Covid-19 : les dépanneurs se réorganisent pour les interventions urgentes

Covid-19 : les dépanneurs se réorganisent pour les interventions urgentes

Le groupe Gocel a équipé ses dépanneurs en EPI et a mis au point de nouveaux protocoles d’intervention en s’appuyant sur le logiciel Soli.



Installé à Montigny-les-Metz en Moselle, le groupe Gocel n’est pas une entreprise tout à fait comme les autres. Le chauffage et la plomberie, aussi bien en installations nouvelles qu’en dépannage et entretien, constituent le cœur de l’activité des 290 salariés.

 

Le Groupe a notamment sous contrat la maintenance de 70 000 logements sociaux dans le Grand Est. Mais, à de nombreuses reprises, lorsque Lionel Gocel a rencontré une difficulté dans ses activités, le groupe a développé une réponse spécifique.

 


 

Le groupe Gocel s’est lancé dans la préfabrication, notamment des panoplies hydrauliques en cuivre et en acier depuis près de 20 ans. Au début, il s’agissait de réduire les coûts et de rester compétitif. ©groupe Gocel

 

 

Presque 20 ans de préfabrication

 

Par exemple, pour demeurer compétitif, tout en fournissant des prestations de qualité, le groupe a développé la préfabrication des installations de chauffage et de plomberie au début des années 2000. Le but était alors de gagner en productivité en passant moins de temps sur les chantiers, tout en supprimant les retours sur chantier.

 

Aujourd’hui, en pleine pandémie de Covid-19, ce savoir-faire s’avère précieux pour réduire autant que possible le temps de présence des opérateurs sur les chantiers. En dépannage, ils interviennent en effet souvent dans des locaux occupés, soit des logements, soit des locaux professionnels.

 

Dans ses ateliers, le groupe préfabrique des panoplies hydrauliques aussi bien en acier qu’en cuivre, pré-équipe chaudières, radiateurs avec Tés de réglages et robinets thermostatiques prémontés, et jusqu’aux baignoire dont la robinetterie, les alimentations et les évacuations peuvent être prémontées.

 

L’opérateur arrive sur le chantier avec un ensemble prémonté, dont tous les raccords ont été vérifiés en atelier. Il dépose l’existant et met en place le nouvel équipement en un minimum de temps. Lionel Gocel estime que la préfabrication, dans le meilleur des cas, peut permettre de diviser par quatre le temps d’intervention.

 

 

Comme de nombreuses entreprises du bâtiment, le groupe Gocel a donné tous ses masques à des hôpitaux et établissements de soins de sa région. Il n’a conservé que des masques à cartouche pour équiper ses 10 salariés chargés des dépannages urgents en plomberie et sanitaire. ©groupe Gocel

 

Un cahier des charges numérique

 

Si la quasi-totalité des chantiers de construction neuve et d’installations nouvelles du groupe ont été arrêtés, il n’était pas question d’interrompre les dépannages et les opérations de maintenance, notamment dans les Ehpad. Il fallait donc mettre au point une nouvelle organisation. Sur les 80 personnes habituellement chargées de l’activité dépannage et entretien dans le groupe, 10 se consacrent aujourd’hui aux dépannages d’urgence en plomberie et chauffage.

 

Avant même la publication du guide l’OPPBTP sur l’organisation des chantiers en période de pandémie, Lionel Gocel a fait appel à Soli, une application full web de gestion des interventions, pour créer un cahier des charges numérique destiné au suivi sur le terrain de ses activités de dépannage. L’application Soli a été développée par 90TECH, une start-up créée au sein du groupe Gocel.

 

Le groupe a personnalisé l’application Soli pour l’adapter à des interventions de dépannage en ces temps de Covid-19. L’application tourne sur le smartphone de l’opérateur. Il commence à l’utiliser avant même le début de l’intervention, en répondant notamment à des questions sur sa propre santé, sur le fait qu’il est bien seul à bord de son véhicule, qu’il dispose des EPI (gants et masque) nécessaires, ainsi que de lingettes désinfectantes, etc.

 

Une solution de signature vocale

 

Avant l’intervention, pour porter le bon diagnostic et préparer les travaux, l’entreprise a demandé au client ou au gardien d’envoyer des photos de l’installation défectueuse. Un dialogue par téléphone a permis de clarifier les points obscurs. Lionel Gocel souligne que l’entreprise est devenue experte pour poser les bonnes questions. Sur son téléphone, l’opérateur a accès aux photos et à une description complète de son intervention.

 

En arrivant sur site, il prend des photos avant intervention, puis d’autres en cours d’intervention sur des aspects importants et prend finalement des photos de l’état de l’installation à la fin de son intervention de dépannage. Les photos sont automatiquement datées et géolocalisées.

