Isolation par l’extérieur en chanvre-lin-coton dans le Vendômois

Isolation par l’extérieur en chanvre-lin-coton dans le Vendômois

Un pavillon des années 70 a été rénové et isolé avec une isolation naturelle par l’extérieur en panneaux de chanvre-lin-coton.




Confort d’été et d’hiver, réduction par deux de la facture énergétique : c’est ce que vise Isoscop, SCOP du bâtiment spécialisée dans l’isolation naturelle, avec la pose de panneaux de chanvre-lin-coton en ITE sur ce pavillon des années 70.

 

Situé à Villefrancoeur, entre Blois et Vendôme, ce pavillon des années 70-80, à ossature bois finition crépie, dispose de 7 à 10 cm de laine minérale à l’intérieur, doublés sur l’extérieur des pignons de quelques centimètres de polystyrène.

 

Ses propriétaires souhaitaient améliorer leur confort d’été et d’hiver et faire des économies d’énergie, en ayant recours à des matériaux biosourcés. Ils ont opté pour une ITE en chanvre-lin-coton sous un bardage bois, permettant de moderniser du même coup l’esthétique de leur maison.

 

Une ossature bois légère est fixée sur le crépi. La porte de garage a été remplacée par une porte de service.

 

Une solution complète pour le client

 

Le coût de l’ITE s’établit à 33 000 € fourni-posé, y compris les rallonges de toit et les ajustements nécessaires (rallonge des fixations pour le store banne, rallonge des alimentations électriques pour l’éclairage extérieur, modification de la porte de garage, …).

 

Isoscop, la Scop vendômoise qui pose l’ITE, apporte une solution complète en se chargeant également de rénover l’isolation des combles perdus, pour parfaire la performance de l’enveloppe : la laine de verre est retirée et 40 cm d’ouate sont soufflés. Par ailleurs, des volets roulants solaires remplacent les volets battants ; un choix qui simplifie le chantier.

 

Vissées sur le mur en ossature bois existant, les équerres métalliques écartent de 143 mm du mur les tasseaux de 40 x 40 mm posés tous les 60 cm. Les panneaux d’isolant sont glissés entre les deux.

 

Le succès de l’isolant naturel

 

Mettant plus l’accent sur la qualité des prestations que sur la nature du matériau, Yann Fromager, le gérant d’Isoscop, souligne le succès de l’isolant naturel : « Ici, les propriétaires souhaitaient une isolation biosourcée, mais souvent, les clients découvrent après nous avoir contactés que nous ne posons que des matériaux écologiques : du Biofib’Trio, pour les murs, de l’ouate de cellulose pour les combles, ou parfois de la fibre de bois, pour l’ITE sous enduit.
Nous ne communiquons pas là-dessus pour ne pas nous couper d’une clientèle pouvant croire que c’est plus cher, alors que le coût est le même qu’avec des isolants conventionnels et le résultat très performant, s’il est bien posé ! »

 

Un pare-pluie textile, cloué sur les lattes, protège l’isolant. Il est contre litonné pour recevoir le bardage.

 

Isoscop, une SCOP qui voit l’avenir en rose

 

Après dix ans passés à poser de l’isolant en chanvre avec son père artisan plaquiste, puis deux ans à en vendre, Yann Fromager a fait la synthèse de ses expériences professionnelles en créant, en septembre 2015, Isoscop, seule Société Coopérative et Participative (SCOP) du bâtiment du Loir et Cher.

 

« Je voulais fonder une entreprise où il fait bon travailler, alliant la passion du travail bien fait de l’artisan et la capacité à se vendre de la société commerciale. La SCOP était le statut idéal pour motiver les compagnons ! » Entreprise RGE, Isoscop a dès sa naissance le respect du client mais aussi de la planète, en n’utilisant que des produits biosourcés et en optimisant le recyclage.

 

Outre sa fonction anti-intrusion, la grille anti-rongeurs fixée en bas de mur permet de ventiler le bardage, évitant l’échauffement du mur en été et la condensation en hiver.

 

12 salariés associés salariés

 

La SCOP compte aujourd’hui 12 associés salariés, très investis dans la réussite de leur entreprise, et un apprenti couvreur. « Nous sommes tous agents de maitrise, avec le même nombre de parts sociales, le même salaire et le même poids décisionnaire ; d’ailleurs, nous sommes très souvent unanimes », précise Yann Fromager.

