Les négociants bois matériaux veulent prendre leur destin en main

Les négociants bois matériaux veulent prendre leur destin en main

2020 s’annonce comme l’année des changements pour la Fédération du négoce du bois et des matériaux de construction qui organisait son déjeuner annuel à Paris en présence de ses partenaires industriels.



Légende : Laurent Martin Saint-Léon, délégué général (à gauche) et Franck Bernigaud, président de la FNBM

 

Avec une croissance de 3,5 % de son chiffre d’affaires et même 4,6 % pour les spécialistes bois, la fédération du négoce se dit plutôt soulagée quant à son activité de l’année. Et l’année 2020 sera à n’en pas douter celle des changements, a annoncé, Franck Bernigaud, président de la FNBM, à ses partenaires industriels-fournisseurs réunis au pavillon Dauphine.

 

Tout d’abord, l’organisation professionnelle reprend son indépendance et sa liberté, en sortant de la Confédération du commerce de gros et international (CGI). « Nous reprenons notre destin en main car nous avons la chance d’être une fédération représentative (1) » explique le président

 

Grâce à sa taille et à sa spécificité, la FNBM constituera une branche à part entière parmi les 100 branches professionnelles existantes, expliquent ses dirigeants. Prochaine étape : l’absorption attendue de la branche négoce du bois. « Nous attendons que le ministère du Travail nous rattache à la branche du négoce bois, ce qui serait logique puisque nous sommes représentatifs à 86 % » indique Franck Bernigaud.

 

 

La FNBM a réuni 150 personnes dont ses partenaires industriels-fournisseurs lors de son déjeuner annuel au Pavillon Dauphine

 

Vers la création d’une Confédération de la distribution des produits de construction

 

Le sujet très épineux de la gestion des déchets du BTP, en cours de discussion avec le gouvernement (Projet de loi Anti-gaspi qui inclut la reprise des déchets du BTP parmi les mesures de la feuille de route économie circulaire) a d’ailleurs permis de resserer les rangs au sein de la profession des distributeurs.

 

Les représentants de la FNBM n’excluent pas en effet de proposer la création d'une confédération de la distribution spécifique à leurs métiers de la Construction. Cette confédération « intéresse tous les acteurs de la distribution » confirme le président de la FNBM.

 

Elle pourrait ainsi regrouper d’autres fédérations de distribution dans le domaine du chauffage sanitaire (FNAS) du matériel électrique (FDME), de la décoration (FND) et de la quincaillerie (la FFQ). Ce projet qui pourrait voir le jour en 2020 permettrait de « proposer des services en commun » et apporterait « plus de poids aux distributeurs dans une discussion sur les sujets du Bâtiment et de la construction ».

 

 

Franck Bernigaud, président de la FNBM

 

Rattachement de la FNBM à l’Opco de la construction

 

Autre dossier en cours : celui du rattachement du Négoce à l’Opco (opérateur de compétences) de la Construction via Constructys tout récent puisqu’il date de 6 mois. La FNBM a découvert « une page blanche », selon son président et doit tout reconstruire en termes d’outils et de partenariats au sein de Constructys pour mettre en place sa politique de formation et permettre la montée en compétence de ses 75 000 collaborateurs

 

« Nous travaillons au sein de Constructys avec la Capeb, la FFB et la FNTP, que nous connaissons bien et sommes désormais cogestionnaires avec France Compétences d’un montant alloué de 450 millions d’euros pour la formation professionnelle » précise Franck Bernigaud.

 

L’année 2020 permettra au négoce de dérouler toutes les actions au sein de Constructys dont certaines sont en cours de discussion, comme le rapprochement avec l’Observatoire des métiers du BTP, un centre de ressources au service des entreprises et salariés qui travaillent dans le BTP. Il est animé sous la direction d’un Comité Paritaire qui pourrait donc être élargi.

 

Quelles formations professionnelles pour les métiers du négoce ?

 

La FNBM qui dispose d’un réseau partenaire de 25 CFA envisage également de se rapprocher des 118 CFA du CCCA-BTP (réseau paritaire de l’apprentissage), une évidence au regard de certaines thématiques traitées en formation, comme celle par exemple du RGE (Reconnu garant de l’environnement).

 

Rappelons que le label RGE, créé en 2011 est un signe de qualité délivré à une entreprise (le client du négociant) qui remplit certains critères lors de la réalisation de travaux d'économie d'énergie dans les logements.

 

Le dispositif Feebat (Formations aux économies d'énergie des entreprises et artisans du bâtiment) peut en effet intéresser le négoce, qui, par le passé, était éligible à certains fonds de formation. "L'objectif est de parler un langage commun avec nos clients et de réactiver un dispositif qui existait par le passé. Si le gouvernement persévère dans sa volonté de remettre en selle ce dispositif, il n’y a pas de raison que le négoce ne s’y réinvestisse pas… » termine Laurent Martin Saint-Léon.

 

(1) La représentativité patronale (mesure de l’audience des organisations syndicales ou patronales) détermine les organisations professionnelles d’employeurs reconnues représentatives pour négocier les accords collectifs de travail.

 


Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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