Un incendie déclenché ce mercredi 16 septembre après-midi dans un parc photovoltaïque à Lüe, dans les Landes, s’est rapidement propagé à la forêt alentour, parcourant 190 hectares. Le feu, attisé par le vent, a été fixé vers 21h45 après l’engagement de moyens terrestres et aériens massifs. Quatre sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés.
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Parti d’une centrale photovoltaïque sur la commune de Lüe, le feu s’est propagé à la forêt voisine jusqu’à atteindre 190 hectares, sur les communes de Lüe et Labouheyre. © Romain Perrocheau / AFP
"La situation est très défavorable compte tenu de la présence de lignes à haute tension 63.000 volts, de l'autoroute A63 et de la voie ferrée à proximité", a déclaré à l’AFP le colonel Romain Moutard, du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) des Landes. Le vent a favorisé une progression particulièrement rapide des flammes. "Le feu est très proche et progresse rapidement, ça m'inquiète", déclarait en cours d’après-midi au journal Sud Ouest le maire de Labouheyre, Didier Pressard. Plus tard, l’élu a décrit une propagation "à une vitesse extraordinaire".
Face à la progression du sinistre, le dispositif a été considérablement renforcé. Jusqu’à 250 sapeurs-pompiers ont été mobilisés au sol, avec l’appui de 14 moyens aériens, dont quatre Canadair et quatre Dash. Ces moyens représentaient à eux seuls la moitié de la flotte aérienne disponible mercredi au niveau national, selon la préfecture. Un hélicoptère bombardier d’eau Chinook CH-47D – appareil pouvant transporter près de deux fois plus d’eau qu’un Canadair –, prêté par l’Australie, a également rejoint le dispositif dans la soirée. "On a manqué de moyens aériens ailleurs mais pas ici. Quand ça se passe bien, il faut le dire", a commenté Didier Pressard.
Le trafic ferroviaire a par ailleurs été interrompu sur un tronçon de la ligne reliant Bordeaux à Dax en raison de la proximité du feu. L’autoroute A63 et plusieurs lignes à haute tension constituaient également des points de vigilance pour les secours.
L’incendie a également approché deux sites industriels spécialisés dans le travail du bois et classés Seveso. Des "flammèches" ont atteint ces installations, selon le maire de Labouheyre. "C'était mon inquiétude majeure", a expliqué l’élu.
En début de soirée, la situation a toutefois évolué favorablement. Le feu, qui avait d’abord été annoncé "contenu" sur une superficie de 150 hectares, a finalement été déclaré "fixé" vers 21h45. La préfecture a dans le même temps réévalué la surface concernée à 190 hectares. Le feu n’était donc plus en progression, mais les opérations de surveillance comme de traitement des lisières devaient se poursuivre.
Cet incendie intervient dans un contexte de forte vulnérabilité du massif des Landes de Gascogne, desséché par la succession des vagues de chaleur, et qui couvre plus d’un million d’hectares dans les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne. Le niveau de risque incendie était encore classé orange mardi dans les Landes, avant de passer au jaune mercredi, correspondant à un niveau de risque considéré comme moyen.
Le département avait déjà été touché par plusieurs incendies importants cet été. Le feu de Biscarrosse, fin juillet, a détruit environ 3 700 hectares, tandis que celui de Luglon, à la mi-août, en a ravagé 1 700.
À l’échelle nationale, 2026 est déjà une année record en matière de surfaces brûlées sur les vingt dernières années de mesures satellitaires. Le système européen de surveillance des feux (Effis) recensait près de 100 000 hectares brûlés. Fin août, France Assureurs estimait par ailleurs à 25 000 le nombre de sinistres liés aux incendies estivaux, pour un coût proche de 500 millions d’euros.