Construction bois : richesse architecturale et prouesse technique

Construction bois : richesse architecturale et prouesse technique

Les progrès technologiques permettant des alliances nouvelles, en associant les matériaux, une construction peut gagner en performance.



 

Le système constructif bois permet une large palette d’associations. Si structurellement, les couples bois / béton ou bois / acier sont les plus utilisés, esthétiquement, les possibilités semblent n’avoir de limite que l’imagination…

 

Toutes les associations et les métissages semblent possibles pour créer des réalisations au cachet unique, à la forte identité visuelle. Dans la réalité, se posent les questions de la faisabilité technique pour créer des couples gagnants.

 

Le succès de la mixité : une vraie complémentarité

 

Le couple formé par le bois et le béton permet de tirer le meilleur parti de chaque matériau, le béton travaillant en compression et le bois en traction et flexion. Résultat, deux matériaux mais une vraie complémentarité qui en font un duo fréquemment utilisé en structure au niveau des planchers collaborants.

 

Murs en pierre ou en brique à forte inertie peuvent également être utilisés en mur trombe (ou mur capteur positionné de préférence au sud ou au centre de la maison accolé à un poêle) en complément d’une os­sature bois pour accumuler le rayonnement solaire du jour et le restituer pendant la nuit.

 

La construction mixte offre de nouvelles perspectives architecturales aussi ­intéressantes sur le plan esthétique que technique.

 

 

AVIS D'EXPERT

 

Maxime Baudrand
Conseiller construction bois au sein de l’association professionnelle Atlanbois.

 

« Des associations structurelle ou esthétique »



« La complémentarité entre le bois et d’autres matériaux de construction peut être envisagée sous différents angles: associations à vocation structurelle consistant à tirer le meilleur parti de chaque matériau ou, tout simplement, association à vocation esthétique.

 

Sur le marché du petit collectif, par exemple, les architectes jouent, de plus en plus, sur des combinaisons rez de chaussée en maçonnerie + étage en ossature bois. Une autre solution consiste en une structure poteaux / dalles en béton + mur manteau en bois pour réaliser l’enveloppe thermique.

 

Cela permet d’une part, un gain en surface habitable par rapport à une solution tout béton (l’isolation étant intégrée directement dans la partie structurelle du mur) et d’autre part, améliore le confort d’été optimisant l’inertie du béton qui peut aussi devenir un handicap durant de longues périodes de fortes chaleur.

 

L’isolation thermique de haute performance apportée par les murs à ossature bois va permettre d’éviter les surchauffes en été et de conserver la chaleur en hiver. Dans le couple bois / acier, essentiellement utilisé en charpente, l’acier vient surtout en renfort structurel du bois (connecteur, tire-fond, poutre treillis bois avec âme en métal…) pour minimiser les sections de bois utilisées. »


 

Solution n° 1 : Mixité pour les structures horizontales

 

 

Utilisables aussi bien en neuf qu’en rénovation, les solutions mixtes bois – béton en plancher offrent un excellent rapport qualité prix / performance.

 

Un plancher bois / béton se compose d’une structure porteuse (poutres) en bois massif ou lamellé, d’une sous-face bois en plafond, d’une fine dalle armée de compression en béton (7 à 12 cm d’épaisseur avec possibilité d’ajout d’un isolant entre la dalle et la chape), de connecteurs métalliques rigidifiants.

 

La mise en œuvre (sous Avis technique) est simple, accessible à toute entreprise de maçonnerie ou de charpente. Une fois les poutres bois posées, la dalle de béton est coulée en place puis reliée mécaniquement aux solives bois au moyen de connecteurs métalliques (tire-fond de gros diamètre).

 

Ce système peut également être utilisé en rénovation en conservant les anciennes ossatures (après validation de leur état de conservation et de leur intégrité biologique). Pour un gain de productivité sur chantier et une rapidité de mise en œuvre accrus, il existe des systèmes préfabriqués en atelier type “prédalles en bois” isolées (panneau isolant intégré), préconnectées voir même équipées des câblages pour courants faibles.

 

Comparé à une dalle en béton armé, un plancher collaborant bois / béton permet de réduire les descentes de charges (poids propre 2 à 3 fois inférieurs aux solutions classiques), l’épaisseur des séparations horizontales et les ponts thermiques tout en augmentant l’inertie du plancher (avec limitation des flèches et rehausse des charges d’exploitation admissibles).

 

La rigidité du plancher bois / béton (améliorée par rapport à un plancher tout bois) élimine les phénomènes de vibration ce qui permet d’obtenir un bon indice d’affaiblissement acoustique conforme aux normes en vigueur.

 

L’alliance béton / bois joue sur un travail optimal de chacun des matériaux : en compression pour le béton, en traction et flexion pour le bois avec pour résultat la possibilité de créer de grandes portées (de 3 à 18 m selon les fabricants) sans appuis intermédiaire.

