Cinquième décès sur le chantier du Grand Paris Express

projet de gare de la future ligne 17 du Grand Paris Express

Jeudi 6 avril, un nouveau drame s'est produit sur le chantier de la future ligne 17 du Grand Paris Express. Un ouvrier de 22 ans est décédé, atteint par la chute d'une dalle en béton.




Un nouveau drame a frappé le chantier du Grand Paris Express jeudi 6 avril. Dans un communiqué de presse, la Société du Grand Paris, établissement public dont la mission est de piloter le déploiement et le financement de ce projet colossal, a annoncé qu'un compagnon de 22 ans travaillant pour le groupement d'entreprises Avenir mené par Demathieu Bard Construction a été "mortellement atteint par la chute d'une dalle en béton" lors d'une opération de terrassement sur la future ligne 17.

 

L'accident s'est produit vers 9h30 à Gonesse, à une trentaine de kilomètres de Paris, selon nos confrères du Monde.

 

Une cellule médico-psychologique a été mise en place par le Samu pour les membres du personnel sur place lors de l'accident. Le chantier restera fermé jusqu'à mardi.

 

Il s'agit du cinquième accident mortel que déplore la Société du Grand Paris depuis les débuts des travaux en 2015. Un premier accident a eu lieu en 2020, sur le prolongement de la ligne 14 du métro parisien. Trois autres décès ont eu lieu en Seine-Saint-Denis sur le chantier de la ligne 16.

 

"La sécurité est notre priorité absolue", réagit Jean-François Monteils, président du directoire de la Société du Grand Paris, cité dans le communiqué. "Ce nouveau drame nous conduit à constater que cette priorité n'est pas suffisamment intégrée par l'ensemble des intervenants sur nos chantiers. Nous devons y faire évoluer la culture de la sécurité sans délai."

 

Une amende de 250.000€ requise pour la première victime

 

Ce cinquième accident mortel prend place le lendemain du jour où le parquet de Créteil a requis une amende de 250.000 euros contre une filiale de Vinci, Dodin Campenon Bernard. Pour le décès de Maxime Wagner, 37 ans, première victime sur le chantier du Grand Paris Express où il travaillait comme intérimaire dans le Val-de-Marne. L'accident avait eu lieu le 28 février 2020. 

 

Maxime Wagner travaillait à Villejuif sur le prolongement de la ligne 14 du métro parisien, dans un tunnelier. Alors qu'il était agenouillé en pleine opération de "déplombage", c'est-à-dire en train de déboucher une conduite, cette dernière, qui aurait dû être attachée, a opéré un "coup de fouet", un brusque mouvement. Violemment frappé à la tête, l'ouvrier est victime d'un grave traumatisme crânien, ce qui causa son décès plusieurs semaines plus tard.

 

"Au moment de l'accident, il n'y avait aucun dispositif pour maintenir la conduite en place", a rappelé l'inspecteur du travail pendant l'audience. L'entreprise Dodin Campenon Bernard et deux supérieurs hiérarchiques de la victime, le chef d'attaque et le directeur des travaux, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire. Une peine de neuf mois de prison avec sursis a été requise contre les deux hommes.

 

Pour l'accusation, les consignes de sécurité n'étaient pas assez claires, ce qui engage la responsabilité des prévenus. "On se sent impliqués dans l'accident, mais pénalement nous n'avons rien à nous reprocher", s'est défendu à la barre le directeur juridique de l'entreprise, qui a indemnisé une partie de la famille de la victime.

 

"Au plus profond de nous-mêmes, nous estimons avoir fait tout ce que nous pouvions et devions faire en matière de prévention", a-t-il ajouté. "Il y a des mesures élémentaires de précaution, comme se tenir à distance, qui n'ont pas été prises". "Il n'avait pas connaissance de ce risque, sinon il ne l'aurait pas pris", a rétorqué Me Christophe Bringer, l'avocat de la mère et des soeurs du défunt, ajoutant qu'il y avait un "flou" sur la zone de précaution à respecter autour de la conduite.

 

"Ce qu'on dit au final aux salariés, c'est que c'est à eux-mêmes de comprendre où ils doivent se mettre", a également regretté le procureur.

 

 Le délibéré doit être rendu le 29 juin.




Source : batirama.com/Emilie Wood avec AFP/ Photo : Puits Mandela à Saint-Denis : début des travaux d'aménagement - novembre 2022 © Grand Paris Express / Armand Wattel

L'auteur de cet article

photo auteur Emilie Wood
Journaliste, photographe, vidéaste, Emilie Wood travaille depuis 2010 pour la presse, qu’elle soit professionnelle dans les domaines du BTP et de l’agriculture, ou généraliste. Pour Batirama, elle écrit sur des sujets aussi variés que la conjoncture BTP, l’évolution de la réglementation, la rénovation énergétique, les réformes, les innovations, ou encore l’actualité de l’immobilier. Elle apprécie particulièrement réaliser des portraits d’entreprises et révéler les femmes et les hommes qui, chacun à leur manière, font une différence, qu’ils soient entrepreneurs ou collaborateurs d’entreprise.
1 Commentaire
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  • par DRAC
  • 15/04/2023 11:19:59

Mais que faisait le CSPS sur ce chantier ? Comment se fait-il qu'il ne soit pas devant la justice comme les autres ? 1 accident, admettons… mais pas 5 !!!

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