Le gouvernement s'apprête à réduire drastiquement la liste des travaux éligibles aux aides dites "par geste", qui financent des interventions réalisées de manière isolée. Le but est de concentrer les financements publics sur les rénovations globales, jugées plus performantes pour améliorer durablement l'efficacité énergétique des logements. Les nouvelles règles, qui doivent être présentées le 2 juillet au Conseil national de l'habitat (CNH), entreront en vigueur dès le mois de septembre.
Selon les informations confirmées par le ministère de la Ville et du Logement à l'AFP, plusieurs catégories de travaux ne seront plus éligibles à MaPrimeRénov'" par geste". Sont notamment concernés :
– l'installation de poêles à bois et à granulés ;
– Les chauffe-eau et systèmes de chauffage solaires (hors Outre-mer) ;
– Les pompes à chaleur dédiées uniquement à la production d'eau chaude sanitaire ;
– Les systèmes de ventilation, ainsi que les travaux d'isolation des toitures et des combles et le remplacement des fenêtres.
Ces opérations continueront toutefois à bénéficier d'un soutien financier lorsqu'elles sont intégrées dans un projet de rénovation globale, associant plusieurs types de travaux. Le dispositif "par geste" se limitera désormais principalement à l'installation de pompes à chaleur destinées au chauffage, au raccordement à un réseau de chaleur ou de froid, ainsi qu'à la dépose des anciennes cuves à fioul.
Le ministère revendique "un choix de responsabilité : concentrer l'argent public sur les rénovations les plus efficaces". Cette évolution traduit la volonté du gouvernement de privilégier les rénovations permettant un gain énergétique significatif plutôt que des interventions ponctuelles. Le décret et l'arrêté encadrant cette réforme seront examinés le 2 juillet par le Conseil national de l'habitat, avant une entrée en vigueur annoncée pour septembre.
Ce recentrage s'inscrit dans la stratégie nationale d'électrification présentée en avril par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Celle-ci prévoit notamment que "toutes les aides publiques pour les particuliers accompagneront l'installation de pompes à chaleur", confirmant la place centrale accordée à cette technologie dans la politique de décarbonation du parc résidentiel.
Cette orientation suscite toutefois des réserves au sein de la filière de la rénovation énergétique. Plusieurs organisations professionnelles rappellent qu'une rénovation performante commence par le traitement de l'enveloppe du bâtiment. Sans isolation préalable, préviennent-elles, un nouveau système de chauffage risque de fonctionner dans un logement toujours très énergivore, avec à la clé des consommations supérieures aux performances attendues.