 

Autre atout, et non le moindre dans le contexte environnemental actuel, l’excellent bilan carbonne du système comparé aux solutions lourdes : en réduisant les volumes de béton et en utilisant du bois d’œuvre (1 m3 de bois stocke 1 tonne de CO2), ce sont en moyenne 15 kg de CO2 stockés par m2 au lieu de 90 kg de CO2 émis avec une solution béton armé classique.

Intérêts :

création de grandes portées sans appuis intermédiaire, augmentation de l’inertie du plancher, réalisation du plafond et du plancher dans la même opération, rapidité de mise en œuvre.


 

Solution n° 2 : Mixité pour extension / surélévation

 

 

 

L’idée fait son chemin sur le secteur de la maison individuelle. Le foncier devenant une denrée rare et chère, une solution consiste à créer extension et surélévation. Un créneau porteur pour l’ossature bois.

 

Etages ou combles en ossature bois sur rez-de-chaussée en maçonnerie, agrandissement bois d’une habitation… Une ossature bois peut se greffer sur la plupart des structures existantes, qu’elles soient en bois, bien entendu, mais également en maçonnerie (pierre, brique, parpaing, béton) ou en acier.

 

Un atout de taille dans le cas d’une extension ou d’une surélévation… D’autant que, comme en construction neuve, la technique de l’ossature bois permet de répondre aux demandes d’agrandissement sans trop de désagréments : mode de construction sec pour un chantier plus propre (ce qui est important car lors d’une rénovation, le client continue souvent d’habiter sur place), rapidité d’exécution des travaux (le temps de mise en œuvre peut être divisé par deux ou quatre selon le degré de préfabrication de la structure en atelier) et surtout, un rapport poids propre / performances mécaniques plus qu’excellent.

 

La légèreté du système n’impose pas de fondations profondes et, dans le cas d’une surélévation où le facteur poids de la structure est déterminant car il n’est pas toujours possible de vérifier l’état des fondations existantes, cette légèreté permet de ne pas avoir à effectuer des renforcements de structure coûteux.

 

Un avantage qui compense un surcoût d’environ 10 % par rapport à un mode constructif en maçonnerie. Modulable, cette technique permet également de pallier les conditions d’accès difficiles de certains chantiers lorsque, par exemple, l’extension ou l’agrandissement sont situés en face arrière de la maison, au niveau du jardin, accessible par des passages très étroits voire pas de passage du tout.

 

Avec l’ossature bois, les panneaux peuvent être préfabriqués à la demande, sur la base d’un ou plusieurs modules de 60 cm. Toutes les techniques d’ossature bois envisageables en construction neuve le sont également pour ­réa­liser extension / surélévation : bois massifs, ossature plateforme, poteaux poutres ou, procédés plus récents, panneaux en bois contrecollés massifs…

 

A la mise en œuvre, quelques points particuliers sont à surveiller comme la liaison au support ou à l’ouvrage existant pour assurer une étanchéité à l’air parfaite et limiter les éventuels tassements différentiels entre l’ouvrage existant et le nouveau…

Intérêts :

légèreté, adaptabilité, rapidité de mise en œuvre.


INFOS PRATIQUES

 

Un décret pour utiliser le bois dans une construction

 

Depuis le 1er décembre 2011, un décret (n° 2010 – 273 publié au journal officiel du 17 mars 2010) fixe les volumes minimaux de bois à intégrer dans un bâtiment. Cette quantité de bois ne peut être inférieure à :

  • 35 décimètres cubes par m2 de Surface Hors Œuvre pour un immeuble à usage d’habitation ne comportant pas plus de deux logements destinés au même maître d’ouvrage ;
  • 5 décimètres cubes par m2 de Surface Hors Œuvre pour un bâtiment à usage industriel, de stockage ou de service de transport ;
  • 10 décimètres cubes par m2 de Surface Hors Œuvre pour tout autre bâtiment ou pour les bâtiments à usage d’habitation dont la charpente de toiture est réalisée en majorité dans des matériaux autres que le bois ou n’ayant pas de charpente de toiture.



Source : batirama.com / Virginie Bourguet.

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3 Commentaires


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  • par SINAEVE BRUNO
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C'est bien l'ossature bois pour mettre en valeur le bois dans la construction. Surtout quand on utilise des fenêtres PVC ou ALU... Surtout que les fenêtres en bois sont au top aujourd'hui. Continuez à vous moquez du monde sur le dos de la rentabilité de chantier ou simplement par incompétence. Avec une ossature bois il faut des menuiseries en bois!!!!


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  • par archi
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Je voudrais également me spécialiser dans la mise en oeuvre des planchers en bois avec une dalle de compression est ce possible ? Je réside au Cameroun, merci.


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  • par archi
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C'est cool le document mais pas trop de détails pour la mise en oeuvre d'une dalle en bois avec une fine épaisseur de la dalle de compression au dessus, et les détails sur la connexion bois-mur.

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