Rénovation d’une villa bretonne ancienne attaquée par le mérule

Rénovation d’une villa bretonne ancienne attaquée par le mérule

Après l’attaque d’un champignon, une villa bretonne typique du 19e siècle dotée d’une surface de 430 m2 a été entièrement rénovée avec des systèmes en plâtrerie humide et sèche.



Cette belle demeure de trois étages, en maçonnerie de pierre (granit) et couverture ardoise, surplombe Perros-Guirec, face à la mer. Elle a été malheureusement attaquée par la mérule pleureuse (ou le mérule), également appelée « lèpre des maison ».

 

Ce champignon lignivore, véritable fléau pour l’habitat, s’attaque aux bois, cartons, livres dans les pièces humides des logements, avant de « déguster » tout l’édifice quand il le peut ! Avant de faire rénover l’intérieur de l’habitation, avec des systèmes de plâtre, l’architecte en charge du projet Gilbert Petibon, a dû faire intervenir un maçon pour procéder à la démolition des zones trop atteintes et abîmées.

 

Objectif : éliminer de façon radicale l’ensemble des parasites, en l’occurrence des champignons des lieux, de la villa Castel Ar Mor !

 

 

 

L’intérieur de la tourelle restauré : Il a fallu reprendre la charpente en bois et créer une 2e charpente intérieure afin de fixer le grillage type nergalto, permettant l’accroche de l’enduit plâtre (plâtre allégé projeté) © Gilles Delacuvellerie

 

Une restauration pas comme les autres

 

Argoat Plâtrerie, l’entreprise de plâtrerie missionnée par l’architecte pour rénover la villa est spécialisée dans les travaux délicats et complexes.

 

Julien Prigent, jeune chef d’entreprise de 33 ans (voir encadré) gère une petite équipe de 6 salariés et a relevé le défi de cette restauration pas comme les autres. Sa mission a consisté à mettre en oeuvre des techniques traditionnelles à base de plâtre humide mais aussi des techniques courantes, avec de la plâtrerie sèche.

 

Les plafonds d’un couloir en deux rampants identiques reliés par un angle arrondi et une pièce de vie ont été traités avec les techniques traditionnelles du plâtre humide. © Gilles Delacuvellerie

 

Plâtre humide et plâtrerie sèche au programme

 

Le plâtre humide a ainsi été mis en oeuvre par projection pour rénover l’intérieur d’une tourelle octogonale, mais aussi les plafonds d’un couloir en deux rampants identiques reliés par un angle arrondi et d’une pièce de vie (en niveau horizontal).

 

La plâtrerie sèche a surtout été utilisée pour réaliser des cloisons classiques ainsi que des cloisons de séparation à affaiblissement acoustique. Au préalable, et compte tenu de l’importance des travaux, il a fallu gérer l’approvisionnement des matériaux en déposant un balcon de la villa. A noter qu’une passerelle de chantier de 10 m de long a permis de relier la route au balcon du 3e étage.

 

La mission de l’entreprise a consisté à mettre en oeuvre des techniques traditionnelles à base de plâtre humide mais aussi des techniques courantes, avec de la plâtrerie sèche. © Gilles Delacuvellerie

 

Restaurer l’enduit plâtre d’une tourelle octogonale

 

L’un des points techniques délicats concernait le traitement de l’enduit plâtre de la tourelle octogonale, dominant une cage escalier. Une nouvelle charpente intérieure en bois a été mise en oeuvre pour servir de support à l’enduit plâtre allégé projeté (selon le principe de réglage à l’italienne).

 

Sur cette charpente bois, la pose d’un grillage de type Nergalto a facilité l’accroche de l’enduit. Une technique de travail peu courante pour l’entreprise qui a enrichi son savoir-faire à l’occasion du chantier.

 

L’intérieur de villa après les travaux de rénovation. © Gilles Delacuvellerie

 

Cloisons et contre-cloisons

 

Un travail plus classique a été mené au niveau du rez-de-jardin avec la pose de contre-cloisons réalisées en briques et hourdées au plâtre. Ces contre-cloisons ont été revêtus d’un enduit au plâtre allégé projeté.

