Habitat adapté et connecté: des solutions pour une adaptation personnalisée

Habitat adapté et connecté: des solutions pour une adaptation personnalisée

Si la construction neuve intègre l’évolution des usages du logement aux différents âges de la vie, il reste beaucoup à faire dans le secteur de la rénovation, malgré l'apparition de nouvelles solutions.





Le secteur de la construction intègre l’évolution des usages du logement aux différents âges de la vie. La conception des espaces et le développement technologique permettent une adaptation personnalisée.

 

Sujet exotique il y a seulement une dizaine d’années, l’adaptation du bâtiment aux difficultés de la vie est passée dans les mœurs du secteur du bâtiment.

 

Certes, l’idée de consacrer un minimum de logements aux personnes à mobilité réduite en collectif a cédé sous les assauts. Mais certains principes de base forment désormais le standard de la construction. À savoir, les largeurs minimales des portes qui généralisent les 83 cm en neuf et en rénovation (arrêté du 1er août 2006 du code de la Construction relative à l’accessibilité), l’aménagement d’un espace suffisant pour se mouvoir en chaise roulante en salle de bain, la généralisation de la douche à l’italienne dans l’individuel et, depuis ce mois de juillet, dans le collectif.

 

Surtout, en traversant les lotissements, impossible de ne pas remarquer que la quasi-totalité des maisons individuelles se conforment au plan en rez-de-chaussée, garant d’un accès à l’ensemble des pièces. D’autres contraintes ont conduit à ce choix – règles thermiques, solvabilité… Mais l’accessibilité figure en tête.

 

Tenir compte de la démographie

 

Dans le même temps, un autre phénomène, démographique, a pris de l’ampleur. La population vieillit, et les solutions permettant de maintenir une qualité de vie à domicile ou en établissement spécialisé ne sont plus perçus comme des gadgets.

 

Pour prendre en charge ce problème, les fournisseurs d’appareillages électriques et de régulation du confort s’y sont logiquement intéressés depuis longtemps. Les uns proposaient déjà des produits spécifiques pour le secteur de la santé et ce développement suivait pratiquement l’ordre des choses ; les autres disposaient du potentiel des moyens électroniques pour répondre aux questions basiques telles que la présence l’appel d’urgence…

 

Surfer sur les tendances

 

Le point pivot est marqué par l’apparition des assistants vocaux, adoptés pour leur convivialité, et les objets connectés dédiés à la maîtrise des températures ou de la qualité de l’air. Perçus dans un premier temps comme des concurrents aux fournisseurs de régulations, ils constituent plutôt un point d’ouverture et un complément aux technologies d’aide résidentielle.

 

La numérisation a pris pied dans ce domaine, notamment chez les développeurs de gestion techniques de bâtiments. À tel point que les solutions d’intelligence artificielle commencent à épauler les gestionnaires des grands ouvrages ; c’est le cas de Schneider Electric sur son dernier immeuble hyper sophistiqué IntenCity à Grenoble. Ce qui signifie clairement que, toute proportion gardée, il en sera de même dans le résidentiel dans très peu de temps.

 

             

    

L’avis de l’expert

:

Guillaume Etorre, Directeur général de Delta Dore

 

 

Réglementation environnementale 2020, maintien à domicile, simplification de la gestion du confort par les assistants connectés… Les innovations sont aussi portées par l’intelligence artificielle.

 

Batirama : La « connexion » de l’habitat est un sujet ancien. Comment décririez-vous le contexte actuel ?

 

Guillaume Etorre : Il est marqué par l’application prochaine de la RE 2020 et de la précédente RT 2012 qui imposent une forte surface vitrée sud et ouest associée à une isolation renforcée qui a pour conséquence de baisser les consommations en hiver mais provoque une élévation importante de la température en mi-saison et été qui conduit à l’inconfort. 

 

Ce qui demandera de compléter l’équipement de régulation spécifique comme le pilotage des moyens passifs comme la commande des occultants, des brise-soleil, de la ventilation naturelle nocturne par l’ouverture motorisée des fenêtres pour évacuer la chaleur et stocker la fraîcheur, voire celui de moyens actifs comme la surventilation ou la climatisation.

