Alain Griset, ministre délégué chargé des PME : "Il faut raccourcir le temps des procédures"

Alain Griset, ministre délégué chargé des PME :

Alors que la reprise du BTP se confirme, Alain Griset, ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, revient sur la nécessité d’accélérer la simplification pour faciliter la vie des entreprises.






Bâtirama : Pouvez-vous faire un point sur les mesures prises en faveur des petites entreprises pendant la crise sanitaire et économique ?

 

Alain Griset : Comme les autres secteurs, le BTP a bénéficié d’un ensemble de mesures prises au moment du confinement, dont celles concernant l’activité partielle.  Et aujourd’hui, l’activité des entreprises du BTP a repris normalement, ce qui n’est pas le cas du tourisme, l’hôtellerie, ou encore de l’événementiel, par exemple.

 

Outre le Fonds de solidarité, nous avons mis en place l’exonération ou le report des charges sociales. De plus, nous avons décidé de permettre un étalement sur 36 mois du paiement des cotisations suspendues pendant le confinement. Il faudra, pour cela, faire quelques démarches auprès des Urssaf.

 

Notons que le PGE, prêt garanti par l’Etat, a été utilisé par 600 000 entreprises, dont 94 % des entreprises sont des TPE/PME, pour une somme totale de 120 milliards d’euros  avec un prêt moyen s’élevant à 140 000 euros. 10 milliards d’euros des PGE ont été accordés au secteur du BTP, ce qui représente 80 000 entreprises bénéficiaires. Les entreprises disposent d’un délai de 6 ans pour le rembourser moyennant un taux maximal de 2,5 % à cette échéance.

 

Tous ces dispositifs ont permis d’éviter des défaillances d’entreprises qui ne sont pas plus élevées aujourd’hui que dans une période dite normale. Il y a même plus de créations d’entreprises que d’habitude, ce qui est un phénomène classique surtout lorsqu’il existe des craintes de chômage ou de pertes d’emploi.

 

Comment pourrait-on faciliter davantage la vie des TPE et PME dans le BTP ?

 

Alain Griset : Il est vrai que la simplification, c’est l’alpha et l’oméga pour de très nombreuses entreprises. La première mesure prise après le remaniement ministériel dans le BTP a porté sur le montant des marchés publics qui a été revu à la hausse, (Ndlr : jusqu’au 1er juillet 2021). Dorénavant, le seuil au-dessous duquel sont supprimés de nombreuses formalités, passe de 40 000 à 70 0000 euros HT pour les marchés publics de travaux.

 

De plus, le parlement a voté le fait de passer ce seuil à 100 k€ dans les prochaines semaines pour les collectivités pendant la relance. C’est un gain de temps important notamment pour les entreprises qui travaillent localement avec des interlocuteurs qu’elles connaissent.

 

La simplification a également été mise en œuvre grâce au plan de relance du gouvernement qui consacre un budget de 2 milliards d’euros au déploiement de MaPrimeRenov’. Le mécanisme de la prime est aujourd’hui plus simple et lisible pour le bénéficiaire, qu’il soit particulier, bailleur ou copropriétaire.

 

Enfin, concernant le signe de qualité RGE (Ndlr : permettant aux professionnels de faire bénéficier à leurs clients de l’avantage des aides à la rénovation), il demeure complexe à obtenir pour des petites structures. Le nombre d’entreprises RGE (45 000 seulement par rapport aux 500 000 entreprises du BTP) demeure  insuffisant pour effectuer tous les travaux de rénovation énergétique en France.

 

La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a ouvert la porte aux entreprises non RGE afin qu’elles bénéficient d’un dispositif de type Consuel, qui permettrait de vérifier la conformité des travaux par rapport aux objectifs de rénovation énergétique.

 

Il reste que certains mécanismes demeurent complexes à mettre en œuvre pour les petites entreprises, comme celui des CEE (Certificats d’économies d’énergie). J’ai sollicité les organisations professionnelles afin qu’elles étudient les moyens d’accompagner la mise en œuvre de ces dispositifs, et nous en attendons des propositions.

 

En matière de construction neuve, les professionnels critiquent souvent la longueur des délais en matière d’autorisations d’urbanisme. Que pourrait-on faire ?

 

Alain Griset : Je suis favorable à regarder si toutes les étapes indispensables pour obtenir les autorisations de travaux sont bien nécessaires. Il faut agir dans le sens d’une « décomplexification ». Pendant la crise, certains dispositifs peu habituels ont été mis en place pour faciliter la vie du quotidien et il faut continuer à le faire. Je suis preneur de simplification.

 

Dans de nombreux pays européens, on ne passe pas autant de temps à accomplir toutes ces formalités ; Je ne dis pas que c’est inutile, mais bien souvent, c’est trop long et il faut raccourcir les délais, c’est mon combat de tous les jours. Car pendant ce temps perdu, on ne produit pas.

 

On fera tout ce qui est possible pour raccourcir le temps des procédures. Le premier ministre nous a fait part de sa détermination pour avancer sur ce sujet.

 

Les entreprises du BTP ont encore et toujours du mal à recruter du personnel qualifié. Que leur dites- vous à ce sujet ?

 

Alain Griset : Lors de mes visites sur le terrain, les entreprises nous disent qu’il y a de l’activité mais qu’elles ne trouvent pas de personnel suffisant. La reprise risque d’être freinée faute de salariés pour répondre aux demandes des clients. On ne parle pas assez des métiers au collège et au lycée.

 

Il faut changer les images des métiers car ils évoluent tous et utilisent de nouvelles technologies et savoir-faire souvent inconnus du grand public. C’est un sujet de la société réelle. Il faut agir sur tous les leviers de la Formation pour disposer en France d’un personnel qualifié en nombre suffisant.

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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