Panorama du gaz renouvelable : une dynamique encore peu encouragée

Panorama du gaz renouvelable : une dynamique encore peu encouragée

L’injection de biométhane enregistre une forte dynamique depuis cinq ans. Mais les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie publiée en avril dernier sont décevants selon le syndicat de la filière.



L’année 2019 confirme le dynamisme de la filière avec la mise en service de 47 nouveaux sites en France, indique le syndicat des énergies renouvelables qui publie son panorama du gaz renouvelable pour l’année 2019. On compte à ce jour 123 installations raccordées aux réseaux gaziers français à fin 2019.  

 

Les quantités de biométhane injectées dans les réseaux ont à nouveau quasiment doublé par rapport à 2018 pour dépasser la barre symbolique du TWh et atteindre 1 235 GWh1, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près de 103 000 logements.

 

La capacité maximale annuelle d’injection de l’ensemble des sites de production atteint 2 157 GWh fin 2019, contre 1 206 GWh fin 2018.

 

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie décevante

 

Dans ce contexte, la PPE publiée en avril 2020 est décevante, relève le SER, car elle reste déconnectée de cette dynamique observée sur le terrain en fixant des objectifs trop bas : 6 TWh1 en 2023, ce qui représente un retour en arrière de 2 TWh par rapport à la PPE actuelle et 14 à 22 TWh en 2028.

 

Ces données ne permettront pas d’atteindre l’objectif de la Loi de Transition énergétique de 2015 d’atteindre 10 % de gaz renouvelables dans la consommation en 2030, soulignent les acteurs de la filière. La PPE prévoit également une trajectoire de baisse des coûts trop brutale pour les futurs projets, de nature à compromettre le développement de la filière, reprend en préambule de son rapport, le SER.

 

De nombreux services aux territoires

 

Rappelons que la filière peut répondre à trois débouchés énergétiques (élecricité, chaleur et carburant). L’injection de gaz vert apporte en outre une réponse aux enjeux climatiques, socio-économiques, agroéconomiques et s’inscrit, notamment, dans le principe d’économie circulaire, rappelle cette étude.

 

La filière biométhane apporte de nombreux services aux territoires : valorisation locale des déchets, résilience de l’activité agricole, décarbonation des secteurs énergétique et agricole, retour au sol du digestat comme matière fertilisante naturelle, création d’emplois locaux, plaide le SER.

 

La montée en compétences des acteurs sur la chaîne de valeur, la structuration et la professionnalisation de la filière ont permis d’atteindre plus de 4 000 emplois directs et indirects en 2018 et un chiffre d’affaires de 695 millions d’euros.

 

À elle seule, la filière biométhane rappelle qu'elle permet de créer en moyenne 3 à 4 emplois locaux non délocalisables par installation, uniquement sur l’exploitation et la maintenance. En outre, le gaz renouvelable participe à l’indépendance énergétique du pays avec la production durable d’une énergie renouvelable, stockable dans les réseaux, et produite à proximité des zones de consommation.

 

Quelles mesures d’accompagnement pour le gaz renouvelable ?

 

Quelques mesures d’accompagnement ponctuelles seront nécessaires à la pleine participation de la filière à la relance économique, indiquent les auteurs du Panorama.

 

Tout d’abord, le cadre de soutien actuel dont bénéficient les projets biométhane matures doit être conforté et les objectifs fixés dans la programmation pluriannuelle de l’énergie rehaussés en conséquence à 12 TWh/an, selon le SER.

 

Ce qui suppose d’anticiper l’adaptation des réseaux de gaz pour accueillir les quantités de biométhane. Objectif : accueillir dans les meilleures conditions, les projets mais aussi participer à la relance par l’investissement dans les renforcements de réseaux.

 

Définir des perspectives pour le long terme

 

Enfin, des perspectives de plus long terme doivent être apportées pour soutenir la filière et conforter la mobilisation des financeurs. La réforme des garanties d’origine et le futur cadre de soutien, basés sur un équilibre entre tarif d’achat révisé et appels d’offres, sont à mettre en place en concertation avec la filière, estime-t-elle.

 

Les appels à projet pour le biométhane non injecté et les filières biogaz innovantes (autoconsommation, pyrogazéification, couplage méthanisation – méthanation…) doivent être lancés suite à l’adoption des lois mobilité et énergie-climat qui les instaurent.

 

Enfin, les travaux sur les bénéfices environnementaux, économiques et agronomiques induits par le développement de la filière (évalués jusqu’à 70 €/MWh3 de création de valeur) devraient également être intégrés au futur cadre de soutien, terminent les acteurs de la filière gaz renouvelable.

 


Source : batirama.com

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