 

Quant au plafond de la zone concernée, il a été réalisé avec des plaques à plâtrer après pose d’une ossature. Un enduit au plâtre allégé a été projeté sur le plafond. Pour le reste, pose de cloisons simples et acoustiques, l’entreprise a recouru à des techniques plus classiques et bien maîtrisées.

 

Au final, ce chantier, a permis au plâtrier de révéler les différentes facettes de son savoir-faire et de gagner toute la confiance de l’architecte qui n’a pas hésité à lui confier d’autres chantiers délicats, selon Julien Prigent.

 

Argoat Plâtrerie, une entreprise spécialisée dans les chantiers d'exception

 

Julien Prigent 33 ans, gère depuis juillet 2010 l’entreprise Argoat Plâtrerie, qui compte désormais 6 salariés. Basée à Louviguy-Plougras, entre Morlaix et Guingamp, la société réalise des travaux de plâtrerie et d’isolation, en neuf et rénovation, dans les Côtes d’Armor (22), mais aussi dans le Finistère (29) et l’Ile et Vilaine (35).

 

« Nous avons développé des compétences particulières en restauration qui nous permettent de traiter certains chantiers d’exception comme la villa Castel Ar Mor à Perros Guirec » explique le jeune patron de l’entreprise, Julien Prigent.

 

Le chantier en question présentait une difficulté particulière avec la réfection intérieure complète de la tourelle octogonale de la villa. Il a fallu reprendre la charpente en bois et créer une 2e charpente intérieure afin de fixer le grillage de type nergalto, permettant l’accroche de l’enduit plâtre (plâtre allégé projeté). « C’était assez nouveau pour nous mais nous avons su relever le défi » confie Julien Prigent. L’entreprise a été appelée par l’architecte en charge de la rénovation de la villa. Explication : le maître d’oeuvre avait déjà testé les compétences des équipes d’Argoat Plâtrerie lors d’un chantier sur une maison individuelle.

 

Une formation poussée auprès de patrons exigeants

 

Le jeune chef d’entreprise reconnaît avoir eu la chance de travailler au préalable dans des entreprises avec des patrons formés chez les Compagnons du Devoir. « On m’a donné ma chance et j’ai beaucoup appris grâce à eux. J’ai même fait des stages de perfectionnement et j’ai appris à réaliser des escaliers sur voûte sarrasine ou du plâtre décoratif » reprend l’artisan.

 

Ces rencontres lui ont donc permis de se spécialiser dans des « réalisations non courantes » et aujourd’hui, il affirme pouvoir répondre à tout type de projet et ainsi de se démarquer par rapport à la concurrence.

 

Un chantier hors norme et un appui technique sur mesure

 

Sur le projet de la villa Castel Ar Mor, qui représente 430 m2 de surface habitable dont sept chambres, les techniques traditionnelles de l’enduit plâtre ont été employées pour remettre les lieux à neuf.

 

Outre la tourelle à traiter, d’autres difficultés se sont présentées. « Les sept chambres sont équipées de salles de bains, mais les galeries techniques indispensables au passage des réseaux, n’existaient pas et n’avaient pas été prévues par endroit » précise Julien Prigent. L’entreprise a dû réaliser des coffres discrets et esthétiques (et symétriques) dotés de qualités acoustiques.

 

Le jeune patron reconnaît avoir bien été aidé et conseillé par son fournisseur Placoplatre à cette occasion. Il faut dire que ce chantier hors norme (d’un montant de 115 000 euros HT) justifiait un appui technique à la hauteur des enjeux.

 

Fiche des produits mis en oeuvre

 

  • Etanchéité à l’air/Plaque à plâtrer : Gyplat enduit au platre allégé projeté 33XPert
  • Etanchéité à l’air/ Plâtre à briquer : Lutece Rouge
  • Affaiblissement acoustique/ Plaque Placophonique



Source : batirama.com / Fabienne Leroy

Articles qui devraient vous intéresser

Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

ARTIDEVIS Autopub

Produits







Articles

Votre avis compte

Le secteur du bâtiment irait mieux depuis quelques mois, qu'en pensez-vous ? (2196 votants)
Oui, la reprise est bien là, les carnets de commandes se remplissent à nouveau
Non, le contexte économique reste très défavorable
Il est trop tôt pour se prononcer
 

Boutique

La fabrication du bâtiment 1