 

Pour éviter tout contact entre l’opérateur et le client, le groupe a développé une solution de signature vocale avec l’application Soli. L’intervenant maintient son téléphone à 1,5 m du client qui doit préciser son nom et le fait qu’il valide les travaux effectués. L’enregistrement sonore de cette déclaration tient lieu de signature.

 

Ensuite, l’opérateur doit nettoyer ses outils, nettoyer son téléphone avant de remonter dans son camion et signer la fin de son intervention sur l’écran de son téléphone. S’il ne complète pas cette check-list numérique, son intervention n’est pas validée. Dès que la check-list est complétée, un compte-rendu de l’intervention est envoyé automatiquement à l’entreprise. Pour faciliter la prise en main de SOLI et le déroulement de cette nouvelle procédure numérique à chaque intervention, l’opérateur reçoit une prime de 50 € pour chaque intervention validée.

 

 

 

La photo numérique avant, pendant et après l’intervention est abondamment utilisée, à la fois pour préparer les chantiers de dépannage et pour attester des travaux accomplis. ©groupe Gocel

 


 

Lionel Gocel, dirigeant du groupe, s’appuie sur Soli pour construire une nouvelle procédure pour sécuriser le reprise des chantiers de l’entreprise, le moment venu. ©groupe Gocel

 

Protéger l’ouvrier en toutes circonstances

 

Le groupe Gocel a également décidé que ses intervenants travailleraient masqués dans tous les logements. Il s’agit à la fois de les protéger contre le virus, mais aussi contre l’amiante. Dans les appartements, parfois anciens et vétustes dans lesquels le groupe intervient, le risque amiante est courant.

 

Lionel Gocel estime que discipline et sécurité vont de paire et qu’elles tirent l’entreprise vers une meilleure qualité de ses interventions. L’utilisation de Soli à la fois a permis de développer de nouvelles procédures d’intervention, mais cela sert aussi à montrer aux clients, notamment aux plus gros donneurs d’ordres, que l’activité de l’entreprise continue en dépannage.

 

Le groupe travaille à une autre configuration de l’application Soli pour préparer la procédure de reprise des chantiers hors-dépannage, le moment venu. D’autres critères seront prix en compte. Par exemple, des alertes automatiques rappelleront à l’ouvrier qu’il doit se laver les mains toutes les heures. Lionel Gocel estime d’ailleurs qu’il faudra revoir les procédures et les équipements sur les chantiers pour que le travail puisse se dérouler en toute sécurité.

 

Il souligne que, sur un chantier en construction neuve ou rénovation lourde, l’aspect sécurité est le plus souvent géré par l’entreprise de gros-œuvre. Tous les sous-traitants le financent cependant par une cotisation de 1% du montant de leurs marchés respectifs. Si un sous-traitant n’acquitte pas cette quote-part, il n’est pas payé. Pour autant, en échange l’équipement – points d’eau, sanitaires, etc. – est spartiate dans le meilleur des cas. Lorsque l’activité devra repartir, il faudra au minimum multiplier les points d’eau. Dans l’idéal, dit-il, la sécurité physique et sanitaire ferait l’objet d’un lot à part entière et serait prise beaucoup plus au sérieux.

 

L’Arpete et le pistolet traceur 3P

 

Le groupe Gocel exposait au dernier salon Interclima 2019 à travers BATINOV.tech, une autre start-up dont il détient une partie du capital. Autant 90Tech est chargée du développement d’applications numériques pour mieux gérer les chantiers, autant BatinovTech se charge du développement d’outillages physiques avec un gros input numérique tout de même.

 

Batinov.tech a été d’ailleurs récompensé deux fois au Concours de l’Innovation Interclima 2019.

 

 

 

Première récompense de Batinov.tech à Interclima 2019 pour Arpete, une armoire numérique multiservices, capable de résister à toutes les contraintes – poussières, vibrations, humidité, chocs – des chantiers. Arpete remplace la traditionnelle armoire à plans. Sa connexion internet permet aux BE de pousser les mises à jour des plans vers les entreprises sur site et aux entreprises d’en souligner les éventuelles incohérences, en temps réel. ©groupe Gocel

 

 

Deuxième récompense de Batinov.tech à Interclima 2019 : le Pistolet Traceur 3P (Precise Pont Positioning). Complété par une borne GPS pour la géolocalisation et un jeu de balises, nourri par le fichier BIM du chantier, le Pistolet Traceur 3P et sa cartouche de peinture assurent en quelques minutes le marquage des passages de gaines et de canalisation, au centimètre près. ©groupe Gocel

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

Articles qui devraient vous intéresser

Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Newsletter


Retrouvez toute l'actualité du bâtiment.

 

 
ARTIDEVIS Autopub

Produits







Articles

Votre avis compte

Covid-19 : les entreprises du BTP doivent-elles poursuivre leur activité malgré l'épidémie ? (1200 votants)
Oui
Non
 

Boutique

Les couvertures en tuiles

Le petit dicobat