Taxe foncière : la facture a presque doublé en 20 ans

Taxe foncière : +93,4 % en 20 ans, les villes les plus chères. © IA / Laure Pophillat

Votre taxe foncière a presque doublé en vingt ans ! Selon l’UNPI, elle a bondi de 93,4 % entre 2005 et 2025, soit deux fois et demie l’inflation. Et les écarts sont vertigineux selon les villes.



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La facture a presque doublé en vingt ans. Entre 2005 et 2025, la taxe foncière a augmenté de 93,4 % en France, soit deux fois et demie l’inflation sur la même période. Une hausse qui s’explique à la fois par les décisions fiscales des collectivités locales et par la revalorisation des valeurs locatives servant de base au calcul de l’impôt, selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI).

 

 

Paris : une hausse de 261 % en vingt ans

Toutes les villes n’ont toutefois pas connu la même évolution. Parmi les 50 communes françaises les plus peuplées, et sans surprise, se trouve Paris, dont la taxe foncière a connu la plus forte hausse des grandes villes françaises, avec une augmentation de 261 % en vingt ans, une envolée qui s’explique notamment par une augmentation conséquente du taux communal, qui était auparavant particulièrement bas. Malgré cette hausse, la capitale conserve l’un des taux de taxe foncière les moins élevés parmi les grandes villes françaises, un paradoxe rappelant que le taux appliqué ne suffit pas, à lui seul, à déterminer le montant payé par les propriétaires.

En 2026, la hausse reste plus contenue. Dans les 200 plus grandes villes françaises, la taxe foncière a progressé en moyenne de 1,7 % par rapport à 2025. L’UNPI attribue notamment cette évolution modérée au contexte des élections municipales.

 

 

Plus de 1 400 euros à Grenoble, près de 1 200 euros à Bordeaux

En matière de taxe foncière, la facture varie fortement d’une ville à l’autre. En France, le montant moyen payé par logement atteint 635 euros, hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Dans les 50 plus grandes villes françaises, cette moyenne grimpe à 976 euros. Plusieurs communes dépassent largement ce niveau :

– Grenoble : 1 487 euros ;

– Bordeaux : 1 173 euros ;

– Marseille : 943 euros ;

– Paris : 900 euros ;

– Lyon : 772 euros.

 

Ces montants ne comprennent pas la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Une fois celle-ci intégrée, la taxe moyenne atteint 1 179 euros dans les 50 plus grandes villes.

 

 

"Les propriétaires payent des charges de plus en plus importantes"

Pour Sylvain Grataloup, le président de l’UNPI, cette évolution pose la question de la répartition de la fiscalité locale. "Les propriétaires payent des charges de plus en plus importantes et ce n'est plus juste", estime-t-il. L’organisation réclame une refonte de la fiscalité locale comme de la taxe foncière. Elle défend notamment le principe d’une "contribution locale des usagers", qui concernerait tous les habitants, qu’ils soient propriétaires ou locataires.

Derrière cette proposition, l’UNPI remet en question un système dans lequel la taxe foncière repose sur les propriétaires, alors que les services financés par les collectivités bénéficient à l’ensemble des habitants. Une évolution qui nécessiterait toutefois de revoir en profondeur les mécanismes actuels de financement local.

 

 

La révision des valeurs locatives toujours en suspens

Un autre dossier pourrait peser sur la fiscalité immobilière dans les prochaines années : la révision des valeurs locatives cadastrales. En novembre 2025, un projet prévoyait notamment de prendre automatiquement en compte certains éléments dits "de confort" dans le calcul des bases d’imposition. Toutefois, face aux critiques, le gouvernement avait suspendu la réforme et choisi d’envisager une approche davantage territorialisée, tenant compte des avis des départements, voire des communes.

Selon l’UNPI, des courriers ont depuis été adressés aux collectivités locales afin de leur proposer d’appliquer cette réforme. Certains conseils municipaux ont commencé à se prononcer sur le sujet.

Le débat reste donc ouvert. Après vingt ans de hausse, l’évolution des valeurs locatives pourrait encore modifier le montant de la taxe foncière payé par certains propriétaires. Reste à savoir selon quelles modalités et avec quels effets sur les prochaines factures.




Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © IA / Laure Pophillat

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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