DTU 43.1 – Étanchéité des toitures avec éléments porteurs en climat de plaine

DTU 43.1 – Étanchéité des toitures avec éléments porteurs en climat de plaine

L’étanchéité a un rôle primordial dans la protection d’un ouvrage. Sa bonne exécution et son entretien régulier doivent être assurés pour lutter contre tout dommage ultérieur.

 

Photo ©Adam Toiture



Domaine d’application

 

Le DTU 43.1 « Étanchéité des toitures terrasses et toitures inclinées avec éléments porteurs en maçonnerie en climat de plaine » donne les prescriptions de mise en œuvre d’étanchéité :

  • de toitures terrasses (pente inférieure ou égale à 5%) ;
  • de toitures inclinées (pente supérieure à 5%) ;

réalisées sur des éléments porteurs en maçonnerie conformes au DTU 20.12.

 

Le DTU 43.1 est applicable :

  • aux rampes, escaliers et gradins ;
  • aux toitures de bâtiment d’usage courant, mises en œuvre en France métropolitaine en climat de plaine, hors celles sur locaux à température contrôlée inférieure à 0°C ;
  • aux toitures sur lesquelles l’action du vent est inférieure ou égale à 4 712 Pa, à moins de comporter une protection lourde ;
  • à tous les ouvrages situés dans toutes les zones sismiques.

 

La version en vigueur de ce DTU, à la publication de cette fiche, est celle de novembre 2004.

 

Matériaux visés

 

Les exigences que doivent respecter les matériaux nécessaires à la mise en œuvre d’une étanchéité des toitures terrasses et toitures inclinées avec éléments porteurs en maçonnerie en climat de plaine (matériaux pour : pare-vapeur, isolation thermique, revêtement d’étanchéité, couches d’indépendance, protection d’étanchéité, ouvrages annexes, etc.) sont données dans la partie 1-2 « Critères généraux de choix des matériaux » du DTU 43.1.

 

Mise en œuvre : l’essentiel

 

Dispositions générales

Les pentes doivent être indiquées sur les plans et exécutées par l’entreprise de gros œuvre, soit directement sur l’élément porteur, soit par une forme de pente rapportée. La valeur de la pente admise dépendra de la destination de la toiture. En règle générale, elle sera :

  • comprise entre 0 et 5% en parties courantes ;
  • supérieure ou égale à 0,5% dans les noues, chêneaux et caniveaux ;
  • supérieure ou égale à 1,5% sur les marches et gradins.

 

Avant la mise en œuvre d’un ouvrage d’étanchéité, la conception doit prendre en compte l’ensemble des charges permanentes :

 

  • poids propre :
    • du pare-vapeur ;
    • de l’isolant thermique ;
    • du revêtement d’étanchéité ;
    • du système de fixation rapportée ;
    • de la protection, des chemins de circulation, etc. ;
    • de la terre végétale, de l’ensemble des végétaux envisagées et des jardinières rapportées ;
    • des équipements techniques potentiels ;
  • charges climatiques (neige, eau de pluie, vent, etc.) ;
  • charges d’exploitation ;
  • charges d’entretien (de manière générale prise à 1 kN/m2).

 

En parallèle, une hauteur suffisante, entre le bas des équipements techniques solidaires des éléments porteurs et la protection du revêtement d’étanchéité en partie courante, doit être prévue pour assurer les opérations d’entretien et de réfection. Cette hauteur dépendra de la longueur d’encombrement horizontal en cas d’équipements fixes.

 

Prescriptions en partie courante, y compris noues

 

L’une des conditions indispensables à la mise en œuvre des ouvrages d’étanchéité est l’achèvement préalable de toute la partie « gros œuvre », y compris ouvrages particuliers. Les surfaces doivent être propres et sèches, finalisées (depuis 8 jours à 3 semaines selon la saison) et à une température supérieure à +2°C avant l’arrivée de l’entreprise d’étanchéité.

 

Dans les cas où un isolant doit être placé sous le revêtement d’étanchéité, un dispositif pare-vapeur doit être prévu au moment de la conception. La constitution de ce dernier sera notamment fonction de l’hygrométrie et du chauffage des locaux considérés.

 

Quant à l’isolant thermique, le domaine d’emploi est défini dans le Document Technique d’Application dédié. Son épaisseur dépendra de la résistance thermique souhaitée et de sa nature. L’isolation pourra se faire par le biais :

 

  • d’un isolant support d’étanchéité (d’une manière générale, pose des panneaux avec joints serrés en quinconce, qu’il ait été défini un ou plusieurs lits d’isolant) ;
  • d’une isolation inversée (pente maximale admise : 5% - pose des panneaux en un seul lit, à joints serrés décalés dans un seul sens, sur le revêtement d’étanchéité directement ou sur une couche de désolidarisation).

 

Le revêtement d’étanchéité admis dans le DTU 43.1 peut être en asphalte ou un système bicouche à base de bitume modifié par élastomère SBS selon la destination de la toiture. La liaison à son support pourra être adhérente, indépendante ou semi-indépendante en fonction :

 

  • du type de support d’étanchéité (maçonnerie, panneaux isolants ou rampes en maçonnerie) ;
  • du type de protection (lourde, jardin ou autoprotection) ;
  • de la composition du revêtement d’étanchéité.

