Isolation des maisons bois : cap sur les produits bio

Isolation des maisons bois : cap sur les produits bio

Les produits naturels émergent et séduisent les clients qui construisent des maisons à ossature bois. Les plumes, bois ou autre cellulose grignotent lentement mais sûrement un marché où les isolants traditionnels sont encore très présents.




 

Isolation thermique ou phonique, ces deux sujets de préoccupation dans la construction traditionnelle demeurent d’actualité pour les maisons à ossature bois. Ces dernières sont particulièrement performantes en terme d’économies d’énergie grâce à la combinaison de l’utilisation du matériau bois en structure et d’isolants thermiques et phoniques performants. Ces bonnes performances énergétiques autorisent de fait une architecture de qualité intégrant de larges baies vitrées, ce qui est loin d’être évident pour une construction traditionnelle.

 

Contraintes économiques 

 

Les matériaux conventionnels comme les laines de verre ou laines de roche occupent aujourd’hui une part nettement majoritaire dans le marché des maisons à ossature bois, même si les produits naturels et écologiques émergent lentement mais sûrement. Quand un artisan parle de plumes, d’ouate de cellulose ou de fibres de bois à ses clients, ces derniers sont généralement séduits à l’idée d’utiliser des produits naturels. Cependant, les contraintes économiques reprennent parfois le dessus et les bonnes résolutions écologiques du départ ne sont pas forcément en accord avec un budget toujours serré…

 


Source: L.D  / batirama.com




 

Confidentiels il y a encore quelques années, les matériaux écologiques émergent peu à peu, grâce à des performances thermiques comparables aux isolants habituels, telles que les laines minérales ou le polystyrène. 

 

so-sol-1-chanvre389.jpg

 

En combles comme en application murale, le chanvre s'avère être un matériaux durable. 

 

A l’heure ou l’on parle de démarche Haute Qualité Environnementale, il paraît évident que ces produits sont les isolants de l’avenir. Seul bémol qui rebute encore les plus convaincus, le prix, dû à la jeunesse de ces matériaux. Côté distribution un grand pas a été franchi, jadis distribués par un réseau de négoces spécialisés, ces produits sont maintenant à disposition dans la plupart des grandes enseignes de la distribution. Parmi ces produits, la grosse tendance aujourd’hui est l’ouate de cellulose soufflée, d’autant que les distributeurs sont désormais équipés des machines pour le soufflage. Le chanvre, disponible sous forme de rouleaux, de panneaux ou en vrac s’applique comme les laines de verre ou de roche. Ses qualités ne sont plus à démontrer quand on voit qu’une société comme Isover s’est lancé sur ce marché en commercialisant des panneaux de chanvre mélangés avec de la laine de mouton. La laine de bois, quant à elle, est disponible sous la même forme, avec toutefois des caractéristiques thermiques parmi les meilleures du marché. Petit bémol, sa densité, 150 kg/m3 impose une structure adéquate. La cellulose se présente en vrac ou sous forme de panneaux à base de papiers recyclés, ayant tout de même reçu un adjuvant naturel contre les moisissures. Enfin, les plumes, particulièrement appréciées pour leurs qualités naturelles, leur capacité à emprisonner une importante quantité d’air et à réguler l’humidité.

 

A RETENIR :

 

Intérêts : Des produits écologiques incontournables dans un monde de plus en plus tourné vers le développement durable.

Limites : Le prix reste un frein pour les chantiers dont le budget est limité.

 

Solution n° 2 : Les isolants traditionnels 

 

La plupart des isolants utilisés dans les maisons à ossature bois sont des laines minérales, de roche ou de verre.

 

so-sol-2-389.jpgIls s’appliquent pour tous les types d’isolation, pour les murs,  planchers, toitures, combles perdus ou aménagés…Ces matériaux s’utilisent comme pour les constructions traditionnelles avec comme seule différence l’épaisseur de l’isolant.Pour les maisons à ossature bois, on utilise généralement des complexes de 12 cm d’épaisseur au minimum.Ils se déclinent sous différentes formes, en rouleau pour les combles et les toitures, en panneau pour les murs et les planchers, et en vrac pour les murs creux et les combles perdus. Quel que soit l’isolant retenu, la règle à retenir est simple, plus l’épaisseur d’isolant est importante, plus celui-ci est efficace.Un bon compromis est toutefois à étudier car une large épaisseur d’isolant affecte naturellement la surface de la pièce.Citons enfin les isolants minces qui restent une solution d’isolation de combles.


La pose de la laine de verre en combles est historiquement une solution privilégiée tant dans le neuf que dans la rénovation.

 

 

 

 

A RETENIR :

 

Intérêts : La laine de verre reste aujourd’hui la solution d’isolation la plus économique parmi les matériaux traditionnels...

Limites : La tenue dans le temps de certains matériaux n’est pas toujours convaincante.




