Le feu ne ravage pas seulement les massifs forestiers. En Gironde, où l’incendie a déjà parcouru quelque 42 000 hectares, les évacuations et les restrictions d’accès désorganisent également une partie de l’activité économique locale : plus de 13 000 entreprises ont ainsi été contraintes de cesser ou de réduire leur activité dans le département.
Dans ce contexte, les conséquences pour les professionnels du BTP sont déjà concrètes. De fait, PRO BTP annonce la mise en place de mesures exceptionnelles à destination des entreprises, artisans, salariés et retraités de la filière BTP touchés par les incendies en Gironde, dans les Landes et dans le Var.
.jpg)
Le groupe de protection sociale du BTP indique avoir procédé à un premier recensement de ses adhérents situés dans les zones sinistrées ou évacuées – ici, la carte des incendies en Gironde. Près de 4 000 entreprises et 13 000 salariés, auxquels s’ajoutent 9 500 adhérents individuels, sont à ce stade directement concernés. © CCO
Pour les entreprises et les artisans affectés par les incendies, PRO BTP annonce plusieurs mesures destinées à alléger immédiatement les conséquences financières du sinistre, dont :
– l'annulation d'un mois de cotisations,
– La suppression des pénalités et majorations susceptibles de s’appliquer en cas de retard de paiement ;
– Enfin, les situations seront examinées individuellement afin d’adapter l’accompagnement aux difficultés rencontrées par chaque entreprise.

Les professionnels concernés n’auront pas à effectuer seuls les démarches car PRO BTP indique que ses équipes les contacteront directement afin de mettre en œuvre les mesures annoncées dans les meilleurs délais. Le groupe assure avoir mobilisé ses équipes afin de répondre aux demandes des adhérents et de maintenir un accompagnement individualisé pendant cette période. © Magnific
Cette intervention intervient alors que les incendies perturbent fortement l’activité économique du Sud-Ouest. En Gironde, le gouvernement a lui-même fait état de plus de 13 000 entreprises évacuées et privées de la possibilité de fonctionner normalement. Un dispositif d’activité partielle doit également permettre de soutenir les entreprises directement ou indirectement touchées par les conséquences du sinistre.
Le dispositif de PRO BTP ne s’arrête pas aux entreprises. Pour les salariés, retraités et autres adhérents individuels touchés ou évacués, le groupe mobilise un fonds de secours exceptionnel de 5 millions d’euros.
Une aide individuelle d’urgence pouvant atteindre 500 euros doit permettre de répondre aux premières dépenses liées au sinistre et aux évacuations. Les adhérents concernés ont été informés par courrier électronique et peuvent consulter les modalités pratiques du dispositif sur les supports d’information de PRO BTP. Cette aide intervient alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes ont dû quitter leur domicile en Gironde et que les conséquences économiques du sinistre s’étendent bien au-delà des zones directement parcourues par les flammes.
Pour Hervé Naerhuysen, le directeur général de PRO BTP, la situation impose une réponse immédiate du groupe auprès des professionnels de la filière. "Les incendies qui touchent actuellement plusieurs territoires rappellent combien la solidarité est essentielle dans les moments les plus difficiles", explique-t-il, en soulignant la nécessité d’apporter "un soutien rapide, concret et adapté" aux entreprises, artisans, salariés et retraités du BTP et de la Construction confrontés aux conséquences des incendies.
Pour les entreprises du bâtiment et de la construction, les difficultés ne se limitent pas aux dommages matériels que pourraient occasionner les flammes. L’évacuation d’un secteur entraîne également l’arrêt des chantiers, l’impossibilité d’accéder aux installations, des difficultés d’approvisionnement ou encore la mise à l’arrêt des salariés.
Dans les zones concernées, la question du redémarrage de l’activité se pose donc déjà alors que les opérations de lutte contre les incendies sont toujours en cours. En Gironde, le feu est considéré comme stabilisé mais pas fixé, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, tandis que les autorités restent particulièrement vigilantes face au retour de conditions météorologiques défavorables. D'ailleurs, la remontée des températures et l'assèchement de l'air font notamment craindre de nouvelles reprises. Après une accalmie liée aux conditions météorologiques, les températures doivent atteindre jusqu’à 40 °C avec des vents plus secs, des paramètres compliquant à nouveau le travail des secours.
.jpg)
Sur le terrain, les pompiers poursuivent les opérations de noyage et de traitement des foyers résiduels, parfois profondément enfouis dans les sols sableux. Le feu peut continuer à couver sous les souches et réapparaître plusieurs heures après le passage des équipes. © AFP
Le retour à la normale s’annonce progressif pour les habitants comme pour les entreprises. Dans ce contexte, les dispositifs d’aide économique et sociale prennent une importance particulière pour un secteur dont une partie des activités repose directement sur l’accès aux chantiers comme aux territoires sinistrés. En Gironde, les autorités et les acteurs économiques s’attendent déjà à des conséquences durables pour les entreprises locales, alors que les opérations de secours et de sécurisation sont toujours en cours. Des appels de solidarité sont d'ailleurs lancés aux entreprises disposant d'engins de chantier.
.jpg)
Face aux incendies qui frappent la Gironde, les entreprises disposant d’engins de chantier sont appelées à se mobiliser. Pelleteuses, bulldozers et autres matériels lourds peuvent être mis à contribution pour aménager des accès, sécuriser les secteurs menacés et faciliter l’intervention des secours. Dans un contexte d’urgence, chaque équipement disponible peut contribuer à renforcer les moyens engagés sur le terrain. © les.mecs.du.chantier