Consommations d’énergie : compter, afficher, économiser…

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La difficulté ne réside pas dans l’affichage et les conseils pour consommer moins, mais bel et bien dans le comptage ou l’évaluation des consommations.



Le but de l’affichage des consommations d’énergie est de provoquer un changement de comportement pour engendrer des économies, à la fois en euros et en énergie. ­L’idée de l’affichage des consommations énergétique est apparue il y a 40 ans environ, après le premier choc pétrolier en 1974.

 

La RT2012 a, pour la première fois, rendu son application obligatoire. L’article 23 du chapitre VI de l’arrêté du 26 octobre 2010 instituant la RT2012, demande de mesurer ou d’estimer les consommations d’énergie de chaque logement, de manière à informer les occupants de leur consommation d’énergie au moins mensuellement.

 

L’information est délivrée dans le volume habitable, par énergie et distingue : chauffage, refroidissement, ECS, réseaux de prises électriques et “autres”. Depuis, l’arrêté du 11 décembre 2014 (NOR : ETLL1414239A) a modifié la RT2012 sur ce point.

 

Pour acquérir les données, le maître d’ouvrage choisit dé­sormais librement entre la mesure ou l’estimation. L’arrêté renvoie à la fiche d’application de la RT2012, intitulée “Systèmes de mesure ou d’estimation des consommations?en?logement”, datée du 30 mai 2013 et disponible sur le site www.rt-batiment.fr.

 

Dans la pratique, il faut distinguer les bâtiments neufs des bâtiments existants, les?solutions?de chauffage et de production d’eau chaude individuelles séparées en deux appareils différents, individuelles avec un seul générateur mixte ou collectives.

 

 

Solution 1 : Le cas le plus simple : le tout électrique

 

 

Doc. PP

 

Dans un logement tout électrique, il suffit que l’installation soit bien conçue. Plusieurs départs au tableau peuvent alimenter la même fonction, mais des appareils différents.
Deux fonctions différentes ne doivent pas être alimentées par un même départ électrique.

 

Tout cela correspond aux règles d’installation électrique demandées par la norme NF C 15-100. Avec une telle installation, l’électricien ajoute un petit compteur divisionnaire sur chaque départ au tableau électrique.

 

Ces compteurs communiquent en impulsions ou à l’aide d’un protocole ouvert spécifique comme Mbus, le bus de terrain développé par les fabricants de compteurs européens, Modbus Jbus ou KNX. Legrand, Hager, Schneider Electric, Theben et d’autres en proposent sur le marché français.

 

Ces fabricants ont également développé des appareils multifonctions, capables de compter et gérer des départs de chauffage électrique, par exemple. D’autres comme Delta Dore proposent aussi des solutions avec Tors pour compter l’énergie électrique sur des départs non-équipés de compteurs au tableau.

 

Une fois le comptage en place, un automate récupére les informations, les agrége, puis les restitue de manière bien lisible sur différents écrans : tablette, smartphone, ordinateur, écran mural, etc.

 

 

Solution 2 : Le cas des générateurs mixtes

 

 

Doc. PP

 

Si le générateur produit à la fois le chauffage et l’eau chaude sanitaire, qu’il s’agisse d’une chaudière ou d’une pompe à chaleur, il faut être capable de comptabiliser les consommations d’énergie séparément pour le chauffage et pour l’ECS, comme le demande la RT2012.

 

La plupart des fabricants de générateurs mixtes ne proposent aucune solution. C’est pourtant possible. Dans un générateur, les modes chauffage et ECS sont gérés par la position d’une vanne trois voies dans le primaire.

 

Il suffit de compter le temps durant lequel la vanne 3 voies se trouve dans l’une et l’autre position, d’enregistrer les consommations de gaz, de fioul ou d’électricité, puis de les répartir en fonction de cette clef temps entre chauffage et ECS.

 

Ensuite, à propos de l’affichage des consommations d’énergie, nous sommes face à deux cas. Premier cas, le fabricant propose un comptage affichage des consommations, mais dans son univers propre, sans communiquer ces informations d’une manière exploitable par un automate qui les agrégerait avec les consommations d’éclairage, etc. pour présenter l’ensemble sur un seul support comme le demande la RT2012.

 

Second cas, l’électronique du générateur effectue un comptage d’énergie par usage et le communique dans un langage ouvert : ModBus, KNX, etc. Sur le marché français, un petit nombre de fabricants, dont Daikin, Viessmann proposent de telles solutions.

 

Bref, d’une manière générale, les générateurs mixtes, même les plus récents, ne permettent pas facilement aux logements d’être conformes à la RT2012 en matière de comptage et d’affichage des consommations.

 

 

Solution 3 : Les solutions collectives

 

 

Doc. De Dietrich

 

Si le chauffage et la production d’ECS sont collectifs, la démarche est encore plus difficile.

 

Pour l’ECS, il faut un compteur d’eau chaude par logement, un compteur d’énergie sur la production d’eau chaude collective, une mesure des consommations de la boucle collective pour allouer proportionnellement ses consommations à chaque logement.

 

Pour le chauffage, il faut, dans chaque logement, un compteur de débit, deux sondes de températures l’une sur l’entrée, l’autre sur la sortie du chauffage. Une intégration débit / ΔT (écart de température entrée/sortie) fournit les consommations en énergie du chauffage.

 

La boucle collective de chauffage est traitée de la même manière (intégration débit / ΔT), on soustrait les consommations individuelles à la consommation totale pour obtenir les consommations propres à la boucle collective qui sont réparties proportionnellement aux consommations individuelles. Ensuite, un logiciel traite l’ensemble de ces informations et les restitue dans les logements, séparément pour le chauffage et pour l’ECS.

 

En immeuble neuf, chaque logement est pourvu d’une régulation-programmation individuelle et si l’occupant économise sur son chauffage, il en verra la traduction sur sa facture. En immeuble existant, en revanche, les logements sont rarement alimentés par une seule colonne de chauffage.

 

Jusqu’à vers 1980, l’habitude consistait plutôt à alimenter chaque radiateur par une colonne différente. Ensuite, il n’existe aucun compteur de chauffage, pas de moyen de réguler le chauffage par appartement et assez rarement de compteur d’eau chaude.

 

Il faut commencer par en poser, ce qui se traduit par plusieurs milliers d’euros par logement.

 

Si les radiateurs sont alimentés par différentes colonnes dans un même logement, il est toujours possible de compter  le chauffage en posant un répartiteur de frais de chauffage sur chaque radiateur. S'ils sont statiques, il faut pénétrer dans les logements une à trois fois par an pour relever les index.

 

Si ces répartiteurs sont à pile et disposent d'une liaison radio, ils renvoient leurs index vers un concentrateur qui les agrège et pousse le résultat vers l'application de répartition des frais de chauffage. Pour réguler et piloter le chauffage dans une configuration multicolonnes, on doit poser un robinet thermostatique radio sur chaque radiateur et un thermostat programmable radio qui centralise leur pilotage.
 

 

 


Source : batirama.com / Paspog / Crédit photo d'ouverture : Hager

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