Quelles solutions énergétiques seront mises en œuvre en 2020 ?

Quelles solutions énergétiques seront mises en œuvre en 2020 ?

Quelles seront les solutions énergétiques mises en œuvre à l’horizon 2020, dans le résidentiel et le tertiaire ? GDF Suez et Uniclima* ont mené l’enquête…






Fruit d’une collaboration inédite entre un énergéticien et un syndicat de fabricants d’équipement du génie climatique (Uniclima), cette étude brosse un tableau large des solutions pertinentes à venir. L’ensemble des énergies a été abordé (hormis le bois dans le résidentiel) ainsi que tous les secteurs de la construction (logement et tertiaire).

 

L’évolution rapide des réglementations (la RT 2020 se prépare) oblige en effet les acteurs de la filière à anticiper les solutions et les produits à développer. Autre question de fond portée par l’étude : les équipements actuels sont-ils adaptés aux exigences du Bâtiment 2020 ? Que faire s’ils ne sont pas adaptés et comment former la filière ?

 

Ainsi, ce « Roadmap technologique » observe tout d’abord, dans le résidentiel, l’explosion des usages électriques (télévision, ordinateurs, appareils électroménagers) qui deviennent le premier poste de consommation, devant l’eau chaude sanitaire. Le chauffage n’occupe plus que la 3e et dernière position à l’horizon 2020. Autre remarque : entre 2008 et 2020, un logement diminue de moitié sa consommation énergétique…

 

Ainsi, dans le neuf, l’étude indique qu’à l’horizon 2020, les technologies traditionnelles vont devoir s’adapter à la moindre consommation énergétique des logements. Les chaudières standard et basse consommation vont disparaître au profit des chaudières à condensation et des pompes à chaleur dont on attend une amélioration des performances.

 

Tendance de fond : le recours aux systèmes hybrides

 

« Les chaudières à condensation devront permettre des modulations de puissance allant de 800 W à 12 kW voire 24 kW car on chauffe moins  les logements » constate Philippe Haïm, chef de la mission efficacité énergétique & sécurité Aval gaz chez Gdf Suez.

 

Quant aux pompes à chaleur, elles ont encore des capacités d’évolution en termes de fluides mais aussi de compression… Rappelons qu’une directive européenne va obliger les fabricants à changer progressivement les fluides frigorigènes.

 

Autre évolution constatée dans le neuf : le développement des énergies renouvelables dans les systèmes, permettra encore de réduire de 20 à 50 % les consommations d’énergie primaire.

 

Enfin, selon les responsables d’Uniclima, le fait le plus marquant concerne le recours aux systèmes hybrides, c’est à la dire le couplage de deux énergies afin d’obtenir un système qui utilise le meilleur atout de chacune d’elle. Exemple : la solution chaudière à gaz + pompe à chaleur qui permet de faire fonctionner la Pac lorsque la température est douce et de basculer sur la chaudière lorsqu’il fait plus froid…

 

 

Les piles à combustibles : pour demain ?

 

Quant au développement de la production électrique décentralisée (micro et mini cogénération), il devrait se confirmer en matière de chauffage. Quelque 20 000 piles à combustibles sont déjà installées au Japon…

 

« Toutes ces technologies sont adaptées à l’existant », constate Jean-Paul Ouin, délégué général d’Uniclima. Les défis de la filière reposeront sur la standardisation de l’offre et le packaging à étudier.

 

Quant au tertiaire, il représente un secteur plus large et diversifié. Pour des raisons de simplification, l’étude ne s’est intéressée qu’aux commerces, bureaux, hôtelleries/hébergement et l’enseignement.

 

Certes, ces secteurs présentent de fortes disparités : l’hôtellerie nécessite d’importants besoins en eau chaude sanitaire alors que les bureaux doivent gérer des problèmes de ventilation et de climatisation ainsi que des consommations électriques spécifiques (ordinateurs, éclairage…).

 

Tertiaire : une infinité de solutions

 

« Le contexte réglementaire est moins prégnant que dans le résidentiel et les incitations fiscales moins nombreuses » ajoute Jean-Paul Ouin. Donc, les maîtres d’ouvrage se lancent dans les travaux en raisonnant en comptes d’exploitation et en cherchant les investissements les plus rentables.

 

Résultat : des niches se sont créées avec une infinité de solutions techniques. Mais une constante demeure : « On retrouve massivement les chaudières qui représentent de l’ordre de 20 à 25 % des systèmes utilisés dans tous les segments observés, sans qu’elles occupent pour autant la première place » constate Philippe Haïm.

 

En clair, le tertiaire continuera donc à bien utiliser les chaudières à condensation ainsi d’ailleurs que les chaudières bois bûches et bois granulés ou plaquettes, en fonction des opportunités locales (avec une recherche de vitrine technologique). Le solaire thermique a enfin de beaux jours devant lui, notamment en hôtellerie, pour ses besoins en eau chaude sanitaire.

 

Les solutions nouvelles telles que les Pac à moteur gaz (adsorption ou absorption) ou la cogénération vont aussi se développer. Et les solutions hybrides (Pac couplée aux chaudières) connaîtront également de beaux jours car elles apporteront une rentabilité espérée par les exploitants.

 

Une formation capitale à tous les niveaux

 

Conclusion de l’étude : l’évolution des technologies (nouveaux fluides frigorigènes, moteurs thermiques) et des systèmes hybrides imposera de maîtriser de nouvelles connaissances thermiques et mécaniques. « Il faut dédramatiser, expliquer et former à tous les niveaux, de l’installateur au concepteur » insistent les responsables de l’étude.

 

Autres challenges pour la profession : aider la formation initiale à intégrer ces connaissances et développer des services après vente à la hauteur des enjeux. « Cela passera sans doute par des rapprochements plus important entre la filière et les fabricants » ajoute Jean-Paul Ouin.

 

Enfin, dernier message transmis par les auteurs de l’étude à l’attention des pouvoirs publics : « Il faut prendre le temps de digérer la RT 2012 avant de se lancer dans la prochaine réglementation thermique. La profession doit s’adapter à ces évolutions technologiques ainsi que les clients, car tout à un coût » conclut Jean-Paul Ouin.

 

© Photo Andrieu et Fils

 

 

Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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