 

Jean-Pierre Oliva*

Etanchéité à l’air, pare-vapeur ou régulateur de vapeur ?

 

L’importance d’une bonne étanchéité à l’air est largement sous estimée. Des mesures effectuées en Allemagne* montrent qu’un défaut de raccord entre lais de pare-vapeur de 1 mm sur 1 m de long pour 1 m² d’isolant réduisent d’un facteur 4,8 l’efficacité de l’isolation, c’est à dire que 20 cm d’isolant ne sont pas plus efficaces que 4,16 cm ! Exemple : même avec un pull épais par vent froid, la chaleur du corps s’échappe, mais il suffit d’une fine couche étanche à l’air pour donner à la laine tout son pouvoir isolant. Voila pourquoi l’Europe du nord accorde une telle importance à cette étanchéité. Mais attention, il ne faut pas confondre étanchéité à l’air et étanchéité à la vapeur d’eau ! Les films pare-vapeur couramment posés en France, étanches à la fois à l’air et à la vapeur d’eau, causent des problèmes de condensation, surtout dans les structures bois, s’ils ne sont pas parfaitement continus, ce qui est quasiment impossible. L’air chauffé en hiver s’engouffre par tous les défauts du pare-vapeur. Cet air chaud, contenant de l’eau sous forme de vapeur, migre vers l’extérieur, perd sa température et son pouvoir à contenir de la vapeur, qui condense au « point de rosée ». Avec un isolant minéral, l’eau s’accumule entre les fibres qui perdent leur pouvoir isolant. Avec les végétaux, l’eau se loge dans les micro-cavités des fibres, qui gonflent un peu, mais ne sont jamais mouillées. Qui plus est, cette humidité migre par capillarité vers les parements pour se re-évaporer, surtout en été. Elle se retrouve derrière le pare-vapeur et reste donc prisonnière dans la paroi. Les films dit « micro perforés » n’offrent pas non plus suffisamment de possibilités d’évaporation vers l’extérieur. Voilà pourquoi en construction écologique, on bannit les pare-vapeur et on opte pour des parois « perspirantes » qui laissent migrer l’humidité dans les deux sens.

 

*l’Institut allemand de physique du bâtiment à Stuttgart

 

*consultant en éco-architecture et éco-construction




 

Et la botte de paille ?

 

Tout le monde en parle, mais que vaut exactement la botte de paille en terme d’isolation thermique ? La botte de paille n’est pas un produit industriel, c’est pour cette raison que ses caractéristiques peuvent varier de façon notable. En effet, sa densité peut varier de 80 à 180 kg/m3 suivant le réglage de la presse et l’humidité ambiante lors de la mise en bottes. Sa conductivité thermique n’est pas la même suivant que les fibres sont positionnées horizontalement (1=0,07 W/m..K), ou verticalement (1=0,045 W/m.K)). Cependant, ces considérations connues, il n’en demeure pas moins que la botte de paille présente des qualités thermiques et acoustiques très intéressantes, et même si leur conductivité thermique est légèrement inférieure à celle des fibres minérales, le résultat est largement compensé par son épaisseur. Enfin, avantage non négligeable et toujours déterminant dans le choix final du client, le prix. Avec un prix d’achat très bas, le m² d’isolation avec des bottes de pailles est d’environ 5 fois moins cher que des isolants conventionnels à performances égales

 

Ne pas confondre : conductivité et résistance thermique

 

Notion primordiale de l’isolation thermique, la conductivité d’un matériau représente sa capacité à transmettre le chaleur par conduction. Elle est mesurée par le coefficient  « l » , exprimé en W/m.K. Plus sa valeur est faible, plus le matériau est isolant. La résistance thermique « R » est fonction du coefficient de conductivité et de l’épaisseur du matériau. Plus cette valeur de résistance est élevée, plus le matériau est isolant. Elle se calcule de la manière suivante : R = e/l ,  « e » représentant l'épaisseur du matériau exprimé en mètre. La résistance R d’une cloison constituée de plusieurs couches de matériau différent est égal à la somme des R des différents composants.

 


A lire :

 

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L’isolation écologique : Cet ouvrage est consacré aux principes généraux de l’isolation, aux matériaux qui présentent un intérêt particulier sur le plan écologique et à leur mise en oeuvre.  

 

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La conception bioclimatique : Guide indispensable pour la construction de bâtiments à faible consommation énergétique, en neuf comme dans l’ancien.Précis et richement documenté, cet ouvrage s’adresse aux particuliers et aux professionnels.

1 Commentaire
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  • par Mimitoutseul
  • 12/07/2013 09:37:01

J'aimerais bien que vous fassiez une recherche s/ les prescriptions des architectes quant à l'utilisation des isolants bio-sourcés. Pour une fois, au lieu de "...les artisans proposent..." vous pourriez écrire : "les architectes prescrivent...".

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