Elle milite pour une rénovation plus respectueuse du patrimoine bâti

Elle milite pour une rénovation plus respectueuse du patrimoine bâti

Anne Le Meur vient de fonder une agence spécialisée en analyse architecturale. Elle œuvre pour une rénovation plus respectueuse des bâtiments et la préservation du patrimoine de pays.



Basée au cœur de l’Ille-et-Vilaine, en pays de Brocéliande, l’agence Mane Terra est dirigée par Anne Le Meur, historienne de l’art, formée à l’analyse architecturale. Après avoir travaillé auprès d’une association référençant des entreprises spécialisées dans la rénovation du bâti ancien, cette amoureuse du patrimoine bâti a lancé son activité au printemps 2014 au sein de la Coopérative d’activité et d’emploi (CAE) de Rennes (35).

 

« C’est un métier qui n’existe quasiment pas dans le privé aujourd’hui, confie t-elle. L’Etat s’occupe des monuments classés et inscrits. Le particulier qui vit en zone protégée est soumis à l’autorité des Architectes de bâtiments de France. »

 

Après avoir constaté et déploré des rénovations catastrophiques dénaturant des bâtiments anciens, Anne Le Meur a décidé à 48 ans, de monter son agence de conseil et d’accompagnement des particuliers et des collectivités.

 

Objectif :  les aider à rénover plus respectueusement et dans le souci de la préservation du patrimoine. « Notre attention se porte sur des bâtiments ne bénéficiant d’aucune attention particulière et qui appellent tout autant à la bienveillance que ceux qui sont protégés, » confie-t-elle.

 

Prise en compte des aspects bioclimatiques

 

Mane Terra intervient généralement avant ou au cours d’un projet de rénovation. « Notre démarche vise à replacer la construction dans le contexte de son édification et à retrouver des éléments significatifs. En concertation avec les maîtres d’ouvrage, nous élaborons des propositions de mise en valeur intégrant ces éléments. Cette simple action permet une prise en charge plus respectueuse du patrimoine. Même du plus anodin. »

 

Ainsi, les nouveaux propriétaires d’un magnifique bâtiment du XV, maintes fois remanié, ont découvert l’histoire architecturale de leur bien et ont pu, sur les conseils d’Anne, faire des choix judicieux pour préserver notamment une cheminée d’époque ou encore le parement en granit d’un entourage de fenêtre rénovée au XIXe.

 

Anne intervient aussi sur des projets de rénovation énergétique auprès des maitres d’ouvrage mais aussi des entreprises chargées de réaliser les travaux. « Je m’aperçois que globalement, les professionnels ne prennent pas assez en compte les aspects bioclimatiques du bâti ancien. Isoler une maison en terre crue est une hérésie ! »

 

Non à l’ITE systématique !

 

Et que dire de ces maisons rennaises à pan de bois, rénovées dans les années 1970 et isolées avec de la… laine de verre.  « Une vraie catastrophe ! Avec les années, le bois a pourri, endommageant les éléments porteurs et mettant en péril les maisons. »

 

Anne s’inquiète aussi aujourd’hui des menaces que fait peser sur le bâti ancien la loi sur la transition énergétique. « Imposer une isolation par l’extérieur dans le cadre d’opérations de ravalement de tous bâtiments revient à gommer leurs spécificités architecturales, dénonce t-elle.

 

Véritable militante, elle suit de près les interventions de l’association Maisons Paysannes de France et de la fédération Patrimoine-Environnement auprès du ministère du Logement visant à assouplir cette mesure.

 

Et pour sensibiliser artisans à la nécessité de préserver les spécificités du patrimoine de pays, elle intervient comme formatrice dans le cadre du DU Bâtir (Bâti ancien et technologies innovantes de restauration) proposé par l’IUT de Rennes.

 


Source : batirama.com / Céline Jappé

 

Encadré

 

Inventaire et audit du patrimoine

Pour le compte de collectivités territoriales, Anne Le Meur réalise aussi des inventaires de patrimoine. Ce travail de terrain permet de recenser les données patrimoniales d’un territoire ou encore d’établir suivant un thème, un inventaire particulier pour une mise en valeur ou un projet de médiation.

 

De même, elle propose d’évaluer des éléments de patrimoine afin d’établir les potentiels en terme de valorisation de l’habitat, de paysage ou d’attrait touristique. L’historienne a d’ailleurs réalisé plusieurs ouvrages de la collection Petit Patrimoine Rural pour les communes de Saint-Just, la Chapelle de Brain, Brian sur Vilaine et Saint Vincent sur Oust.

 


 

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2 Commentaires


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  • par Ti nevez
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Ben oui quoi alors ! Le problème, c'est effectivement surtout les isolations qui ont été faites sans tenir compte de la "respiration" nécessaire au bois... Et qui ont engendré souvent de la germination de mérule. Inversement, celle-ci ne supporte pas une mise en aération (même légère), celle-ci peut en venir à bout parfois sans besoin de traiter. Il faut quand même supprimer les causes anormales d'humidité, fréquentes dans les bâtis anciens peu ou mal entretenus.


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  • par Tom
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La loi sur la TE ne permet pas de faire l'ITE sur les bâtiments anciens. Il faut mieux lire les textes proposés. De plus, où est le problème à mettre de la laine de verre dans du bâti ancien si le traitement de l'étanchéité à l'air avec un frein vapeur est correctement posé? Le tout couplé à une VMC?

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