Le Covid-19 et les risques de recul de l’activité dans l’immobilier

Le Covid-19 et les risques de recul de l’activité dans l’immobilier

L’accès aux crédits restreints et les impacts du Covid 19 sur les comportements des ménages pourraient avoir des conséquences sur la vente de biens immobiier et les travaux de construction.



Il est encore difficile de mesurer précisément les impacts du virus Covid 19 sur l’économie française et mondiale, selon nombre de spécialistes. Pour Xerfi, les entreprises doivent maintenant se préparer à un choc de premier ordre qui peut mettre en péril leur trésorerie et leur survie, pour certaines.

 

Si la Chine a réussi à endiguer la progression de la maladie, c’est au prix de mesures drastiques de confinement (40 jours a minima et non 14 jours) et de limitation de la mobilité et d’arrêt des sites de production. Des mesures a priori « effrayantes » qui ne sont pas à l’ordre du jour en France mais qui pourraient être appliquées pour stopper la propagation du virus.

 

Dans l’immédiat, certains secteurs sont déjà massivement impactés : les transports, le tourisme, l’hôtellerie restauration et toute l’industrie dite culturelle et récréative. Les pertes de chiffres d’affaires sont déjà très élevées pour certains secteurs : le risque de destruction d’emplois et de faillites est bien réel pour certaines entreprises, petites ou grosses, aujourd’hui sur le pied de guerre.

 

Des faillites annoncées et des répercussions à venir

 

Le gel des embauches et les destructions d’emploi peuvent par ailleurs, générer des ajournements d’achats par les ménages. Selon Olivier Passet de Xerfi, 10 % de l’économie française sera très exposée, dont en première ligne, les services déjà mis à l’arrêt et les industries les plus exposés (automobiles et biens d’équipements).

 

Quant aux autres activités de services, elles seront également impactées en raison du ralentissement général de la demande liée aux comportements de précaution des ménages et des entreprises. Cela concerne les services aux entreprises, le commerce, la construction et les travaux de rénovation.

 

Le marché immobilier, pourra-t-il être ralenti avec toutes ces menaces ? Les mesures prises par les gouvernements et les comportements des ménages seront également décisifs à cet égard. En effet, si les acteurs requis pour concrétiser un projet immobilier se voyaient isolés chez eux, les acheteurs se retrouveraient restreints et rencontreraient des difficultés pour trouver un interlocuteur pour visiter un bien ou préparer un financement, relève Philippe Taboret, directeur général de Cafpi.

 

L’attitude des acheteurs de biens immobiliers sera déterminante

 

Selon l’expert, le numérique permet à une grande partie des acteurs de travailler chez eux et de traiter des dossiers et/ou transmettre des documents dématérialisés. « En revanche, pour l’acheteur, la visite d’un bien en faisant appel à tous ses sens pour les acteurs financier, la réalisation des contrats avec des contraintes de confidentialité et de sécurisation des données, requièrent des rendez vous de visu » indique Philippe Taboret. Ne pas traiter ces dossiers entraînerait inévitablement un retard, induisant un recul de la demande et de nombre de dossiers financés.

 

Par ailleurs, on sait que la pierre demeure une valeur sûre et même une valeur refuge auprès des Français. Ce seront donc les acheteurs qui décideront si oui ou non le marché de l’immobilier va continuer sur sa dynamique malgré les menaces liées au Coronavirus, estime l’expert de Cafpi.

 

« Les banques centrales, elles, continueront de donner les moyens aux marchés de distribuer de l’argent « pas cher » et à des taux intéressants pour relancer l’économie. De fait, l’annonce par la BCE, ce jeudi 12 mars, du maintien inchangé de ses taux ne doit pas être interprétée comme un signal d’alerte. Les taux étant déjà au plus bas, inutile de les baisser plus » constate Philippe Taboret

 

La décision de racheter de la dette est, elle, plus utile, car les Etats vont devoir s’endetter pour soutenir les entreprises et minimiser les impacts économiques du Coronavirus : en tirant à la baisse les taux des OAT (obligations assimilables au Trésor), ce second arbitrage devrait, justement, profiter aux crédits immobiliers. 

 

Une demande de crédits immobiliers toujours stable

 

Pour le moment, la demande de crédit n’a pas baissé malgré ce début d’année difficile, entre les contraintes apportées par le Haut conseil de stabilité financière et la Banque de France et l’arrivée du Covid-19, souligne l’expert.

 

Alors que le nombre de demandes est identique à celui observé en début d’année 2019, le nombre de refus de crédits a plus que doublé passant de 10% à plus de 20% des demandes présentées par Cafpi, à cause de la pression mise par ces institutions. Parmi les premiers touchés, on trouve les primo-accédants et les investisseurs. 

 

Cet épisode pourrait avoir toutefois un aspect positif : calmer la pression du marché immobilier, notamment en zones tendues, en contenant quelque peu la hausse des prix. Mais il n’y aura pas d’abandon de l’immobilier : malgré le contexte chaotique, la stabilité de la demande de crédit prouve, s’il en était besoin, que l’immobilier reste le placement préféré des Français, termine l’organisme de crédit.

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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