À proximité immédiate de l’aéroport Madrid-Barajas et du complexe IFEMA, un ensemble d’aménagements routiers comme d’ouvrages temporaires et permanents est en cours de réalisation afin d'accueillir le Grand Prix d’Espagne de Formule 1 : le projet Madring repose sur un circuit urbain hybride de 5,474 km intégrant voiries existantes, zones d’aménagement ex nihilo et infrastructures événementielles dédiées.
Deux mastodontes du BTP, dont Eiffage, au travers de sa filiale Eiffage Construcción, en groupement avec Acciona, s'étaient vus attribuer le contrat de conception et de construction, pour un montant total de 83,2 millions d’euros, avec une part pour Eiffage de 33,3 millions
Le site annonce une capacité d’accueil d’environ 110 000 spectateurs dans sa configuration initiale, extensible à 140 000 selon les phases de développement. Le 1er Grand Prix de F1 à Madrid aura lieu le week-end du 13 septembre 2026, et toutes les places sont déjà réservées.
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Madrid devient la première grande capitale européenne à accueillir un Grand Prix de Formule 1, et cette étape se traduit directement dans l’identité du circuit. Le nom "Madring" associe naturellement "Madrid" au terme "ring", largement utilisé dans l’univers de la F1 pour désigner les tracés de course. Dans l’ensemble du championnat, les circuits sont le plus souvent désignés par leur localisation – comme ici Monza – même si leurs appellations complètes sont rarement reprises dans l’usage courant. Dans cette logique, Madring a été pensé comme une dénomination courte, immédiatement identifiable et facilement mémorisable, ancrée dans une référence directe à Madrid – sans nécessité de traduction. © Laure Pophillat
Le circuit se structure autour d’une géométrie en 22 virages, alternant sections rapides, zones techniques et portions fortement freinées. Le développement total est réparti en trois ensembles fonctionnels :
– la première séquence traverse le parc IFEMA sur environ 2 km, intégrant la ligne droite principale et les stands : cette zone impose une cohabitation directe avec l’activité événementielle du site, pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de visiteurs simultanés lors des salons ;
– La seconde portion, située dans le secteur de Valdebebas, représente environ 2,1 km de tracé neuf : elle repose sur des terrassements complets et la création de plateformes routières adaptées aux charges dynamiques de la F1, avec des couches de structure dimensionnées pour des vitesses supérieures à 300 km/h ;
– La dernière section, longue d’environ 1,3 km, réutilise des voiries publiques avec un fonctionnement temporaire de circuit urbain fermé ; deux ouvrages en tunnel permettent le franchissement de l’axe M11 reliant Madrid à l’aéroport.
Le profil de course a été défini avec une vitesse de pointe estimée à plus de 340 km/h sur les lignes droites principales, et un temps au tour théorique d’environ 1 min 34 s. Le tracé intègre plusieurs zones de dépassement identifiées, positionnées aux virages 1, 5, 11 et 17, combinant freinages tardifs et élargissements de trajectoire.
L’un des éléments structurants est une courbe relevée de 550 mètres de développement – plus de 1 800 mètres cubes d’asphalte ont été nécessaires, soit l’équivalent d’une couche de 25 centimètres –, dotée d’un dévers transversal pouvant atteindre 24 %, nommée "La Monumental" et déjà iconique. La courbe a même déjà séduit Carlos Sainz, qui a salué un tracé doté de "charisme et de personnalité", estimant que La Monumental était appelée à devenir le symbole du futur circuit madrilène et l’une de ses signatures les plus marquantes.
Toutefois, une modification majeure du tracé initial a été imposée par la FIA : l’ajout d’une chicane d’entrée sur cette courbe afin de réduire la vitesse d’approche de 350 km/h à environ 280 km/h, pour des raisons de sécurité structurelle et de limitation des charges latérales.

