Au-delà du solaire thermique, Newheat mobilise toute la chaleur renouvelable

Le champs de panneaux solaires thermiques installé à Narbonne par Newheat pour le réseau de chaleur de la ville

Newheat complète son offre de chaleur solaire thermique et ajoute le stockage de chaleur saisonnier en fosse, la récupération de la chaleur fatale, des pompes à chaleur de grande puissance, de la biomasse et du biogaz.




Newheat a été créé par Pierre Delmas et Hughes Defréville en 2015 pour fournir de la chaleur renouvelable, produite à partir de solaire thermique, aux grands sites industriels et les réseaux de chaleur urbains. Newheat développe, conçoit, construit, finance et exploite des projets pouvant combiner récupération de chaleur fatale, solaire thermique, systèmes de stockage thermique courte et longue durée, pompes à chaleur industrielles, et, si nécessaire, en complément, combustion de ressources renouvelables. Basée à Bordeaux, la société compte actuellement cinq sites en exploitation pour un total de 40 MW. Newheat compte aujourd’hui 45 collaborateurs, en embauchera une quinzaine de plus en 2024, et a pour objectif de disposer d’ici 2030 d’un parc installé représentant 1 milliard d’euros d’investissement cumulé pour un volume annuel de chaleur renouvelable livrée de 1,5 TWh, évitant près de 300.000 tonnes d’émission de CO2 par an.

 

Elargir au-delà du solaire thermique

 

Le 20 novembre 2023, Hughes Defréville, l’un des deux fondateurs de Newheat, nous a expliqué, comment l’entreprise allait s’y prendre pour devenir N°1 de la production de chaleur renouvelable en Europe.

 

Pour commencer, a-t-il rappelé, Newheat a déjà mené à bien cinq projets.

 

 

Lactosol qui combine solaire thermique et stockage de chaleur en cuve, sur le site de Lactalis près de Verdun, sera inauguré le 8 décembre 2023. Le site a démarré début 2023, son fonctionnement est validé après plusieurs mois de test. C’est la plus grande centrale solaire thermique de France. ©Newheat

 

 

D’autres projets démarrent, dont un en Croatie pour lequel la phase d’obtention des divers permis et autorisations – la Croatie, semble-t-il peut tenir la dragée haute à la France en termes de raffinement administratif – est terminée. Les travaux devraient commencer en 2024. Le site consomme 50 GWh de gaz par an, le but est d’en remplacer 50% par de la chaleur renouvelable, en associant production solaire thermique, pompes à chaleur de grande puissance et stockage d’énergie.

 

Un projet en France dans une malterie couvrira 80% des besoins de chaleur avec récupération de chaleur fatale, solaire thermique et stockage de chaleur.

 

Hughes Defréville explique que Newheat est parti du solaire thermique, a rapidement élargi sa compétence au stockage d’énergie, à la fois à court terme en cuve aérienne et saisonnier en fosse, puis a ajouté la récupération de chaleur fatale.

 

Stockage de chaleur saisonnier

 

Newheat travaille en ce moment sur deux projets de stockage de chaleur saisonniers. Dans les deux cas, des incinérateurs qui alimentent des réseaux de chauffage urbain sont en excédent de production de chaleur en été. Newheat propose de construire des stockages de chaleur saisonniers pour accumuler 20 à 30 GWh de chaleur avec un rendement total de 70 à 80%, selon la nature du sol. Bien qu’un stockage saisonnier en fosse soit un grand trou dans le sol avec un liner étanche et une couverture flottante, il faut une expertise particulière pour obtenir une rigoureuse stratification des températures dans la fosse et donc maximiser le rendement. L’ennemi du stockage est le brassage. Newheat a été aidé dans le développement de cette technologie par ses partenaires danois qui ont partagé gratuitement les données d’exploitation des installations de stockage en fosse qui existent au Danemark. Newheat a pu affiner ses modèles de STD pour ce type d’installation.

 

 

Après avoir conçu et construit des stockages de courte durée en cuve aérienne, Newheat maîtrise désormais la technologie du stockage saisonnier en fosse. ©Newheat

 

 

Les stockages en fosse ne sont pas isolés thermiquement. Au cours de la première année d’exploitation, le terrain en bordure du stockage se réchauffe et après une année d’exploitation, sa température se stabilise. Il faut investir 20 à 30 M€ par projet pour stocker 30 GWh de chaleur.

 

Dans ces deux projets en cours de négociation, Newheat investit dans le stockage, garantit le résultat et la disponibilité de la chaleur et la fournit à l’exploitant du réseau. Cette technologie augmente l’utilisation de la chaleur produite par les incinérateurs et le taux d’ENR des réseaux croît de 10 à 15%.

 

Ces deux projets n’embarquent pas de solaire thermique.

 

 

Dans l’évolution de ses pratiques dictée par 8 ans d’expérience, Newheat valorise désormais en premier la récupération de chaleur fatale, ce qui signifie stockage de chaleur saisonnier. S’il faut ajouter de l’énergie, Newheat propose ensuite du solaire thermique, puis des pompes à chaleur de grandes puissances et, en dernier ressort, de la biomasse ou du biogaz. ©Newheat

 

 

Sur la couverture flottante de ses stockages en fosse, Newheat installera des panneaux photovoltaïques pour une autoconsommation de la production, principalement pour l’alimentation des pompes de l’installation.

 

Rendez-vous dans trois ans

 

A force d’études et de travail – Newheat a étudié plusieurs dizaines d’installations de stockage de chaleur -, l’entreprise est devenue un expert reconnu de la chaleur renouvelable. Newheat dirige le groupe de travail de l’Agence Internationale de l’Energie sur le stockage de chaleur saisonnier et est active dans ses deux sous-tâches.

 

Si Newheat a levé 30 M€, c’est qu’après avoir prouvé la pertinence de ce modèle économique en réalisant cinq premiers projets pour un total d’investissement de 15 M€, financé en partie par de la dette bancaire, Newheat prévoit de réaliser 15 projets pour un total d’investissement de 150 M€ sur les trois prochaines années. Majoritairement implantés en France, ces projets représentent un volume annuel de chaleur renouvelable livrée de 200 GWh. Cette levée de fonds servira notamment à fournir la part de financement que Newheat consacrera à ses 15 projets.

 

Comme le rappelle Hugues Defréville, la décarbonation de la chaleur est un exercice au cas par cas, avec beaucoup d’ingénierie technique investie dans chaque projet.

 

Heureusement, la décarbonation de la chaleur est très en retard et il existe un marché potentiel immense. Les Pouvoirs Publics, notamment à travers les travaux du Secrétariat Général à la Planification Ecologique, ont pris conscience de l’intérêt de la chaleur renouvelable et, selon Hughes Defréville, on sent une vraie dynamique. D’ailleurs, en sa qualité de Vice-Président d’Enerplan, Hugues Defréville souhaite que soit créé un financement dédié à la chaleur renouvelable.



Source : batirama.com / Pascal Poggi

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Articles qui devraient vous intéresser

Newsletter
Produits


Votre avis compte
Êtes-vous impatient de voir Notre-Dame de Paris réouverte au public ? (99 votants)
 
Articles
Nouveautés Produits

PRB RÉVOMUR M