 

Il sera également nécessaire de piloter les logements de manière globale, permanente et plus élaborée… Dans l’existant, les propositions seront similaires. Pour gagner en efficacité, on utilisera encore plus de thermostats connectés qui prendront en compte la température extérieure, la météo sur plusieurs jours, les périodes de présence et absence des résidents. Ce pour mieux anticiper les relances de chaudières, l’éclairage. Ce qui pourra être complété par une gestion à distance avec un smartphone ou une tablette en rajoutant une box pour former un système complet.

 

Comment évoluent les technologies d’adaptation des logements aux personnes âgées et à mobilité réduite ?

 

Guillaume Etorre : Le maintien à domicile évolue au rythme du vieillissement de la population. Il n’y a aucun doute sur le développement de ce marché dans les années à venir. Il y a des fonctions standard, comme motoriser les volets roulants quand on ne veut plus utiliser la manivelle ou la sangle. On utilisera l’interrupteur mural, la télécommande ou la voix pour éviter d’avoir à se lever.

 

Il existe aussi des offres globales comme la solution mixant détection automatique de chute et smart home, développée par AS2D.

 

Elle répond au besoin défini par le groupe Pierre & Vacances pour ses résidences Senioriales. Les logements sont équipés de centralisation d’information, de téléassistance, et d’un système innovant de détection de chute à base d’intelligence artificielle, utilisant des capteurs optiques, solution conçue par la société VA2CS dans laquelle AS2D a choisi par ailleurs d’investir.

 

Nous travaillons aussi dans le cadre du projet e-Vita mené par le Japon et l’Union européenne sur le développement d’un assistant virtuel personnel et intelligent pour l’accompagnement des personnes âgées. Les algorithmes et l’internet des objets y seront mis à contribution pour détecter les difficultés, les changements d’habitudes qui sont précurseurs d’accidents.

 

             

  

Solution technique 1 : Une salle de bains sûre et adaptée à tous les usages

 

©Kinedo

 

La salle de bain est désormais devenue une pièce soumise à de nombreuses normes. La dernière en date est l’obligation de poser un receveur à l’italienne dans les logements neufs.

 

1. Se mouvoir sans être gêné

 

Pour aller et venir sans subir l’encombrement de la salle de bain, il faut ménager un espace minimal entre les pièces sanitaires. Ces quelques règles offrent une bonne accessibilité. Les concepteurs proposent généralement :

 

  • 100 cm entre chaque équipement,

 

  • 70 cm face à un lavabo ou une douche,

 

  • 55 cm autour d’une baignoire.

 

À retenir : la dimension minimale de confort d’une douche est de 90 cm de côté. En outre, l’arrêté « douches » du 11 septembre 2020 précise qu’une douche à l’italienne doit mesurer 90 × 120 cm.

 

2. Une installation électrique sûre

 

Les fondamentaux de l’électricité en salles de bains ont pour objet de :

 

  • concevoir une distribution électrique organisée et sécurisée ;

 

  • protéger les personnes d’une électrocution par contact indirect et direct ;

 

  • protéger contre les surintensités pour éviter les échauffements de câbles, et limiter les risques d’incendie.

 

Les arrêtés du 3 août 2016 et l’amendement du 27 juin 2015 ont durci la conception et les pratiques d’installation. Tout l’espace est protégé par disjoncteur différentiel d’un seuil de déclenchement de 30 mA. L’installation électrique est reliée à une liaison équipotentielle.

 

Le volume des pièces d’eau compte quatre volumes :

 

  • Volume 0 : l’intérieur de la baignoire ou d’un receveur, et les 10 cm au-dessus de la surface d’une douche à l’italienne. Les points lumineux doivent être IPX7, protégés contre les jets d’eau et alimentés très basse tension avec transformateurs hors volumes.

