Le béton en marche pour réduire l'impact carbone des bâtiments

Le béton en marche pour réduire l'impact carbone des bâtiments

Le syndicat national du béton prêt-à-l’emploi va former ses adhérents afin qu’ils maîtrisent les leviers de la réglementation E+C-. Et convainquent la maîtrise d’oeuvre de participer à l’expérimentation du label.



Légende : de gauche à droite, Benoît Thomas, secrétaire général du SNBPE, Jean-Marc Golberg, président, Azziz Ouattou, président de la commission développement et Olivier Stephan, délégué régional

 

Quelque 1500 prescripteurs, commerciaux et managers, spécialistes du béton prêt-à l’emploi, seront formés sur le contenu et les enjeux du label E+C-, actuellement en phase d’expérimentation, a annoncé le SNBPE (syndicat national du béton prêt-à-l’emploi). Le syndicat a réuni son réseau à Paris à l’occasion de la présentation de cette formation qui sera déployée auprès de ses adhérents sur le territoire dès mars/avril.

 

Soulignons que l’échéance de 2018 prévue pour l’expérimentation E+C-, devrait être prolongée, à la demande de la profession, jusqu’en 2020 grâce à un amendement dans le projet de loi ELAN (Evolution du logement et aménagement numérique).

 

Une bonne nouvelle pour les différentes filières de la construction (béton, brique, bois,…) désireuses de présenter des ouvrages nombreux et représentatifs de leurs solutions, conformes aux objectifs fixés par les pouvoirs publics, grâce à la mise en place d’un observatoire de l’expérimentation. Par ailleurs, un tutoriel intitulé " comment renseigner l’observatoire" est disponible sur le site du ministère.

 

« Nous devons faire comprendre aux personnes ciblées par notre formation en quoi cette future réglementation est importante pour la construction de demain, et quels sont les leviers d’action pour y parvenir » résume Jean-Marc Golberg, président du SNPBE.

 

Le carbone, un critère nouveau à expérimenter

 

Rappelons que ce label E+C- assemble deux approches : un calcul de performance énergétique (E+) qui doit être la meilleure possible et un calcul de l’empreinte environnementale (C-) des bâtiments, qui a contrario doit être la plus faible possible. Voir notre article Comment calculer le "C" ou Carbone du label E+C-

 

Or, l’introduction du critère Carbone dans l’évaluation des bâtiments bouscule aujourd’hui les habitudes des acteurs de l’acte de construire. « Nous avions auparavant des critères basés sur la réglementation thermique, or le critère carbone est totalement nouveau », reprend Jean-Marc Golberg.

 

« En tant que professionnels du BPE, nous devons être acteurs de la transmission de ces bases expérimentales via l’Observatoire avec l’appui de nos FDES  -Fiches de déclaration environnementales et sanitaires- (la base Inies recense 22 FDES BPE à ce jour). Et nous devons mobiliser la profession pour que cette phase de l’observatoire soit représentative dans tous nos territoires à hauteur de la culture constructive en France » poursuit le président.

 

Une priorité, enrichir l’Observatoire

 

L’enjeu de cette formation pour le syndicat ? « Il sera d’alimenter l’Observatoire avec de nombreux ouvrages variés et reproductibles, en béton-prêt à-l’emploi, pour qu’en 2020, nous puissions déployer nos solutions de façon crédible avec des seuils réalistes et des données inattaquables » précise Azziz Ouattou, président de la commission du développement du syndicat. L’Observatoire permettra en en effet en 2e phase d’étudier la faisabilité technique et économique des projets afin de déterminer les exigences de la future réglementation

 

La SNBPE se donne ainsi pour mission de travailler avec les maîtres d’oeuvre et d’ouvrage et de les convaincre de participer à l’expérimentation du label, en intégrant dans l’Observatoire, un maximum d’ouvrages courants et reproductibles. Avec un leitmotiv : la valeur Carbone n’est pas uniquement liée au matériau mais à la façon dont on l’utilise.

 

Le syndicat défend ainsi une approche multicritères pour optimiser le socle E+C-, avec un seuil de base minimum constituant une note éliminatoire s’il n’était pas atteint. Cette démarche doit porter, aussi bien sur les matériaux, que sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, selon le syndicat.

 

 

Objectif du SNBPE : enrichir l’observatoire d’expérimentation du label E+C- avec de nombreux ouvrages variés sur le territoire. ©F. Leroy

 

Quels leviers pour le béton ?

 

Outre le développement de systèmes constructifs contribuant à la réduction des besoins énergétiques du bâtiment (bétons à propriétés isolantes structuraux destinés aux voiles de façades et pignons avec isolation rapportée à l’intérieur ; blocs coffrants isolants et murs à coffrages intégrés ; systèmes de bardage rapporté), le syndicat défend une approche collaborative renforcée en amont du projet. Objectif : valoriser les bénéfices du BPE dont l’inertie thermique, la qualité de l’air intérieur et la capacité à prolonger la durée d’usage du bâtiment.

 

Le second levier repose sur la présentation de solutions permettant de réduire l’impact carbone du bâtiment. Il s’agira tout d’abord de prescrire « le bon béton au bon endroit », en tenant compte des classes d’exposition et de résistance (qui influent directement sur l’empreinte carbone du bâtiment).

 

Réduire l’épaisseur des voiles de refends et de façade

 

Autre solution pour diminuer l’impact carbone : le choix de structures optimisées ; Il s’agit par exemple de réduire l’épaisseur des voiles de refends et de façades de 20 à 18 cm, ce qui contribue à diminuer de 5 % l’empreinte carbone, indique le SNBPE.  Il est aussi possible, au niveau de la conception, d’envisager de plus grandes portées et des structures poteaux poutres pour limiter les porteurs.

 

Enfin, le choix des formulations est essentiel puisqu’en modifiant la nature du liant – un levier disponible dans le cadre de la norme NF EN 206/CN – on peut réduire l’empreinte carbone de 20 % voire davantage, selon la disponibilité locale des liants.

 

Parmi les outils mis à disposition par le syndicat, notons un logiciel de calcul des impacts environnementaux du béton (BETie) permettant aux adhérents et prescripteurs d’établir des FDES spécifiques à chacun de leurs ouvrages en BPE. Les données fournies à travers ce configurateur sont éligibles aux projets de l’expérimentation du référentiel E+C-.

 


Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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