Remaniement ministériel : où sont passés le Logement et la Transition énergétique ?

Gabriel Attal et Emmanuel Macron

Lors de l’annonce de la composition du nouveau gouvernement le 11 janvier, l’absence de nomination d’un ministre du Logement et la disparition du ministère de la Transition Energétique ont suscité de vives réactions.




Le secteur de l'immobilier et du logement amer

 

Comme ses prédécesseurs depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, l'ancien ministre du Logement Patrice Vergriete était un ministre "délégué", placé sous la tutelle du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires Christophe Béchu. Sa reconduction n'a pas été annoncée par le secrétaire général de la présidence le 11 janvier. Bien que le ministère du Logement ait expliqué qu'une seconde série de ministres délégués seraient désignés ulterieurement, les acteurs du logement ont vivement réagit dès le jeudi soir. 

 

"Je déplore l'absence d'un ministre du Logement de plein exercice, doté des moyens nécessaires pour lutter contre la crise dure qui pèse sur nos concitoyens et menace l'emploi", a ainsi tweeté Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui fédère les acteurs du logement social. "C'est inadmissible alors même que la crise est d'une violence inédite", a-t-elle également réagi auprès de l'AFP.

 

Même réaction indignée du côté de l'association Ville & Banlieue. "Qu'ils n'annoncent pas de nomination du ministre du Logement alors qu'il y a une crise du logement, ça dépasse l'entendement", a déclaré son président Gilles Leproust (PCF). Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, relève de son côté qu'on est "dans la continuité de ce qui se passe depuis 2017". "C'est ce qui s'est passé en juillet et aussi la fois d'avant. Ça confirme que le logement n'est pas un grand sujet pour ce gouvernement, et qu'il ne mérite pas un ministère", a-t-il indiqué à l'AFP.

 

Absence d'un ministère de la Transition énergétique, une préoccupation pour la filière des renouvelables

 

Le ministère jusqu'ici pleinement consacré à l'énergie, dont la France a disposé pendant 18 mois, a disparu. Climat, sécurité d'approvisionnement, souveraineté énergétique... seront des sujets désormais rattachés au ministère de l'Economie de Bruno Le Maire, connu pour son soutien marqué à l'énergie nucléaire.

 

"On peut être surpris de l'absence d'un ministère de l'Energie de plein droit, notamment après qu'on ait connu en 2022 une crise énergie historique, qui n'est pas un sujet derrière nous", souligne Michel Gioria, délégué général de France Renouvelables. "L'enseignement des 18 mois passés est que si l'on veut une politique énergétique efficace, il faut une maîtrise technique, une capacité d'écoute et un suivi très fin, sur le terrain, de tous les éléments: nucléaire, renouvelables, plan de sobriété... Il ne faut pas que ce grand ministère nous en éloigne".

 

Sur le fond, Bruno Le Maire a souvent exprimé son vif soutien à l'énergie nucléaire. Quid des renouvelables?" Il y a une réalité : l'énorme travail de RTE (le gestionnaire du réseau électrique, NDLR) sur les différents scénarios énergétiques montre que les seuls leviers de production disponibles d'ici 2035 sont les énergies renouvelables", solaire et éolien en premier, relève M. Gioria.

 

"Les décisions de politiques publiques doivent s'appuyer sur des faits. Tout écart aura des conséquences lourdes pour les Français notamment en termes de sécurité d'approvisionnement et de prix de l'énergie", prévient-il.

 

Pour le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la suppression de ce ministère est "un mauvais signal quant au volontarisme politique" sur la transition énergétique, dit son président Jules Nyssen, qui veut aussi "rendre hommage à Agnès Pannier-Runaucher", la ministre sortante.

 

Cette réorganisation arrive quelques jours après la publication d'un avant-projet de loi sur la souveraineté énergétique qui a suscité bien des réactions, car il fixe des objectifs chiffrés pour la relance du nucléaire mais aucun pour les renouvelables électriques (solaire et éolien).

 

"Au moment où les maires doivent travailler sur des zones d'accélération des renouvelables, où se prépare la planification de l'éolien en mer, où des investisseurs s'interrogent sur le fait de soutenir de futures gigafactories françaises, les signaux depuis le début de l'année ne sont clairement pas positifs", dit M. Nyssen. "Nous ne sommes pas contre une relance du nucléaire, mais elle ne peut être un prétexte pour dire qu'il n'y a pas de besoin d'énergies renouvelables ou pas besoin de se poser des questions sur l'efficacité et la sobriété énergétiques. Tout cela se tient, et cette équation globale, tout le monde la connaît".




Source : batirama.com & AFP / Photo de Gabriel Attal, nouveau premier ministre, et d'Emmanuel Macron, Président © X (anciennement Twitter)

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