Béton décoratif : blocs décoratifs, apparents ou pierres reconstituées ?

Béton décoratif : blocs décoratifs, apparents ou pierres reconstituées ?

Les blocs décoratifs, les bétons architectoniques et les parements en pierre reconstituée présentent plusieurs atouts, dont celui de résister au temps. Des techniques à redécouvrir, qui ne nécessitent qu’un goût de la précision et du travail bien fait.







Sur plusieurs années, l’entretien et la remise en peinture des murs ont une incidence importante en termes de coût global. Les blocs décoratifs, tout comme les bétons laissés apparents et les parements en pierre reconstituée, nécessitent peu d’entretien. Ces atouts sont primordiaux à l’extérieur, mais ces avantages peuvent aussi être exploités côté intérieur. Il peut alors s’agir d’un choix décoratif, ou qui peut être guidé par des considérations de maintenance : on pense aux préaux d’école, aux halls d’immeubles, voire à des murets séparatifs.

 

Multiples techniques


Dans le cadre d’opérations d’extension, les blocs décoratifs et les parements rapportés peuvent prolonger avec élégance une façade en pierre de taille, pour un coût beaucoup plus réduit. À l’inverse, un mur en béton intégrant l’empreinte ­d’une planche ou d’un polyane froissé apporte une note originale, brute et solide d’aspect. Que l’on pense blocs décoratifs, bétons architectoniques coulés en place ou préfabriqués, parements rapportés… toutes ces techniques exigent une précision qui implique un montage réalisé par une main d’œuvre suffisamment qualifiée.


Source: batirama.com / Gérard Guérit

 

Avis d’expert

  Paul Sauvage* : « Leurs atouts : l’aspect et la masse »

Les blocs béton laissés apparents sont d’abord des systèmes intéressants en terme d’aspect, de maintenance et d’entretien. Les différentes textures et teintes possibles permettent de s’ada­pter aux architectures de toutes les régions. De plus, ces matériaux, ne nécessitant pas de remise en peinture, sont plébiscités par les gestionnaires qui y voient un intérêt certain en termes de coût sur plusieurs années.

Pour l’entreprise, ce sont des produits qui présentent les mêmes performances  mécaniques que les blocs bétonclassiques, la seule contrainte se situant au niveau du calepinage et de la précision indispensable en phase de pose. Enfin, ces matériaux, du fait de leur masse, apportent une inertie réelle, un paramètre à prendre en compte au niveau des coûts de chauffage et du confort. Cette masse contribue également à l’atténuation acoustique des murs ainsi réalisés, une caractéristique utile vis-à-vis de la protection des bruits aériens.


* Responsable du département sciences du Bâtiment au Cerib à Epernon (28)

 



 





 

Solution n° 1 Les blocs décoratifs

    

Leur coloration dans la masse limite une éventuelle évolution de la teinte dans le temps. Ils sont majoritairement utilisés dans le tertiaire, l’hôtellerie, les locaux scolaires… partout ou les contraintes d’entretien et de maintenance sont potentiellement importantes, avec des résultats esthétiques intéressants et une fiabilité certaine. L’usage en habitat individuel est moins développé, alors que ces systèmes représentent un compromis intéressant entre la maçonnerie enduite et la pierre de taille.
En contrepartie, ils imposent des calepinages précis et une mise en œuvre qui ne supporte pas l’improvisation. Ces produits se mettent en œuvre de façon traditionnelle dans le cadre du DTU 20.1 : ouvrages en maçonnerie de petits éléments. Les différents fabricants commercialisent des gammes en général assez complètes : blocs, demi-blocs, éléments d’angle, planelles… évitant ainsi au maximum les découpes. Lorsque celles-ci sont incontournables, elles doivent être réalisées à l’aide d’un disque diamanté. Les joints doivent être classiquement réalisés selon les règles de l’Art, de façon à éviter les risques de stagnation des eaux pluviales. Les joints horizontaux et verticaux doivent être suffisamment remplis, afin d’éviter tout passage d’humidité à travers le mur.

 

Légende : les blocs décoratifs se mettent en œuvre comme n’importe quel bloc béton, hormis une précision plus élevée et un calepinage incontournable.

 

 À retenir

 

 

Intérêts : esthétique, intégration dans des sites anciens, choix des aspects et teintes, absence d’entretien, coût global.
Limites : esthétique figée, nécessité d’une main d’œuvre soigneuse et qualifiée.

