La réforme de l'apprentissage va dans le bon sens pour les Compagnons du Devoir

La réforme de l'apprentissage va dans le bon sens pour les Compagnons du Devoir

La Réforme de l’apprentissage va dans le bon sens, selon Jean-Claude Bellanger, secrétaire général des Compagnons du Devoir, qui estime que les CFA devront être jugés sur leur capacité à rendre employable un jeune.





Les Compagnons du Devoir et du Tour de France, association de loi 1901, gère 80 sites en France qui accueillent 10 000 apprentis alternants dont 40 % dans le BTP, 40 % dans l’industrie et 20 % dans les autres métiers.

 

La réforme de l’apprentissage en cours conforte les Compagnons dans leur politique de recrutement des jeunes et leur vision des métiers à long terme. Explications de Jean-Claude Bellanger, secrétaire général.

 

Quel bilan faites-vous de la présentation de la réforme de l’apprentissage ?

 

Jean-Claude Bellanger : La nouvelle loi permet de répondre aux besoins des métiers. Elle donne aux CFA la capacité de créer des sections en fonction des besoins des métiers, à travers une réflexion sur leur devenir. Pour notre association, la réforme correspond à notre vision et à notre organisation actuelle. Nous recrutons en effet des jeunes par rapport aux besoins des filières que nous évaluons grâce à nos analyses et nos études.

 

Par exemple, dans le métier de la menuiserie, de nombreux jeunes souhaitent se spécialiser dans la fabrication de mobilier. Or, le mobilier est fabriqué de manière industrielle aujourd’hui. Cela ne servirait à rien de former en grand nombre des jeunes menuisiers qui n’auront pas d’avenir professionnel et qui ne trouveront pas d’emploi. Si l’on ne suit pas les besoins des métiers, on ne donnera pas d’avenir à la jeunesse que l’on forme.

 

Le système un contrat = un financement correspond donc à une bonne logique selon vous ?

 

Le financement au contrat permet à un jeune de choisir son entreprise et son CFA. Il peut donc choisir ce dernier en fonction de sa capacité à le préparer au diplôme et à l’emploi. Le financement au contrat permet de répondre aux besoins économiques des filières. Les CFA ne doivent pas se placer dans une démarche économique sans se soucier du nombre d’emplois disponibles pour la jeunesse.

 

Ce système tel que nous le préconisons prend le jeune et son avenir en considération. Un CFA ne doit pas être un « business économique » pour nous. Il doit assurer l’employabilité du jeune qui doit être formé aux métiers d’avenir. C’est la raison pour laquelle nous avons développé une cellule de Recherche et de réflexion sur les métiers de demain.

 

Par ailleurs, le Compagnon va suivre un parcours de formation relativement long, ce qui nous engage à connaître le métier sur les 5 ou 6 ans à venir. Cela suppose une capacité à bien réfléchir pour former les compagnons aux compétences demandées par les entreprises.

 

La réforme prévoit un rôle accru pour le maître d’apprentissage et la certification des CFA. Etes-vous prêts ?

 

La réforme implique la labélisation ou la certification des CFA qui peuvent former par la  voie de l’apprentissage. Les CFA doivent devront être titulaires de la qualification OPQF qui atteste du professionnalisme des structures. Ensuite, il faudra sûrement aller plus loin, vers viser une certification Iso 9001 pour rendre la démarche des CFA plus qualificative et nous sommes aujourd’hui dans cette démarche.

 

Demain, ce sera en effet la clé de qualité des structures de formation. Quant au maître d’apprentissage, nous avons chez les Compagnons un module de formation qui lui est destiné afin qu’il accompagne les apprentis dans les meilleures conditions.

 

Nous avions d’ailleurs proposé que le maître d’apprentissage puisse « gagner » un trimestre par apprenti formé pour partir plus tôt à la retraite. Nous avions calculé que s’il formait 15 apprentis, il pourrait partir 4 ans plus tôt à la retraite. Mais notre idée n’a, hélas, pas été reprise dans le cadre de la Réforme.

 

Vos effectifs ont un peu diminuté récemment, comment évaluez-vous vos besoins dans le domaine du Bâtiment ?

 

Le nombre d’apprentis s’est en effet stabilisé car nous avions des incertitudes sur notre capacité financière face à la réforme initiée par le gouvernement en 2014. Lorsque nous avons eu la certitude de conserver notre statut d’OCTA*, nous avons réouvert les vannes et augmenté les objectifs de recrutement  pour recruter davantage de jeunes.

 

Parallèlement, la crise économique récente n’a pas eu de fort impact chez nous car nous avons un réseau de 328 000 entreprises fidèles aux Compagnons. Les activités du Bâtiment ont cependant davantage souffert et nous avons enregistré une baisse de l’ordre de 10 %.

 

Mais depuis 2016, nous sommes en progression de 10 % au niveau des recrutements. Nous avons prévu de doubler nos effectifs de jeunes en formation en 2022 car nous devons anticiper les départs en retraites que nous avons pris en compte dans nos études et analyses.

 

* Organisme collecteur de la taxe d’apprentissage

 

Légende photo Jean-Claude Bellanger ©F. Leroy

« Demain, les filières seront plus importantes que les branches professionnelles elles-même. La frontière entre métiers disparaîtra en raison de l’évolution des pratiques du métier. Par exemple, le maçon devra un jour intégrer la domotique dans son ouvrage. De même, le couvreur devra intégrer les systèmes de gestion de l’air et de la lumière » estime Jean-Claude Bellanger.

 


Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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