 

  • Volume 1 : au-dessus de la baignoire et d’une douche, jusqu’au plafond. Les points lumineux acceptés doivent être IPX4, IPX5 pour une douche. Les prises de courant sont interdites

 

  • Volume 2 : L’espace situé 60 cm autour d’une baignoire ou d’une douche. Les luminaires doivent être de classe II ou alimentés en très basse tension. Les prises de courant sont alimentées par transformateur de séparation hors volumes et d’une puissance de 20 à 50 VA.

 

  • Hors volume : toute installation de commandes, éclairages et prises selon la norme NF C 15-100.

 

3. De l’espace pour les personnes à mobilité réduite

 

L’accès d’une salle de bain d’une personne à mobilité réduite doit être facilitée par :

 

  • une porte d’accès d’au moins 80 cm, avec un effort d’ouverture de moins de 50 N, et dotée d’une poignée de manœuvre à ergot ;

 

  • un espace de giration dans la pièce d’un diamètre d’au moins 1,50 m permettant un transfert vers la douche, la baignoire ou les WC ;

 

  • une zone de transfert à côté du WC de 150 cm de long et de 80 cm de large ;

 

  • une cuvette de WC a une hauteur de 50 cm ;

 

  • un lavabo placé à une hauteur de 70 cm.

 

  • un miroir incliné.
 

 

 

             

 

Solution technique 2 : Organiser une gestion connectée sans limite

 

Comment préparer une installation durable et évolutive de son logement ? L’éventail des choix techniques est désormais extrêmement large.

 

 

1. Réguler son chauffage

 

Les solutions centralisées de gestion de chauffage sur réseau d’eau chaude et de maîtrise des dépenses d’énergie sont maintenant couramment proposées. On les trouve chez les fournisseurs tels que Comap (Smart Home), Danfoss (les gammes Icon, Ally ou Link Connect), Delta Dore (Tydom) et Honeywell (EvoHome).

 

Les plus simples reposent sur un écran de centralisation de données et une communication radio avec les têtes motorisées de robinets thermostatiques ; les plus sophistiquées sont pilotables avec un smartphone, voire commandable à la voix comme le Danfoss Ally.

 

2. Réguler tout son logement

 

En résidentiel, le mariage entre la régulation et l’informatique a commencé, au début des années 2010, avec les assistants connectés ; Google Home, Amazon Alexa, HomePod d’Apple.

 

Essentiellement orientés sur la diffusion sonore, la commande d’éclairage et l’allumage-extinction du chauffage, ils peuvent être incorporées dans des systèmes dédiés au confort dans le bâtiment. On peut citer ceux d’acteurs comme Delta Dore (Tydom), Somfy (TaHoma), Legrand (MyHome)…

 

Dans le tertiaire on rencontrera les acteurs mondiaux de la gestion technique de bâtiment que sont Sauter (Ecos 5), Schneider Electric (la gamme EcoStruxure), Siemens (avec ses solutions Desigo, Synco et Gamma)… Au-delà de la gestion du confort, ces plateformes offrent aussi des fonctions de détection d’événements (chute, incendie, effraction, présence/absence...).

 

3. Une installation personnalisable…

 

L’intérêt des nouvelles régulations tient à l’exploitation d’applications sur portables et tablettes, moyens ergonomiques devenus quotidiens. Les liaisons par box ou par réseau téléphonique permettent de programmer, déroger à distance, interroger l’installation...

 

En logement, les installateurs férus en programmation peuvent aussi proposer des solutions adaptées aux besoins et évolutives en les complétant avec un ordinateur de type Rasberry Pi, d’un coût abordable et utilisable avec une base logicielle open source Linux, afin de créer des fonctions personnelles, voire des passerelles entre des systèmes non compatibles…

 

En tertiaire et santé, le souci d’une maîtrise intégrale des locaux – des consignes de fonctionnement aux comportements des usagers – conduit les fournisseurs à développer des offres originales : la gestion des résidents d’Ephad avec EcoStruxure pour Schneider Electric – avec gestion d’éclairage par détection de présence, détection d’activité et de situations à risques tels que chutes, malaises ou sorties, lien social par visiophonie ou messagerie… -, une offre de protection contre les risques tels que le cambriolage, le dégât des eaux ou l’incendie pour AS2D…

 

 


Source : batirama.com/ Bernard Reinteau

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