 

Solution n° 2  Les bétons architectoniques

   

La réalisation de “beaux bétons” n’est pas réservée aux opérations de prestige.
À la préfabrication lourde des années passées succède une préfabrication beaucoup plus pointue, techniquement et esthétiquement, aidée en cela par le développement des bétons autoplaçants

 

betondecoratif2.jpg Aujourd’hui, les bétons actuels permettent de réaliser des pièces plus sophistiquées au niveau des formes, plus fines, moins lourdes et présentant des aspects de surface de grande qualité.
Faire du “beau béton” est accessible à l’entreprise de bâtiment traditionnelle qui souhaite soit “sortir des sentiers battus”, soit simplement répondre à la demande d’un architecte ou d’un client. Les possibilités d’aspect sont pratiquement infinies, depuis la technique de la planche en fond de coffrage permettant de restituer les veines du bois, à l’usage de films souples pour obtenir des bétons “froissés”, en passant par toutes sortes de moules autorisant une infinité d’aspects. De nombreux industriels, très actifs sur ces techniques, sont à même d’aider les entreprises lors des démarrages de chantier, pour des mises en œuvre qui restent simples, mais qui nécessitent une fois encore de la précision, du soin ainsi qu’une absence de précipitation.

 

Légende : La qualité de l’aspect obtenu dépend également du produit de démoulage retenu.

À retenir

 

 

Intérêts : pérennité, choix esthétiques infinis, entretien limité.
Limites : mises en œuvre spécifiques, maîtrise des bétons, coût des moules prohibitif en cas de surfaces réduites.

 

Solution n° 3  Les parements rapporté

   

Les parements permettent de transformer l’aspect d’une façade ou d’un mur intérieur existant, ou de donner un aspect “pierre” à une façade neuve maçonnée. Ces produits appelés “pierre reconstituée” sont constitués d’agrégats qui varient en fonction de l’aspect recherché.

betondecoratif3.jpgParmi les différents agrégats utilisés, le sable est prépondérant avec une granulométrie choisie en fonction de l’aspect voulu : brut, lisse, à relief plus ou moins marqué, coloré. Les colorants sont généralement à base d’oxyde de fer, et des adjuvants améliorent la résistance à l’eau et au gel. Graviers ou pierres calcaires concassées forment la structure, le lien est assuré par du ciment blanc. La pose se fait par collage. Elle reste très simple mais implique la réalisation d’un calepinage rigoureux. Un support plan est primordial, tout comme une mise en œuvre précise. Sous des aspects proches, les méthodes de fabrication divergent d’un fabricant à l’autre. Weser, par exemple, utilise un béton très sec versé dans un moule métallique, puis comprimé. Une autre approche consiste à couler des agrégats de granulométrie plus importante dans un moule en élastomère, réalisé à partir de moulages de pierres naturelles. Cette technique permet d’obtenir des produits plus élaborés, mais aussi plus coûteux. Une autre méthode, plus “artisanale”, consiste à broyer des roches calcaires blanches : la pâte obtenue est introduite dans un moule puis compressée, le produit obtenu est étuvé et retravaillé à la main pour lui donner un aspect plus naturel. Quelle que soit la technique retenue, l’entreprise n’échappera pas malgré tout au côté répétitif de tout produit manufacturé. Au poseur de prévoir une mise en œuvre permettant d’échapper au maximum à cet effet, tout en sachant qu’il est impossible de s’y soustraire en totalité.

 

Légende : Certaines fabrications permettent de traiter les murs dans leur totalité, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.

À retenir

 

 
Intérêts : ratio coût, aspect, intégrations dans des sites ou des constructions existantes, facilité de pose, utilisable en rénovation.
Limites : vieillissement inférieur à celui d’une pierre naturelle, aspect pouvant être répétitif.

INFOS PRATIQUES

 

Le coût global :


un atout de taille souvent oublié


Tous les matériaux décrits dans cet article présentent un avantage de taille?: ils suppriment dans le temps les opérations régulières de ravalement. Cela ne signifie pas que des façades ainsi traitées ne nécessitent pas, de temps à autre, un nettoyage à sec ou à l’eau, mais le coût d’entretien sera toujours beaucoup plus limité. Si tout le monde ou presque est d’accord sur ce constat, le “bas blesse” à la réalisation, car l’investisseur est rarement l’exploitant. Néanmoins, les mentalités évoluent doucement. Nombre d’organismes HLM, de maisons de retraites, d’établissements de santé, voir des bailleurs privés qui construisent des maisons ou des petits collectifs destinés à la location, prennent mieux en compte ces considérations. Le choix de matériaux et de produits pérennes nécessitant peu d’entretien, amène des surcoûts limités à la construction de l’ordre de 3 à 5?%, tout en réduisant de 20 à 30?% le coût de la maintenance des façades sur 30 ans.

 

Adresses utiles


•?FIB (Fédération de l’industrie du béton)
23 rue de la Vanne 92126 Montrouge
Tél.?: 01 49 65 09 09 – Fax : 01 49 65 08 61



CERIB (Centre d’études et de recherche de l’industrie du béton)
Rue des Longs Réages BP 30059
28231 Épernon Cedex
Tél.?: 02 37 18 48 00 - Fax 02 37 83 67 39

betondcoratif5.jpg

 



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