Travail illégal sur les chantiers des JO-2024 : un système organisé lourdement sanctionné

Travail illégal JO-2024 : lourdes condamnations sur les chantiers. © Maxppp - Teresa Suarez / EPA

Le tribunal correctionnel de Bobigny a prononcé de lourdes peines contre des entrepreneurs du BTP pour exploitation de travailleurs étrangers sans autorisation sur des chantiers d'Île-de-France.



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L’affaire des chantiers des Jeux olympiques de Paris 2024 a débouché sur un verdict sévère mais juste, mettant en lumière un dispositif organisé de recours illégal à des travailleurs étrangers sans autorisation. Dévoilé en mars 2022 lors d’un contrôle de l’inspection du travail, le système impliquait plusieurs sociétés et une vingtaine de personnes, au cœur d’un montage qualifié de fraude massive.

 


Un réseau structuré au cœur d’une fraude massive

Au centre du dispositif, Mehmet Bozkurt, présenté comme le chef de file, a été condamné à :

– quatre ans de prison, dont deux avec sursis ;

– 100 000 euros d’amende.

 

Le tribunal a retenu son rôle dans la mise en place d’un réseau de sociétés éphémères destiné à contourner la législation du travail, dans un système ayant perduré plusieurs années.

La juridiction a souligné la gravité des faits et la durée du mécanisme, estimant qu’il avait entretenu la précarité de travailleurs maliens employés sans contrat ni protection sociale. La société dirigée par Mehmet Bozkurt a également été condamnée à 300 000 euros d’amende.

 


Des condamnations en cascade 

Dans son entourage, les peines s’enchaînent : son beau-frère et son bras droit ont respectivement écopé de trois ans de prison, partiellement assortis de sursis, ainsi que de lourdes amendes. D’autres gérants impliqués dans des structures parallèles ont également été condamnés à des peines de prison comme à des interdictions de gérer.

Les gérants de paille, utilisés dans ces montages, ont reçu des peines avec sursis allant de 15 à 18 mois.

Dans ce dossier, le groupe GCC, titulaire d’un marché de 60 millions d’euros sur le chantier olympique, a également été condamné pour manquement à son obligation de vigilance. L’entreprise écope d’une amende de 540 000 euros et d’une exclusion avec sursis des marchés publics pendant un an. Son directeur d’agence a lui aussi été condamné à six mois de prison avec sursis, une amende et une interdiction de gérer.

 




Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Maxppp - Teresa Suarez / EPA

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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