La Monumental s’annonce déjà comme l’un des éléments les plus spectaculaires du futur circuit madrilène. Inspirée par l’architecture circulaire des arènes espagnoles, cette courbe semi-circulaire affiche des dimensions peu communes : près de 550 mètres de développement, une largeur d’environ 12 mètres et un dévers atteignant 24 %, soit l’un des plus importants observés en Formule 1. Les monoplaces devraient y rester engagées pendant plusieurs secondes – 6, exactement – à très haute vitesse. L’infrastructure a également été conçue comme un véritable amphithéâtre à ciel ouvert puisque des tribunes implantées autour de cette section emblématique pourront accueillir jusqu’à 45 000 spectateurs. © Eiffage Construcción


La FIA intervient à toutes les étapes de validation, depuis la conception géométrique jusqu’à l’homologation finale, incluant une phase de deux mois dédiée aux dispositifs de sécurité passive et active – barrières, dégagements, zones d’impact, échappatoires. © Eiffage Construcción
La construction de la chaussée repose sur une superposition de trois couches principales d’enrobé, avec des formulations adaptées à chaque zone de contrainte mécanique. Le nombre de recettes asphaltées est passé de 12 initialement prévues à 19, ajustées en fonction des exigences de planéité, d’adhérence et de résistance thermique.

Les tolérances de finition sont extrêmement faibles : l’écart maximal admissible est de 2 mm sur une règle de 3 mètres, soit un niveau de précision inférieur à l’épaisseur d’une pièce de monnaie. Les non-conformités sont corrigées par micro-fraisage ciblé, réalisé par une filiale spécialisée, permettant de reprendre localement la géométrie sans reconstruction complète de la couche. © Eiffage Construcción


Le parc matériel peut atteindre environ 20 engins en activité simultanée sur certaines phases critiques du chantier. © Eiffage Construcción
La dimension numérique du chantier est centrée sur l’optimisation logistique. L’intelligence artificielle est mobilisée exclusivement pour la planification des flux : calcul des rotations de camions, synchronisation des livraisons d’enrobé et gestion des capacités de production. Les drones assurent des relevés photogrammétriques réguliers, permettant un suivi d’avancement et un contrôle volumétrique des terrassements. Ils n’interviennent pas dans les décisions techniques, mais servent d’outil de vérification et de documentation.
La production d’enrobé est localisée à environ 12 km du site, afin de limiter les pertes thermiques, et chaque chargement est contrôlé à l’arrivée par un laboratoire mobile, avec possibilité de refus immédiat en cas de non-conformité de température ou de composition.
Le chantier intègre également plusieurs dispositifs environnementaux : réutilisation de matériaux excavés, déplacement de 583 arbres, réduction des nuisances acoustiques via écrans mobiles, et mise en œuvre de revêtements photocatalytiques sur certaines zones secondaires.
En parallèle du circuit, un ensemble bâti dédié à la Formule 1 est développé au sein du parc IFEMA, qui comprend des extensions permanentes comme des structures temporaires réutilisables selon les saisons sportives. Le bâtiment principal repose sur une charpente métallique de 1 800 tonnes et environ 2 600 m3 de béton. Les niveaux inférieurs accueillent les boxes, zones techniques et logistique course, tandis que les niveaux supérieurs sont dédiés aux espaces d’hospitalité VIP, terrasses et plateformes spectateurs.

Le projet s’inscrit dans un phasage contraint, avec une livraison progressive jusqu’à l’été 2026, en maintenant l’activité du parc des expositions sur une partie des emprises. L’ensemble du dispositif s’inscrit dans un contrat d’exploitation de 10 ans, couvrant la période 2026–2035. © Eiffage Construcción
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Longueur du circuit | 5,474 km |
| Nombre de virages | 22 |
| Largeur moyenne de la piste | 14 m |
| Dévers maximal (La Monumental) | 24 % |
| Dénivelé maximal | Environ 10 m |
| Vitesse de pointe estimée | Plus de 340 km/h |
| Tolérance de planéité | ± 2 mm sur 3 m |
| Nombre de formules d’enrobé | 19 |
| Capacité d’accueil | 110 000 spectateurs (jusqu’à 140 000 à terme) |
| Main-d’œuvre mobilisée | 300 à 350 personnes |