 

« Les trois spécialistes de l’isolation, les deux plaquistes et les trois couvreurs ne suffisent plus pour répondre à la demande. Le bouche à oreille fonctionne très bien et la dynamique est bonne ; nous embaucherons au moins quatre personnes d’ici fin 2020 car nos délais d’intervention dépassent 7 mois d’attente et nous perdons des marchés » ajoute-t-il

 

De 1,26 million d’euros en 2018, le chiffre d’affaires de la SCOP devrait dépasser 2 millions en 2020. A terme, Isoscop envisage de s’adjoindre une compétence en ingénierie bois et en maçonnerie pour proposer une offre globale.

 

Les pignons sont échafaudés et dégarnis de leur isolant polystyrène (une journée de travail par pignon).

 

Une SCOP performante

 

L’entreprise rayonne à moins de deux heures autour de Vendôme, travaillant à 100 % pour des particuliers en maison individuelle, essentiellement en isolation thermique intérieure, « même si nous promouvons l’ITE, plus efficace et plus rentable pour nous, mais plus onéreuse : vendre un chantier à 40 ou 50 000 € est moins facile à vendre dans un département assez désargenté comme le nôtre », souligne Yann Fromager.

 

En plus de l’isolation, les chantiers comportent presque toujours de la charpente-couverture (notamment zinguerie, ossature bois, couverture) et parfois de la ventilation, réalisée par un électricien intégré à la SCOP. Le gérant se charge de la réception de chantier et obtient un paiement de la prestation dans les neuf jours qui suivent : une autre performance !

 

 

 

L’isolation à un euro : un complément de marché à prendre

 

Yann Fromager, 35 ans, fondateur d’Isoscop, vient de voir son mandat de gérant renouvelé pour trois ans. Volontaire et avisé, le jeune homme porte haut ses valeurs et promeut le statut de SCOP.

 

Depuis mi-avril, les compagnons d’Isoscop interviennent aussi sur le marché de « l’isolation à un euro », mais en tant que sous-traitants de l’entreprise artisanale Fromager. Yann Fromager s’en explique : « Nous ne voulons pas d’amalgame entre Isoscop et des poseurs d’isolant qui n’ont pas une bonne image. Les grosses sociétés positionnées sur le marché de l’isolation à un euro sous traitent un peu à tout va, ce qui ouvre la porte à des prestations de moindre qualité, c’est pourquoi nous sommes très vigilants ».

 

Isoscop revendique là encore de faire de la qualité et pose de l’ouate de cellulose soufflée en combles. « Pour l’isolation de plancher par le sous-sol, nous utilisons des plaques de polyuréthane car pour le moment, aucun isolant naturel n’est aussi performant », déplore le gérant d’Isoscop, qui travaille avec Cavac Biomatériaux à une solution biosourcée adaptée.

 

 

Biofib’ Trio, un isolant séduisant

 

Le panneau thermo-acoustique semi-rigide Biofib’trio, utilisé ici en ITE, est un mélange de de chanvre, lin et coton recyclé (avec 8 % de liant PE et un traitement fongicide).

 

Le très bon déphasage et la régulation naturelle de l'hygrométrie de cet isolant écologique et sain (pas d'émission de COV) offrent un confort d'été et d'hiver notable. Utilisé en murs, combles aménagés et planchers, ce panneau de 1,25 x 0,6 m s'adapte à tous les montants.

 

L’effet « ressort » en latéral garantit une tenue mécanique durable et contribue à sa grande facilité de pose, même sur support irrégulier. L’isolant est découpé en majorant l’espace entre les montants de 2 cm pour le poser en légère compression et épouser la forme des montants, ce qui permet de réduire les ponts thermiques. λ de 0,039 W/m.K Disponible en épaisseurs 45 à 200 mm, le Biofib’Trio existe aussi en rouleaux. Performances thermiques certifiées Acermi. FDES vérifiée et label Biosourcé.

 

Une production en circuit court et zéro déchet

 

Cultures au bilan carbone très favorable, le chanvre comme le lin sont entièrement valorisés, de la paille à la poussière. Ils sont cultivés dans les 100 km autour du site de production, par les agriculteurs de la coopérative agricole Cavac (Biofib’ Isolation est la marque de Cavac Biomatériaux). Défibrage et nappage des fibres sont réalisées sur le même site industriel, à Sainte-Gemme-la-Plaine, en Vendée.

 


Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson

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