Entretien avec : Aldo Sciacca, Head of R&D and Portfolio Management and Building Automation Business Line Leader au sein de la division Smart Buildings d'ABB Electrification.
Face aux exigences croissantes en matière d’efficacité énergétique, de performance et de flexibilité, les systèmes d’automatisation des bâtiments évoluent vers des architectures plus ouvertes, connectées et intel-ligentes. Régulation CVC, interopérabilité, supervision et intelligence artificielle : comment ces technologies peuvent-elles améliorer le pilotage des installations, simplifier leur exploitation et préparer les bâtiments aux usages de demain ? Dans cet entretien, Aldo Sciacca, Head of R&D and Portfolio Management and Buil-ding Automation Business Line Leader au sein de la division Smart Buildings d'ABB Electrification présente l’approche d’ABB et le rôle de ses solutions pour concilier performance énergétique, maîtrise des coûts et évolutivité des bâtiments.
Dans les bâtiments existants, l’enjeu n’est pas d’ajouter davantage de technologies, mais de mieux exploiter celles qui sont déjà en place. Les propriétaires ont besoin de solutions capables de connecter les systèmes existants et d’améliorer les performances sans devoir tout remplacer.
Le potentiel reste important en France. Selon le GIMELEC, l’organisation professionnelle française de la filière électrique, seuls 16 % des quelques 200 000 sites tertiaires estimés étaient équipés de systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS) en 2025. L’écart est particulièrement marqué dans les bâtiments de petite taille : environ 10 % des sites de 1 000 à 1 999 m² étaient équipés, contre 86 % des sites de plus de 20 000 m².
L’interopérabilité et la flexibilité sont donc essentielles. Aujourd’hui, un bâtiment fait généralement fonctionner plusieurs systèmes : chauffage, ventilation et climatisation (CVC), éclairage, comptage énergétique et contrôle d’accès. Chacun peut fonctionner efficacement de son côté, mais la plus grande valeur ajoutée vient de leur capacité à fonctionner ensemble. Les protocoles ouverts tels que KNX et BACnet facilitent la connexion de ces systèmes ainsi que l’ajout ou le remplacement d’équipements lorsque les besoins évoluent. L’approche d’ABB est d’associer des équipements d’automatisation à ABB Ability™ BuildingPro Suites afin d’aider les exploitants à superviser et gérer les systèmes d’un bâtiment ou de plusieurs sites. À l’échelle des pièces, ABB IQTouch propose un écran tactile KNX intuitif permettant aux occupants de gérer simplement l’éclairage, les stores et la température.
La technologie apporte plus de valeur lorsqu’elle est déployée en fonction des personnes et de leurs besoins futurs. À mesure que les usages évoluent, le déploiement, l’optimisation et la maintenance des équipements doivent eux aussi s’adapter afin de préserver le confort et le bien-être des occupants.

La véritable valeur des technologies du bâtiment intelligent ne se limite pas à visualiser ce qui se passe : elle consiste aussi à comprendre pourquoi cela se produit et déterminer quelles actions entreprendre.
En regroupant les données du CVC, de l’énergie et des autres systèmes du bâtiment, les exploitants peuvent repérer les comportements inhabituels, analyser la consommation énergétique, évaluer les performances des équipements et détecter des anomalies avant qu’elles ne provoquent une panne.
L’enjeu est important : selon les estimations du GIMELEC, seuls 55 % des systèmes BACS installés dans les bâtiments tertiaires français sont réellement utilisés pour piloter leur exploitation. Les systèmes sont présents, mais en l’absence d’une supervision unifiée, capable de consolider des données issues de différents protocoles et de les présenter clairement, les exploitants peuvent avoir du mal à comprendre les interactions entre les systèmes et à identifier les actions prioritaires à mener.
ABB Ability™ BuildingPro Suites rassemble au sein d’une plateforme unique les données du bâtiment et de l’énergie issues de différents systèmes et protocoles. Les exploitants disposent ainsi de tableaux de bord et d’informations opérationnelles qui leur permettent de passer d’une maintenance réactive à une maintenance proactive.
Cette évolution, de la collecte de données à des informations concrètement exploitables, transforme les systèmes du bâtiment intelligent en une plateforme stratégique d’aide à la décision.
L’automatisation des bâtiments devient plus ouverte, plus connectée et davantage axée sur les données. En France, la réglementation accélère cette évolution, mais la conformité doit constituer un point de départ, et non une finalité.
Le décret tertiaire produit déjà des effets. Parmi les bâtiments déclarant leurs consommations sur OPERAT, la consommation d’énergie a diminué de 26 %, et près de la moitié ont déjà atteint l’objectif de réduction fixé pour 2030. Parallèlement, le déploiement des BACS reste un chantier important. Le calendrier applicable à certains bâtiments existants a été reporté de 2027 à 2030, mais cela ne doit pas être une raison d’attendre. Une meilleure régulation peut réduire dès aujourd’hui la consommation d’énergie et améliorer les performances des bâtiments.
Les systèmes les plus pertinents seront ceux qui sont conçus dès aujourd’hui pour être intégrables, évolutifs et faciles à utiliser. À IBS, ABB illustre cette approche avec plusieurs solutions : ABB Ability™ BuildingPro Suites pour la supervision et l’intégration des systèmes du bâtiment, ABB ClimaECO pour la régulation CVC intégrée basée sur KNX, ABB IQTouch pour une interaction intuitive à l’échelle des pièces, et les détecteurs de présence ABB i-bus® KNX HF pour piloter l’éclairage, le climat et la ventilation en fonction des besoins.
En définitive, l’automatisation des bâtiments joue un rôle essentiel pour améliorer durablement la gestion de l’énergie et des performances des bâtiments.
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