Face à la persistance des prix élevés des carburants, le gouvernement maintient son soutien aux entreprises du bâtiment et des travaux publics. L’aide destinée à compenser une partie du surcoût du gazole non routier (GNR) est prolongée jusqu’au 31 décembre 2026, toujours à hauteur de 20 centimes d’euro par litre.
L’annonce intervient alors que les prix des carburants restent sous pression dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de perturbations de l’approvisionnement pétrolier. Le coût global des nouvelles mesures annoncées le 22 septembre est évalué à 450 millions d’euros.
Le dispositif concerne les entreprises du BTP utilisant du GNR pour leurs activités. Après plusieurs reconductions mensuelles depuis le printemps, l’aide est désormais annoncée jusqu’à la fin de l’année. Le principe reste inchangé : 20 centimes d’euro sont pris en charge par litre de GNR éligible. Le plafond fixé par les précédents décrets est de 4 000 euros par entreprise et par période mensuelle. Les modalités précises de dépôt pour les prochains mois doivent toutefois être précisées par les textes d’application.
Depuis mai, le dispositif a progressivement été élargi. Initialement réservé aux entreprises de 20 salariés au plus, il concerne désormais les entreprises du BTP employant jusqu’à 50 salariés. Pour le mois d’août, par exemple, la demande pouvait être déposée jusqu’au 30 septembre 2026, avec les factures d’achat de GNR à fournir. Toutefois, pour en bénéficier, les entreprises doivent notamment être à jour de leurs obligations fiscales et sociales. Une condition de restitution existe également dans certains cas lorsque le montant d’aide perçu dépasse 600 euros, en fonction de l’évolution de leur excédent brut d’exploitation.
Le gouvernement justifie cette prolongation par la situation particulière du secteur : les engins de chantier utilisant du GNR ne peuvent pas être remplacés instantanément par des solutions alternatives. Et pour les entreprises confrontées à des tensions de trésorerie, le gouvernement rappelle également la possibilité de demander des reports de cotisations auprès des organismes de recouvrement. Le Médiateur des entreprises peut par ailleurs être saisi en cas de difficulté avec un client ou un fournisseur, notamment lorsqu’une hausse brutale des coûts du carburant affecte les relations contractuelles.

Autre dispositif intéressant pour les entreprises du BTP : le Prêt Flash Carburant de Bpifrance. Accessible aux TPE et PME du secteur, il permet d’obtenir entre 5 000 et 50 000 euros pour renforcer la trésorerie. Le prêt est prévu sur 36 mois, avec un différé d’amortissement du capital de 12 mois, à un taux fixe de 3,8 %. Aucune garantie réelle ou personnelle n’est demandée. © Magnific
Les salariés utilisant leur véhicule pour leurs trajets domicile-travail sont également concernés par les annonces gouvernementales. Le plafond annuel de la prime carburant que l’employeur peut verser à ses salariés est relevé à 1 000 euros, contre 600 euros auparavant. Selon le gouvernement, cette prime bénéficie d’un régime défiscalisé et exonéré de cotisations sociales dans les conditions prévues par le dispositif.
L’aide destinée aux travailleurs "grands rouleurs" est, elle aussi, prolongée pour octobre, novembre et décembre. Son montant est fixé à 100 euros pour ces trois mois, avec une équivalence annoncée de 40 centimes par litre. Le dispositif doit également être élargi à 5,5 millions de bénéficiaires potentiels, contre environ 3 millions auparavant, sous conditions de revenus et d’utilisation du véhicule pour se rendre au travail.
Au total, le gouvernement estime à 450 millions d’euros le coût de l’ensemble de ces mesures de soutien aux professionnels et aux ménages.