 

Le choix de la protection d’étanchéité est fonction de la destination de la toiture et de la nature du revêtement d’étanchéité. Il peut s’agir de dalles sur plots, d’un dallage en béton armé, d’une autoprotection, etc. On la retrouve le plus couramment dans le cas d’une toiture sans isolation inversée.

 

Ouvrages particuliers

 

Parmi les ouvrages particuliers, on entend notamment :

 

  • les reliefs : ils comprennent les acrotères, les costières, les souches et murs, les ressauts, etc. de hauteur inférieure à 1 m, exception faite des toitures terrasses jardins où la hauteur maximale est 4 m. Selon le type, ils peuvent être mis en œuvre en maçonnerie (béton de parement courant ou maçonnerie revêtue d’un enduit ciment) ou en métal (costières de lanterneaux, de joint de dilatation, etc.). Dans certains cas, ils peuvent être complétés par une isolation thermique, avec pare-vapeur si le relief est en maçonnerie au contact de locaux à très forte hygrométrie. Selon le cas présent, les relevés seront protégés par autoprotection apparente, enduit en mortier, écran, etc. ;

 

  • les retombées : il s’agit essentiellement des retombées d’étanchéité en limite de construction jouxtant un terre-plein, qui assurent la continuité du revêtement d’étanchéité des parties courantes, sur 20 cm sous la liaison mur/plancher. Leur support est soit réalisé en béton de parement courant, soit en maçonnerie de petits éléments revêtue d’un enduit ciment. Les retombées sont constituées d’éléments distincts des retombées d’étanchéité des parties courantes avec un recouvrement soudé. Comme pour les relevés, la protection des retombées pourra être une autoprotection ou une protection dure ;

 

  • les chêneaux / caniveaux : les Documents Particuliers du Marché peuvent prévoir une isolation de ces ouvrages, soit en fond (pare-vapeur à prévoir), soit sur les parois latérales (pare-vapeur si contact avec locaux à très forte hygrométrie). Le revêtement d’étanchéité de ces éléments se fera en deux parties distinctes entre fond et parois. Quant à la protection, elle sera normalement assurée par l’autoprotection du revêtement ou l’asphalte gravillonné ;

 

  • les joints de dilatation : ils peuvent être décalés en toiture ou de même niveau. Un dispositif empêchant l’eau de pluie de s’infiltrer devra être prévu ;

 

  • les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales : il s’agit des entrées d’eaux pluviales, raccordées aux descentes, et des trop-pleins, mis en œuvre sur les ouvrages de gros œuvre. Ils doivent être soit au nombre de 2, soit seul à condition d’être complété par un trop-plein.

 

Dispositions spécifiques

 

Le DTU 43.1 traite des dispositions spécifiques à mettre en œuvre dans certaines conditions. Il sera traité notamment les éléments ci-dessous :

 

Les liaisons des équipements lourds permanents avec la toiture-terrasse doivent permettre d’assurer à tout moment l’entretien et la réfection des ouvrages d’étanchéité. A cet effet :

 

  • soit l’équipement devra être posé sur un ou plusieurs massifs émergents en maçonnerie solidaires de l’élément porteur, l’équipement jouant le rôle d’étanchéité ;
  • soit l’équipement devra être solidarisé à un ou plusieurs massifs en béton, transportables et démontables sans recours à des engins de levage, posés sur le revêtement d’étanchéité ou sa protection.

 

Concernant les toitures inaccessibles, techniques ou à zones techniques :

 

  • le traitement des joints de dilatation par joints plats est interdit ;
  • en cas de nécessité de rails de circulation, les revêtements devront être relevés sur les plots ou traverses supports des rails.

 

Pour la conception des toitures terrasses-jardins, l’aménagement paysager ultérieur doit être pris en compte. Les parties courantes doivent comporter, à partir de l’autoprotection du revêtement d’étanchéité :

 

  • une couche drainante (plaques de polystyrène expansé moulées, association cailloux et graviers, granulats minéraux expansés, etc.) ;
  • une couche filtrante (nappes de non tissé synthétique de 170 g/m2 minimum) ;
  • une couche de terre végétale (épaisseur minimale de 30 cm) ;
  • le cas échéant, des aménagements de circulation reposant directement sur la terre végétale.

 

A la fin des travaux d’étanchéité, divers contrôles pourront être mis en place, selon les prescriptions des Documents Particuliers du Marché :

  • épreuves d’étanchéité à l’eau : consistent à mettre en eau les toitures terrasses jusqu’à une hauteur de 5 cm en-dessous de la partie supérieure du point le plus bas des relevés, pendant 24h minimum ;
  • contrôle destructif du revêtement d’étanchéité : à réaliser de manière exceptionnelle. Prélèvement d’un échantillon de 30 x 30 cm pour vérification du poids selon les tolérances admises dans le DTU 43.1.

 

N.B. : Cette fiche rapporte l’essentiel du DTU 43.1. Elle ne se substitue en aucun cas à ce document normatif. Pour tout complément souhaité sur ce type de mise en œuvre, consultez le DTU disponible auprès de l’AFNOR ou du CSTB.

 


Source : batirama.com

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