantier. » La ressource essentielle est disponible sur le terrain.

 

« Les solutions existent déjà chez les opérateurs de terrain, mais on ne sollicite généralement pas leur avis. L’important est de structurer leurs idées. » En associant ce mode de management à un mode de décision plus direct, les effets sont rapides : « Des modifications qui pouvaient prendre 30 à 40 jours s’appliquent en moins d’une semaine. »

 

LeanCo dispose déjà d’une cinquantaine de clients, rassemble quelque 18 collaborateurs, est présent en France, au Royaume Uni et au Benelux, et vise un chiffre d’affaires de 1 M€.

 

 

 Xavier Motsch : « Appliquée à la construction, la démarche lean permet de raisonner en flux de production et améliore la productivité. »

  

 


Source : batirama.com/ Bernard Reinteau

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