Une nouvelle appli pour gérer ses matériaux de retour chantier

Une nouvelle appli pour gérer ses matériaux de retour chantier

Une nouvelle appli permet aux entreprises du BTP de faire l’inventaire de leurs produits non utilisés sur les chantiers et bientôt de les revendre à d’autres professionnels.



Elle s’appelle StockPro et les créateurs de cette start-up viennent de fêter sa première année d’existence. Son principe : elle facilite l’inventaire des « produits » non utilisés sur les chantiers, des produits qui auraient tendance à s’accumuler dans des réserves et à être oubliés des entreprises. A noter que l’idée n’est pas totalement nouvelle puisque qu’une petite dizaine d’applis plus ou moins similaires ont été récemment lancées.

 

Cette nouvelle appli permet en effet de scanner les fournitures non utilisées sur les chantiers, après le retour des équipes de travail : il suffit de scanner le code barre avec un mobile. Ainsi repertoriés, ces produits pourront soit être valorisés sur un nouveau chantier soit revendus à des confrères grâce à une market place nouvellement créée.

 

« On s’est rendu compte que près de 5 à 7 % des matériaux jetés (soit 280 millions de tonnes) étaient neufs, ce qui représente 1,5 milliard d’euros de marchandises en valeur, explique Romain de Garsignies, l'un des deux créateurs de la start-up.

 

Cet ex-entrepreneur dans le BTP sait de quoi il parle : à 26 ans, il a racheté une entreprise de maçonnerie dans l’Essonne et a structuré au fil du temps un petit groupe de BTP tous corps d’état comptant jusqu’à 110 personnes. Un groupe vendu en 2013, à l’occasion d’une diversification d’activités en Asie qui aura duré 5 ans.  

 

 

« Gérer les stocks de produits dormants »

 

« Lors de la vente de l’entreprise, j’ai été effaré par le stock de produits non utilisés et en 2018, à mon retour, l’idée m’est restée en tête ; je voulais transposer sur une application digitale la gestion des stocks de produits dormants » explique Romain de Garsignies.

 

La rencontre avec un ingénieur de formation, Stéphane Renou, le 2e cofondateur, et avec des acteurs du digital et du BTP, a permis de concrétiser les choses : les statuts de la société sont déposés en octobre 2018 et les premiers recrutements sont effectués. L’appli est alors lancée avec 10 entrepreneurs testeurs, soit un dans chaque corps de métier du BTP.

 

Des contacts sont ensuite noués avec certains partenaires fournisseurs (aujourd’hui Sonepar, Wirquin, Schneider Electric…), ce qui a permis à Stockpro de récupérer les références des données échangées entre fabricants et distributeurs. La start-up revendique un volume important de produits référencés, de l’ordre de 120 000 dans l'appli (et 10 000 à venir dans la marketplace), et indique vouloir se concentrer aujourd’hui sur le marché de l’Ile de France.

 

« On voulait quelque chose de très ergonomique et inconographique avec une approche simple de type Doctolib : l’outil équipe les clients qui peuvent mettre en relation leurs stocks » explique Romain de Garsignies.

 

Deux sources de revenus pour la start-up

 

Aujourd’hui, la start-up cible diverses professions comme les plombiers et les électriciens et à travers eux « les produits en phase terminale de l’installation », c’est à dire les robinets, lavabos, luminaires, disjoncteurs,… « Ce sont des produits qui coûtent de l’argent et qui disposent d’un code barre » spécifie le cofondateur de la start-up.

 

Autres métiers visés : ceux « où il y a un sujet de métré » comme les sols souples ou le carrelage. Des matériaux a priori qui pourront être utilisés sur des « petits » chantiers pour réaliser par exemple une douche à l’italienne, une crédence pour une cuisine, …

 

Quel modèle économique pour la start-up ? Elle table sur deux sources de revenu : tout d’abord, les abonnements des clients entrepreneurs et ensuite, une commission sur les transactions, représentant 20 % du montant du paiement.

 

Des tarifs d’abonnements variables selon la taille de l’entreprise

 

En ce qui concerne le montant des abonnements, ils sont variables selon la taille de l’entreprise (entre 240 euros pour une entreprise de 0 à 10 personnes, 360 euros pour une entreprise de 11 à 20 personnes et 500 euros pour une entreprise de 21 à 50 personnes).

 

Un calcul établi sur la base des charges payées par l’entreprise, selon le nombre de salariés, mais aussi en tenant compte du coût d’une benne, de l’ordre de 500 euros. « On peut dire que ce montant évite l’achat d’une benne à gravats et permet de gagner de l’argent grâce à la revente ».

 

Forte de 50 clients abonnés à ce jour, la start-up vise 1500 clients en juin 2020. Elle a également noué des partenariats avec différents acteurs du secteur comme la SMA qui propose une offre spéciale à ses sociétaires : 12 mois d’abonnement et 6 mois gratuits supplémentaires.

 

Témoignage d’un électricien utilisateur

 

 

Lionel Cadout, à la tête d'une entreprise d'électricité et Romain de Garsignies, cofondateur de StockPro

 

Lionel Cadout a testé l’appli et l’a vite adoptée. A la tête d’une entreprise d’électricité de 14 salariés dans le Val d’Oise, Lionel Cadout n’était pas forcément convaincu au départ. « L’appli m’a permis de comprendre que l’on perd de l’argent en ne gérant pas nos produits non utilisés sur les chantiers » reconnaît-il. Et d’ajouter : « Il a fallu se mettre à l'utiliser pour se rendre compte que l’on ne répertoriait pas notre matériel et que l’on savait pas ce qu’il restait dans notre stock ». En ce qui le concerne, il s’agit de projecteurs, suspensions luminaires, disjoncteurs, des surplus remisés dans des cartons et généralement aussitôt oubliés.

 

Il a donc incité ses 4 conducteurs de travaux à scanner grâce à l’appli StockPro, les produits restants après chaque fin de chantier. Une habitude devenue systématique qui lui permet de réutiliser ses propres produits, désormais référencés, au lieu de les racheter. « Et s’il nous manque quelques produits, on ira voir ce que propose la marketplace », ajoute l’électricien qui pour sa part, n’a pas l’intention de modifier ses habitudes d’achat chez les grossistes.


Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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